Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

Rêve volé

28 mars 2016

 
 
Photographe http://laboops.tumblr.com

Il est 1h38 du matin, mon coeur frappe violemment à la porte et me tire d’un mauvais rêve. Mes draps mouillés de sueur comme par accident. J’abandonne l’idée d’enfouir ma tête sous l’oreiller quand le son aigu du moustique vient siffler dans le silence de l’obscurité. Tout me fait penser que la nuit habituellement si douce avec moi est contrariée, je ne sais pour quelle raison.

3h00 Après plusieurs tentatives, j’arrive enfin à trouver une pharmacie de garde. J’aperçois une silhouette qui se fond dans les abysses de l’arrière boutique. Adossée au comptoir, elle porte à sa bouche un bout d’une tarte à tatin. Le phare de ma bécane a du l’alerter de mon arrivée car discrètement elle, range sa fringale nocturne dans une petite boîte métallique et vient à ma rencontre.
Elle est élégamment coiffée d’un chapeau qui s’abat sur son visage dépourvu de conscience et d’âge. Ses lèvres généreuses et bienveillantes dévoilent une beauté surnaturelle tombée du camion.
–  » Qu’est-ce qu’il vous arrive ? » Me demande t’elle ? Du coin de l’œil, je guète cette lune menteuse qui se dessine dans l’immensité du néant.

Assommé par sa grâce, je l’imagine assise en tailleur dans un bain et se verser du lait tiède et sucré sur les seins.
– « J’ai besoin de toi comme d’une infirmière, que tu passes ta main dans mes cheveux et que tu me dises que tout va bien se passer. Sur la musique, on va on vient. On s’éloigne et on revient. Puis tu t’élances et je te tiens. Je te retiens du bout des doigts pour te ramener contre moi. »

Ce fut un matin de bonheur au petit dej.

(Ou plutôt)

Ce sera ce matin que je comprendrai que cette douceur vient droit du ciel.

Fais de beaux rêves.

K.

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