Femme interdite

7 juin 2017

Elle n’est pas pour toi… Cette rengaine comme un grésillement.
Un simple regard, deux mains qui se frôlent, un parfum iodé, quelques mèches blondes, un sourire qui en dit long, il en a fallu de peu et c’était une tragédie. Un bon vieux Flaubert ou du Shakespeare, la liaison qui te plonge la tête bien profond au fond du bain. 
On a le don pour se retrouver là où il ne faut pas, aller droit dans le mur, se faire prendre bien fort le coeur sans beurre. Ça n’a pas commencé et ça fait déjà mal, croiser l’envie et elle contamine, cette petite salope. Elle est tout ce qui rend dingue juste parce qu’on ne peut pas l’avoir, parce qu’elle ne court pas après, regarde à peine mais juste comme il faut pleine de vice vers ça, vers un corps, une odeur, un souffle, un sexe chaud et humide. Elle est prétentieuse, compliquée, presque hautaine et on adore ça. Bis repetita placent.
Elle est un démon dans un corps parfait, sculpté, affûté, qui ne laisse aucun survivants ni le cerveau ni la chair, tout y passe. L’envie c’est toi, c’est moi. C’est nous qui la nourrissons. Il suffit de fermer les yeux.
Et c’est pire. Elle nous bouffe.

Paroksusmos

17 juin 2015

 Île du Levant, Île du Titan © Olivier Amsellem, 2013-2014

Il y a peu de temps nous étions encore seuls au monde.

C’est très étrange comme sensation, ce dégoût de l’être tant aimé ou simplement tant désiré.

Comme peut-on passer d’un extrême à l’autre… Il faudrait s’en souvenir quand nous sommes au plus bas. Comme une décharge électrique quand le chagrin amoureux est à son paroxysme, quand nous n’arrivons même plus à respirer, il faudrait à cet instant précis, la tête enfoncée dans l’oreiller trempé de larmes, un bon coup de tazer, avoir cette lueur de lucidité qui sait que dans peu de temps, je ne me souviendrai même plus du goût de ses lèvres, ses messages je n’aurais même plus le temps de les lire ni l’envie de lui répondre. Mais ce n’est jamais comme cela que ça se passe, nous nous morfondons comme des cons.

Heureusement le sourire d’un autre nous fait oublier tout ça et le manège repart.

Je suis consciente mais plus consentante alors je me répète en boucle mon nouvel adage : « Seulement du plaisir sans souffrir. ».

Les gens comme moi me font peur.

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