Rêve général…

17 juin 2017

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Jeudi 9h, demain je le rejoins, 772 kilomètres, 3h30, une seule seconde et je serai contre ce corps tant de fois imaginé. À quelques heures de la déception dans 80% des cas, c’est pas moi qui le dit c’est une étude INED pour le Monde. L’idée est là, elle se promène dans ma tête. En attendant j’essaie de ne pas trop y penser pour que le temps passe plus vite. Au pire on passera un banal bon moment…

Il est déjà 17 h, le tgv démarre dans quelques minutes, des amoureux s’embrassent sur le quai, des enfants tirent la langue derrière les vitres et je n’ose pas regarder le visage de l’homme qui vient de s’asseoir en face de moi. Je bois une gorgée d’eau pour me donner une contenance. Cela fait un mois que je ne fume plus, je pense aux plaisirs minuscules de Delerm. Je me demande si sa peau est douce, le reste je le sais, même si on ne reçoit jamais assez de MMS…

Il y a 3 semaines, une nuit j’avais repéré son profil sur instagram, comme on se retourne brutalement dans la rue en croisant une silhouette remarquable. Grand, mince, une gueule d’acteur, un regard caché derrière de belles lunettes, des amis en commun, des photos de bon goût, quelques selfies subtils, j’étais déjà intriguée et l’envie d’en savoir plus a eu raison de ma réserve sociale féminine habituelle. 7h du mat j’envoie une demande d’abonnement qui donne accès à la messagerie privée « On n’était pas en fac ensemble ? » « Il paraît que oui d’après une amie mais je ne me souviens pas de toi… » la conversation pouvait commencer pour le plaisir de la découverte. L’espoir des prémices, cette phase intense ou l’on peut passer une journée entière à se dire des banalités et laisser tout tomber autour, oublier de bosser, de déjeuner… Il n’existait pas au quotidien mais je ne voyais que lui. Mes journées étaient rythmées de mots, de photos, pas le temps de souffler, je savais trop l’éphémère de la situation, il savait trop la rareté de ces moments. Quand deux inconnus ressentent l’évidence.

Le TGV rentre en gare et j’ai un trac de bachelière, je sais que ce soir je vais le croiser à cette soirée où tout le monde veut être invité. Elle est déguisée alors nous sommes désinhibés avant les hostilités alcoolisées. Nos bouches n’ont pas attendu d’entendre le son de nos voix qu’on s’était réservé pour cette première fois. Le baiser fût long, je n’ai plus aucun souvenir de cette soirée, du trajet. Téléportés dans ce hall d’hôtel, les tapisseries se succèdent, différentes à chaque étage, des oiseaux, son tee shirt au sol, des nuages, ma jupe remontée sur mes hanches, des fleurs, son torse nu contre mes seins. Sans vêtements ni pudeur, la porte de la chambre 601 se referme derrière nous… Bienvenue au Paradis des amoureux d’une nuit ou d’une vie.

L’éphémère dure maintenant depuis plusieurs mois… Ce fût un plan Kulte plein d’avenir.

Rose anthracite

9 octobre 2016

Tout allait plutôt trés bien, c’était quelques minutes avant le faux drame, la dispute à 100 mètres du Paradis, comme une fracture de fatigue mais c’est mon cœur s’est fissuré.

Il y a eu la joie de se revoir, l’ivresse, Paris la nuit, les pas rapides, ce petit air vif assorti aux mots, la fuite, Pigalle toute seule, la peur, les retrouvailles, l’apaisement, les rires, la complicité, le sexe entre Zola et Cezanne, les projets et beaucoup de uber, tous ces moments parfaitement dosés qui font que malgré toutes nos différences, 7 mois plus tard, on continue à ne pas y croire, à savoir qu’il n’y a aucun avenir, juste des amoureux de l’éphémère qui se sont trouvés.

Le soleil illuminait son visage dans cette brasserie en face de la gare, je l’écoutais m’expliquer tout ce que je sais déjà. Il me dit sa crainte, de lui de moi, de ce Nous qui n’existe pas. Il me décrit ce qu’il ressent sans savoir que c’est de moi qu’il parle, je suis lui, je suis comme lui, personne ne pourra l’aimer et le comprendre mieux que moi. Ce qu’il aime, ce qu’il craint, je le vis aussi. Je le quitte sur un coup de tête, il me quitte sur une parole malheureuse, nous nous retrouvons sur des malentendus.

Il est tard, le tgv va rentrer en gare, j’ai ce goût de sauce aigre-douce à la bouche d’un week-end passé trop vite. J’ai cette sensation que c’était notre dernière fois comme depuis le début.

Ce soir je suis lasse de ces éternelles fins.

Eaux troubles 

16 septembre 2016

Instagram @paris_obsessions

Je le croise souvent le soir assez tard.

Il a ce sourire en coin des hommes qui sont habitués à être l’objet de toutes les attentions pas que féminines.

Il est peut être 22h il plante son regard noir dans le mien et avec un ton anodin balance un « j’ai envie baiser sans avoir envie d’attendre ! ».

Cette exclamation ne me concerne pas, nous le savons. Je dois faire partie de ces femmes à qui l’on parle comme à un copain de chambré.

Autour de moi, les liaisons n’ont plus rien de cohérent, les célibataires sont fidèles, les femmes mariées ont compris qu’il valait mieux avoir un coup d’avance et on trouve presque plus facilement l’Amour sur Tinder.

Ce soir je dîne chez des recomposés, plus frais qu’un jeune couple à qui tout souri. Je me rappelle ces périodes de doutes où je l’écoutais des heures entre désespoir et certitude, chaque jour la situation basculait d’un côté puis de l’autre. Les retrouvailles, les projections, l’envie si grande d’être ensemble juste pouvoir se balader dans la rue normalement, le lendemain, les pleurs sans véritable raison, juste un mot qui fait déborder toute cette frustration. Imaginer l’autre dans ses bras à lui, l’imaginer elle, libre entourée des autres. Un long métrage dans une seule journée.

En attendant je vis ma fausse idylle sans avenir comme si le futur nous appartenait.

Dimanche Arles.

Ce qu’il y a de bien quand on ne se voit jamais c’est qu’on a très envie de baiser.

Il paraît qu’il va pleuvoir, j’espère que la piscine de l’hôtel sera au moins photogénique.

 

Plaisir coupable

28 août 2016

Instagram @regards_coupables

Écrire pour ne pas commettre l’irréparable.

L’envie d’évacuer ce trop plein d’émotions, de sensations, jamais du bien-être, toujours quelque chose d’oppressant.

Il n’y a pas un bruit autour de moi, le vacarme de la solitude d’un dimanche soir à la fin de l’été, seule dans cet appartement fait pour la vie à plusieurs. Tout est rangé, les appareils ménagers vidés, les tabourets de la cuisine alignés, mon sac à l’entrée, les clés sur le comptoir, un peu de monnaie, rien ne traîne. Je suis une vieille fille qui ne l’a jamais été. L’écran noir de la télé me fait face, j’y vois mon reflet, ce petit visage fatigué d’un week-end remplit de rires, mes vêtements dans la panière sentent le tabac, mes cheveux sont encore humides, je fume la cigarette rescapée que j’avais laissée sur la cheminée vendredi en sachant que je la trouverais vers 20h30 pour la fumer avec toi. Inhaler et t’entendre me raconter tes projets aurait été plaisant durant cette minute, je n’aime pas fumer seule.

Je t’imagine tel que tu te décris dans ton dernier message, pédalant dans les rues parisiennes pour rentrer vite avant qu’il ne fasse trop sombre. Je passe mon temps à penser à ce que tu dois faire comme pour le vivre un peu près de toi. J’ai ces pensées coupables qui extrapolent. Mon ennuie a beaucoup trop d’imagination.

Je cherche des destinations, des hôtels faits pour nos ébats et nos débats, nos retrouvailles comme d’éternelles fiançailles. Rien de concret, pas de long terme, pas d’union, l’amour du début sans fin ni fond.
Tu tournes en rond dans mon cerveau et c’est tellement bon cette sensation. Je ne sais pas comment font ceux qui ne pensent jamais à l’autre qui ne réfléchissent pas sans cesse comment le retrouver et le surprendre.
Le plaisir est tellement plus fort quand il se lit dans les yeux de l’être tant désiré.

La douleur innocente de la frustration pour quelques minutes d’un plaisir coupable.

Je vis pleinement le manque. 


Les messages en pleine nuit, cela pourrait nous réjouir le matin au réveil. Cela pourrait. La preuve que les vacances sont bel et bien terminées, on dort profondément quand l’écran de notre téléphone s’allume. 

Des reliquats d’un temps où on les attendait ces invitations nocturnes, le plaisir de l’instant se concrétisait entre 2 et 3 heures du matin, le 5 à 7 des célibataires. Une pulsion entendue entre personnes bien sous tout rapports, quasi inoffensives presque insoupçonnables. 

C’était il y a un an et quelques jours, il a débarqué, fidèle à son apparence trompeuse, le sourire carnassier, la tenue et le bronzage parfaits. Trop beau pour être vrai. Une sorte de mirage en plein désert affectif, deux solitudes après des vacances post rupture. Nous nous sommes assis au pied du lit sur des coussins devenus rochers polis par les vagues. Plus aucune notion du temps, pas un bruit, juste nos chuchotements sans véritable raison, la situation interdite qui ne trompe personne. Nous savions tous les deux pourquoi il était là, on faisait juste durer la conversation comme on monte l’escalier pour prolonger le désir. Quand il s’est assis en face de moi dans la baignoire, il était un autre, plus grand, encore plus beau. Baiser comme deux amis, un jeu de rôle.

Il est reparti avant que le jour ne se lève. C’est une version, il y en a eu d’autres.

Instagram @alabama_duel

Je sors tard pour le principe, nous sommes toujours en août, il fait 26 degrés à 2h du mat.

Cette fin d’été ressemble à celle que je vivais encore adolescente. Profiter des derniers jours de liberté totale en Corse, au village, rester des heures sur la plage à chercher quoi faire pour rendre les vacances inoubliables, c’est à ce moment précis que tout peut basculer du côté de la connerie, au mieux.

Chaque année le rituel est le même, mes amis sont toujours en congés, je me nourris quand quelqu’un m’accompagne, j’en deviens pathétique à finir par dîner avec un couple d’amoureux entre un yucca et un vilain tableau mexicain qui ne pensent qu’à une seule chose, rentrer baiser en paix. Je me retrouve à chercher quelques connaissances pour accompagner mon Get perier comme une toxicomane, sa dose avant de ne surtout pas rentrer.
Je parle à tous, je n’écoute personne, je veux de la compagnie, le drame de ceux qui détestent la solitude. Je suis sur le chemin du retour, rien ne s’opposait à ma nuit mais Joséphine n’a pas osé. Elle est rentrée, ses cheveux encore plein de sel, son panier de plage sous le bras, la tête de la fille qui dort peu même pas par obligation. L’insomnie se vit seule.

Cet été est passé trop vite, tout passe trop vite sauf entre 5h et 7h quand tu dois te lever à 8, là ce vit l’éternité à regarder une moulure et sa suspension.

J’aurais mieux fait de suivre ceux qui n’ont pas encore ces soucis, ceux qui ne se couchent qu’au petit matin dans une odeur de tabac froid et la bouche encore imbibée de gin, ceux qui se réveillent au milieu de l’après-midi sans se souvenir du prénom de qui a mordu l’oreiller. 

J’ai 27 ans et j’ai presqu’envie qu’il pleuve pour être blottie contre toi sous une couette épaisse au milieu d’un Paris gris qui grouille.

L’été n’est finalement pas la saison des amoureux.

Vivement novembre.

Avant de partir 

30 juillet 2016


Instagram @riccialexandra

Je ne fais rien, j’attends que la soirée passe en faisant défiler celle des autres. Une soirée avec Jeff Miles par procuration, il fait trop chaud pour avoir envie de plus.

Les vacances commencent ce soir et avec elles ce flot de bonnes résolutions qui datent d’un temps où l’iPhone n’existait pas. Il y a ces noms et pseudos qui défilent, de vieux amis dont je ne sais que le contenu de leur assiette et leur tenue du jour, le quotidien des autres m’occupe comme on feuillette un Grazia chez le dentiste. Les sacs de voyage envahissent mon hall d’entrée, mon frigo est vide, mon diplomatico plein, en clair Je suis sur le départ et ma vie sexuelle ressemble à un désert.
Il y a bien ce message que j’ai reçu trop tard qui aurait pu changer quelque chose mais le cœur n’y est pas puisqu’il est ailleurs. Les gens comme moi n’ont pas de juste milieu ni l’apparence de leurs actes. J’ai l’air triste et désabusée, je nage dans le bonheur, je ris aux éclats et danse jusqu’au petit matin, tout va mal. Le paradoxe de la fille lambda, il y a tellement de logique dans mes contradictions. Ma normalité me fait peur, être comme tout le monde est vraiment la pire des choses.

Il ne m’aime pas, moi non plus, il y a finalement de l’espoir pour que ça dure le temps de se faire un peu de mal.


Instagram @hotelamougrandamour

Longtemps sans écrire et presqu’autant sans sexe. Comme un sevrage.

Tout va bien, je n’y pense pas jusqu’au moment où on me le rappelle.
L’appartement est vide de bruits, ils sont partis il y a 15mn, avant je m’affairais pour sortir ou recevoir, je regarde le plafond allongée sur mon lit, un dimanche soir de célibataire fidèle. Mon téléphone sonne déclenchant soudainement un sourire. Il a vraiment une belle voix mais ce n’est pas celle que j’ai envie d’entendre, nous le savons. Je ne suis pas non plus celle qu’il a envie de voir, juste d’entendre, je le sais. Les choses sont bien faites même si elles ne sont pas toujours raccord avec nos désirs. Je passe un bon moment entre deux éclats de rire comme des ponctuations à notre chaste complicité. Il se reconnaîtra.

Jeudi je pars rejoindre la pluie, Paris ne promet jamais le soleil, il me tarde de revoir son sourire et ses yeux qui cachent bien leur jeu. Les nuits seront courtes, la promesse d’un grand Amour.

En attendant j’essaie de ne pas y penser pour que le temps passe plus vite.

Je croque une pomme en imaginant que c’est un pain fourré au Nutella, mon imagination divague. J’ai hâte.

 
Photographe Sunny Suit

Les cheveux blonds d’une femme sans âge me frôlent. Je me retourne, je la suis du regard, j’ai cru la reconnaître mais ce n’est pas elle. Je viens d’arriver au Silencio, tout le monde s’y presse depuis son ouverture mercredi, j’y retrouve mes amis, ma tête est ailleurs avec elle dans une dimension qui m’échappe.

Je viens d’avoir 24 ans et je ne sais déjà plus combien de bouches ont englouti ma queue depuis que je suis arrivé sur Paris. Je vis dans un bel appartement, sous les plafonds d’un autre temps des inconnus souvent avec un « e » passent des soirées sur mon canapé parce que je déteste manger mes sushis seul. Je suis envoûté par une émotion légère comme un soleil radieux comme disait Higelin. Je suis envoûté par une femme que je ne connais pas, ni belle ni laide, sans visage. Juste un rire à des centaines de kilomètres, juste un parfum que je devine, juste des épaules recouvertes de boucles à la couleur indéfinissable. Je suis envoûté, je pense tout le temps à elle, je rêve d’elle, je la veux, j’ai envie de lui faire l’amour depuis des mois . Partout où je me trouve, je la cherche. J’imagine notre rencontre. Lui voler un baiser et lui tirer les cheveux jusqu’à ce qu’elle devienne chauve.

Cette nuit, après-minuit, j’aimerais être avec elle et la regarder dormir, la tête au-milieu du lit. Et ça me rendrait fou. Au lieu de celà, ivre de champagne et de frustration, je finirai allongé au milieu de la rue ou dans le lit d’une très belle inconnue avec qui je serai le pire des goujats.

Juste parce qu’elle a les cheveux lisses.

Amours barbares

20 novembre 2015

BRASSAÏ

Nous nous sommes peut-être croisés des dizaines de fois devant ce comptoir en zinc. Le hasard n’était pas en notre faveur.

Il y a 7 jours.

Vendredi dernier à l’heure du diner, je sais comme vous tous où j’étais, ce que je faisais exactement, j’ai ressenti cette stupeur, cet effroi, cette angoisse devant mon écran, je n’en ai pas dormi, j’étais dans l’attente de réponses, j’étais hantée par ces beaux visages souriants que beaucoup de mes amis espéraient revoir, ils auraient pu être le père de mes enfants, un frère ou mon dernier amant. Je me suis endormie au petit matin à la fois soulagée, rassurée par mes proches et extrêmement triste pour tout ceux qui ont eu la malchance d’être là où nous aurions pu tous être. Juste entrain de vivre.

Cette nuit là, pendant que des milliers de personnes étaient terrifiées, anéanties totalement impuissantes devant tant de barbarie, je m’étais inscrite sur l’application de rencontres la plus pathétique, partagée entre l’envie de me divertir et un profond dégoût de ce que j’étais entrain de faire, choisir un homme comme on choisit sa lessive le samedi matin.

J’ai sélectionné quelques profils parce qu’à force de déplacer mon index vers la gauche, ça devenait sans espoir.

Ce soir là entre un monde réel en plein chaos et les bas fonds du virtuel, j’ai croisé un ange.

Je ne sais pas comment cette rencontre va évoluer, nous sommes si différents quasi incompatibles pourtant je viens de passer une semaine si douce, sans me poser de question, sans tourments.

Au milieu de tout ce noir, l’évidence des contraires qui s’attirent. L’improbable évidence de notre désir un peu fou.

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