Amore 

23 juin 2017


Culotte HenrietteH

Il y a 500 mètres sous nos cœurs, nous marchons sur un fil, à chaque pas nous pourrions nous écraser au sol.
Notre état vacille entre ivresse de l’altitude et peur de la chute, nous savourons les minutes passées dans cet état euphorisant des débuts, dans quelques heures il sera là. Il faudrait ne jamais redescendre, vivre éternellement dans cette incertitude presque rassurante, immortelle. Tant que nous savons que nous pouvons tomber, nous sommes toujours vivants, amoureux, heureux. Il est étrange cet amour, j’ai cette impression qu’il est unique, pourtant nourrit de tous les autres, de toutes nos erreurs, nos bonheurs, il est plein de larmes et de stupre, de beau et de laid. Il est fort au cœur tendre, c’est un amour expérimenté, deux cœurs qui battent sur la même mesure, qui veulent se faire du bien et se mordent en jouissant si fort.
Je l’aime cet Amour.

Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

Mon amour imaginaire

24 mars 2016

Instagram @alabama_duel

Je me promène avec lui la nuit, le jour, on rit, on dîne ensemble, on fait l’amour dés qu’on le peut, nos envies sont simples, le besoin est partagé, on ne se pose pas vraiment de question, notre temps est limité, alors nous en profitons pleinement, intensément, sa langue parcourt chaque millimètre de mon corps comme pour le scanner entièrement, en garder un souvenir le jour où la séparation sera inéluctable.

Je vis mon duel amoureux, l’ami, l’adversaire ce n’est que moi, et l’objet de la convoitise, l’amoureux existe-t-il vraiment… Comme si je m’inventais cette histoire, j’ai la sensation de vivre un rêve éveillé, de fantasmer ma romance, notre correspondance. Je deviens folle, et cette folie me plait, plus rien n’a d’importance, je me fous de ce que les autres pensent, de ces regards étonnés à la limite du jet de pierres en d’autres temps, des messes basses quand on passe, des rires sournois et même des compliments.

Je me sens belle à 7h du matin, quand il passe sa main dans mes cheveux pour voir mon regard fatigué.

Nos cœurs ont le même âge.

Sentiments décousus 

21 mars 2016

Photographie @nightydrunklovers

L’oxymore se manie avec délicatesse, à force de maladresse on peut l’effrayer.

Chacun appréhende la frustration à sa façon. Légèrement sur la défensive ou par la justification systématique, on appelle ça mal la gérer. Le constat, une sorte d’incompréhension continue entre deux êtres qui n’ont envie que d’une chose se rapprocher. Comme deux petits « animal » échaudés ou ne parlant pas le même langage, sauf allongés.

Il est 18h30, j’attends mon bus alors évidemment j’ai la tête dans mon iPhone ou je regarde défiler les immeubles cossus et les quelques bâtiments modernes ratés, je sais que cette envie inassouvie  n’est pas une bonne conseillère. Je veux mais j’ai été mal habituée alors j’occupe mon cerveau pour éviter qu’il ne commande les mauvaises informations à ma bouche.

La fragilité de l’instant reflet de cette histoire, tout est si flou et pourtant l’évidence est là. Le manque m’envahit dès que son odeur d’égoïste n’a laissé que quelques effluves sur l’oreiller. Je sais que vous me comprenez qui n’a jamais vécu ce sentiment étrange que l’air manque que plus rien autour n’existe à part son retour dans des bras prometteurs.

Je suis une éponge gonflée de désir, et je n’ai que les mots pour être avec lui.

C’est ma correspondance imaginaire.

Silence j’aime 

11 octobre 2015

Photographe Neil Krug

Il y a ce brouhaha dehors, ces gens qui rient en fumant. C’était moi avant.

Sous une lumière rouge diffusée par de petits radiateurs, la fumée n’est pas très dense, ils ne sont qu’une petite dizaine. Je suis blottie dans ses bras, je suis bien, une semaine que nous ne nous quittons plus. Je regarde les silhouettes derrière la baie vitrée. Le vin commence à faire son petit effet comme ces quelques jours que nous avons passé ensemble. Un malheureux heureux hasard, cette rencontre, au moment où on ne s’y attend pas, un soir fatiguée, pas apprêtée devant un énième bar marseillais inauguré. La procédure amoureuse a démarré normalement, on a commencé par échanger des nuits entières puis à baiser à s’en irriter le sexe et les sentiments. L’envie tiraille, l’amour embrase, le plaisir apaise puis la peur de perdre réapparaît.

Il est 3h. Téléportation.

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