Amours Rouges 

28 juin 2017

Instagram @alabama_duel
Deux nuits sans dormir, des kilomètres parcourus entre trois immenses dômes de son, passer d’une salle à l’autre à la recherche du Graal ecrit en capitale. Du sang dégouline sur les murs, la foule compacte et ce petit groupe au centre sous des pics lumineux comme une hutte. Je te cherche du regard, je ne te connais pas encore, on s’est peut être croisé plusieurs fois sans se voir. J’ai senti une odeur familière, un mélange mûre et musc, j’ai vu des boucles brunes s’agiter au rythme de Dance or Die, la foule t’a englouti. Je n’ai plus aucune notion de l’heure, du jour, la musique rebondie partout, transperce nos corps, hé Baby’on fire !? Die Antwoord électrise la jeunesse bronzée de ce début d’été, tout est moins suranné mais beaucoup plus gai. Le futur est là, les trois vaisseaux encerclent des milliers de marseillais, un tourbillon infernal les entraîne du connu à l’inconnu, des premiers aux petites dernières, de la FF aux Nova Twins. L’agitation autour et je te retrouve enfin, derrière ce M rouge, on se réfugie, en fond sonore les histoires de fureur et d’amour de Who Made Who. Nos cœurs battent fort, danser, courir, s’embrasser, s’aimer… Ma tête sur ton épaule, je cherche du réconfort. Je veux mourir dans tes bras under the cherry moon…
« Love is an explosion,
L’amour est une explosion,
Love is the fire of the world
L’amour est le feu du monde »
Inside World sera notre hymme…
Mars je t’aime.


Instagram @hotelamougrandamour

Longtemps sans écrire et presqu’autant sans sexe. Comme un sevrage.

Tout va bien, je n’y pense pas jusqu’au moment où on me le rappelle.
L’appartement est vide de bruits, ils sont partis il y a 15mn, avant je m’affairais pour sortir ou recevoir, je regarde le plafond allongée sur mon lit, un dimanche soir de célibataire fidèle. Mon téléphone sonne déclenchant soudainement un sourire. Il a vraiment une belle voix mais ce n’est pas celle que j’ai envie d’entendre, nous le savons. Je ne suis pas non plus celle qu’il a envie de voir, juste d’entendre, je le sais. Les choses sont bien faites même si elles ne sont pas toujours raccord avec nos désirs. Je passe un bon moment entre deux éclats de rire comme des ponctuations à notre chaste complicité. Il se reconnaîtra.

Jeudi je pars rejoindre la pluie, Paris ne promet jamais le soleil, il me tarde de revoir son sourire et ses yeux qui cachent bien leur jeu. Les nuits seront courtes, la promesse d’un grand Amour.

En attendant j’essaie de ne pas y penser pour que le temps passe plus vite.

Je croque une pomme en imaginant que c’est un pain fourré au Nutella, mon imagination divague. J’ai hâte.

Jeanne sans Jules ni Jim

1 novembre 2015

 Jules et Jim 1962

Un week-end interminable.

Il a commencé mercredi comme un vendredi, mon jeudi fut un samedi et le vendredi un dimanche. Alors La nuit dernière pour me finir en beauté j’ai abusé de mon corps que je devrais ménager selon la science. Je n’écoute plus personne, je brûle le peu d’énergie qu’il me reste. Je suis entre la vie et la mort, comme Jeanne entre Jules et Jim. Je fais l’amour avec l’un en pensant à l’autre. Je joue à me faire peur, mes nuits sont interminables, sans sommeil, agitée et rythmée jusqu’à l’épuisement. Jules est si beau, éblouissant de jeunesse, comme ses cheveux dorés au milieu de cette faune grouillante. Jim l’est tout autant, attirant comme une force occulte, son regard noir envoûtant au milieu des lumières aveuglantes.

Je déambule, ivre de musique et de liberté, ma main s’accroche à l’un quand l’autre m’attrape par la nuque. Jules mord mes lèvres, Jim me cherche. Jim serre ma taille, Jules vibre dans ma poche.

Les premiers sons de My name is barbarella rentrent, j’ai 18 ans, je suis à l’Omen, Sven Väth commence son set, la foule est compacte, j’essaie de ne pas perdre Jim, Jules nous attend sous cette énorme boule, notre seul phare dans cette océan de corps effrayants.

Il est 5h, Jules m’agrippe. Jim poursuit sa nuit sans nous.

Il est 11h, au milieu d’un Paradis nos mèches blondes s’emmêlent, nos corps translucides s’enlacent, un rayon de soleil les transperce.

Jules retourne à sa vie de jeune vampire. Jim prend de mes nouvelles.

Un dimanche soir comme un mardi. Il est 21h, Jeanne est bien seule devant son thé Yogi.

Calvi Sans Rose

4 juillet 2015

 

Instagram @alhabama_duel

Ces moments qui se ponctuent de l’observation d’inconnus, il y a quelques jours cette blonde en robe verte, aujourd’hui le nouveau a une chemise en jeans mal boutonnée. Il était seul à pieds au milieu de cette cohue de voitures familiales, écouteurs vissés aux oreilles, ébouriffé, l’air ailleurs, loin. Je l’ai tout de suite remarqué, son allure différente, un négligé subtil, bien loin des pantacourts alentour, il fumait, il était 6h30 du matin, sans doute pas encore couché, un gros sac kaki à ses pieds, il n’arrêtait pas de bailler.

Il est a quelques mètres à ma gauche, allongé sur un transat, comme moi, il somnole autour d’une piscine de miasmes. Des boucles châtains autour d’un visage d’ange, une belle bouche, une légère barbe, je n’ai pas encore vu ses yeux, je les imagine noirs en amande, je ne sais pas, je suis myope et j’ai encore oublié mes lunettes.

Je vais donc passé ces 5 nuits à danser , à ne rien voir passer 3 mètres, j’aime ça, le monde flou autour, l’imagination est tellement plus agréable que la réalité. C’est ma drogue, vivre dans le brouillard.

L’inconnu s’est réveillé, il se lève, passe devant moi, son corps est mince, on devine une musculature de sportif, il est jeune, peut-être 27 ans, il revient avec deux cafés, il s’assoit à côté de moi et me propose le deuxième. Je souris, j’accepte. Nicolas et toi ? Tu vas au festival ? Tu es seule ? La conversation débute par de simples questions, puis il me raconte, pourquoi il voyage seul, j’écoute. La traversée passe finalement tres vite, 7h, le temps de se raconter une partie de nos vies.

Il est 14h. L’inconnu ne l’est plu. Ses yeux étaient finalement verts et sa dernière petite amie s’appelait Rose.

Calvi On The Rocks, sans Rose.

%d blogueurs aiment cette page :