Photographe Juergen Teller

Écrire pour une seule personne comme si il était plusieurs, cette sensation d’immortalité revenue.

Un homme multiple, quasi idéal. J’en rêvais sans plus vraiment l’espérer. Hier soir, je relisais ici les moments de ces derniers mois, cette cadence infernale, à la recherche d’un idéal. Je suis vraiment une personne éparpillée, il n’y a plus aucun doute. Lui est si différent, et j’aime tellement. Je ne supporte plus les gens comme moi, ils me fatiguent autant que lui m’apaise, me rassure, m’équilibre.

J’imaginais que je le rencontrerais un jour mais tard, trop tard quand mes seins ressembleraient à des pommes reinettes que la jeunesse ne voudrait plus de moi, un jour où la ride annoncerait mon cadavre.

Ce jour est arrivé plus tôt, par surprise quand je m’y attendais le moins quand je commençais à me faire une raison de ce célibat mal accompagné. Mes 46 ans approchent et je ne me suis jamais sentie si intensément hors du temps en quelques jours.

Je lèvite au dessus de tout. Une seule chose m’importe prendre un bain avec lui et vivre comme si nous avions à peine 20 ans.

J’avais presque oublié comme il peut être bon l’âge de la déraison.

Amours barbares

20 novembre 2015

BRASSAÏ

Nous nous sommes peut-être croisés des dizaines de fois devant ce comptoir en zinc. Le hasard n’était pas en notre faveur.

Il y a 7 jours.

Vendredi dernier à l’heure du diner, je sais comme vous tous où j’étais, ce que je faisais exactement, j’ai ressenti cette stupeur, cet effroi, cette angoisse devant mon écran, je n’en ai pas dormi, j’étais dans l’attente de réponses, j’étais hantée par ces beaux visages souriants que beaucoup de mes amis espéraient revoir, ils auraient pu être le père de mes enfants, un frère ou mon dernier amant. Je me suis endormie au petit matin à la fois soulagée, rassurée par mes proches et extrêmement triste pour tout ceux qui ont eu la malchance d’être là où nous aurions pu tous être. Juste entrain de vivre.

Cette nuit là, pendant que des milliers de personnes étaient terrifiées, anéanties totalement impuissantes devant tant de barbarie, je m’étais inscrite sur l’application de rencontres la plus pathétique, partagée entre l’envie de me divertir et un profond dégoût de ce que j’étais entrain de faire, choisir un homme comme on choisit sa lessive le samedi matin.

J’ai sélectionné quelques profils parce qu’à force de déplacer mon index vers la gauche, ça devenait sans espoir.

Ce soir là entre un monde réel en plein chaos et les bas fonds du virtuel, j’ai croisé un ange.

Je ne sais pas comment cette rencontre va évoluer, nous sommes si différents quasi incompatibles pourtant je viens de passer une semaine si douce, sans me poser de question, sans tourments.

Au milieu de tout ce noir, l’évidence des contraires qui s’attirent. L’improbable évidence de notre désir un peu fou.

Brève possession 

11 novembre 2015

L’important c’est d’aimer Andrzej Żuławski

Tu t’interdis à moi ou peut-être même que j’ai totalement disparu de tes pensées, alors immanquablement tu hantes les miennes. Une vieille comptine, l’éternel refrain, on veut celui qui ne nous veut pas.

Il suffit de le savoir, de manigancer dans ce sens là pour arriver à ses fins. Alors pourquoi je ne le fais pas en post production ? Pourquoi je ne respecte pas le scénario ? Pourquoi je suis toujours en totale impro ? Pourquoi j’écoute mon désir plutôt  que mon cerveau ? Parce que ma vie ne s’écrit pas tout simplement, parce que quand je te vois de loin pixelisé, me frôler, où me sourire, j’ai juste envie de t’embrasser, de nous faire plaisir quelques heures, je ne veux pas plus. Le plus j’ai eu la chance de l’avoir et je l’ai encore, la baraque, les gosses, le mari, le break, le chien, la sécurité, la tendresse, le sexe à papa et la pizza le dimanche soir. Tout ça ce fut et c’est aussi ma vie.

Avec toi, je ne veux que de l’éphémère, je veux que mon cœur chavire quand tu me touches ou juste quand tu me regardes.

Je veux être éperdument amoureuse, je veux avoir mal de te perdre sans jamais t’avoir.

Posséder tes pensées et ton envie juste quelques nuits.


La beauté du dégoût 

9 novembre 2015

 Instagram @alabama_duel

Il faudrait ne jamais donner pour continuer à recevoir. De l’attention, de l’amour ou juste un peu d’affection, à croire que les Hommes préfèrent les égoïstes.

Le constat est sans appel, il a disparu aussi vite qu’il est arrivé dans ma vie, rentré par une porte dérobée, sorti sans la claquer. Sa quête se poursuit, son envie de nouveauté est intarissable, tu n’as pas fini de lui répondre que ses yeux sont déjà sur le cul d’une autre. Sa beauté comme appât, son intérêt est si flatteur, qui peut résister ? Sûrement pas moi.

Je n’ai même pas pu succomber, son avidité à voir, entendre, imaginer l’a rassasié si vite, de la beauté au dégoût, il n’y a parfois que 117 secondes de trop. je n’aurais peut-être pas du envoyer ce cadeau. Trop de réalité tue le désir.

Alors je pars dans mon autre univers, celui où mon visage remplace mon corps. Il est peut-être 2h du matin, je suis scotchée contre un mur, devant moi les alchimistes en plein set. Je n’ose rien faire, il retourne mon cerveau comme de jeunes savants fous.

Il est 7h, je suis noyée dans la ville. Esclave seulement de ma fatigue.

Depuis plus rien. Electroencéphalogramme plat.

The Shoes.

L’ennuie 

2 novembre 2015

La journée est longue, je croise et décroise mes jambes en attendant qu’elle passe, on me demande ce que j’ai, je réponds que tout va bien que le week-end c’était super que je suis juste un peu fatiguée que j’ai perdu le rythme qu’il ne faut pas s’inquiéter. C’est toujours rassurant quand les autres se font du souci, c’est ennuyant aussi. Je rentre tôt, je ne parle presque plus, je reste de longues heures toute seule dans ma chambre, face au miroir, à m’enduire de crème, à changer la couleur de mon vernis, je pourrais faire ça tout le temps, vivre qu’avec moi, mon reflet, mes frustrations, mes névroses. Je libère mes envies, elles passent par les ondes et leur impact n’est qu’un discret afflux de sang qui réveillera une queue au désir endormi, le moment fort de la journée. Je me sens vivante entre ces 4 murs et cette présence derrière moi qui n’existe pas. J’ai ce manque, la cigarette comme alibi et le reste dont j’ai honte. Cette chose étrange qui me ronge chaque jour. Cette chose qui accélère mon pouls qui entraîne des réactions que les autres ne comprennent pas. Je suis d’une humeur rouge sang, je ne permets rien à ceux que j’aime que je m’autorise impunément chaque jour.

Sur ce, je file, ce soir je reviens à mes bonnes vieilles habitudes de vie mondaine et populaire à la fois.

Jeanne sans Jules ni Jim

1 novembre 2015

 Jules et Jim 1962

Un week-end interminable.

Il a commencé mercredi comme un vendredi, mon jeudi fut un samedi et le vendredi un dimanche. Alors La nuit dernière pour me finir en beauté j’ai abusé de mon corps que je devrais ménager selon la science. Je n’écoute plus personne, je brûle le peu d’énergie qu’il me reste. Je suis entre la vie et la mort, comme Jeanne entre Jules et Jim. Je fais l’amour avec l’un en pensant à l’autre. Je joue à me faire peur, mes nuits sont interminables, sans sommeil, agitée et rythmée jusqu’à l’épuisement. Jules est si beau, éblouissant de jeunesse, comme ses cheveux dorés au milieu de cette faune grouillante. Jim l’est tout autant, attirant comme une force occulte, son regard noir envoûtant au milieu des lumières aveuglantes.

Je déambule, ivre de musique et de liberté, ma main s’accroche à l’un quand l’autre m’attrape par la nuque. Jules mord mes lèvres, Jim me cherche. Jim serre ma taille, Jules vibre dans ma poche.

Les premiers sons de My name is barbarella rentrent, j’ai 18 ans, je suis à l’Omen, Sven Väth commence son set, la foule est compacte, j’essaie de ne pas perdre Jim, Jules nous attend sous cette énorme boule, notre seul phare dans cette océan de corps effrayants.

Il est 5h, Jules m’agrippe. Jim poursuit sa nuit sans nous.

Il est 11h, au milieu d’un Paradis nos mèches blondes s’emmêlent, nos corps translucides s’enlacent, un rayon de soleil les transperce.

Jules retourne à sa vie de jeune vampire. Jim prend de mes nouvelles.

Un dimanche soir comme un mardi. Il est 21h, Jeanne est bien seule devant son thé Yogi.

Mes lois de l’attraction

27 octobre 2015

 Photographie – L’ours et la poupée 

Mon ami Antoine est bien né, brillant, il a donc beaucoup d’argent, ça ne se voit pas au premier regard mais ça se remarque vite, il est très généreux.

Comme beaucoup dans sa catégorie sociale, sa maman était belle et pauvre, son papa moche et riche. Seulement certains ont la chance de cumuler beauté et argent, mais Antoine n’a rien pris de sa mère à part peut être sa gentillesse qui finalement ne s’avère pas toujours un point positif. je n’ai pas dit bêtise, j’aimais beaucoup cette femme.

Antoine vient souvent se confier, il gare sa vieille Targa en bas de chez moi, il monte les escaliers lentement toujours chargé de deux millefeuilles au thé vert mâtcha, notre rituel à l’heure du thé. Il s’assied sur le même tabouret et il commence à me raconter de sa petite voix qui semble ne jamais avoir muée ses déboires amoureux.

Il me dit souvent qu’il a vraiment l’impression de se faire berner que les femmes jouent avec lui, il les promène, les invite, les gâte mais la plupart du temps il sent bien qu’elles n’ont aucun désir puisqu’il ne se passe rien une fois le diner terminé. Il voit évidemment dans mon regard que je pense qu’il est mal barré, il attend de moi que je sois aussi franche que mes yeux dans mes conseils. C’est peine perdue, je ne ferai jamais d’Antoine un Divin Connard. j’ai donc décidé de le présenter à la très jolie Coralie que je surnomme l’artiste. Coralie l’artiste suce la queue de ce pingre et beau José, pour rien à part la dénigrer et accessoirement la faire jouir. En engloutissant à bon escient et goulûment avec son si beau regard bleu aimant insoupçonnable celle d’Antoine, elle rendrait un homme heureux. Une vraie Princesse souillon, parfaite pour mon Antoine qui la fera jouir à sa façon, avec 300 m2 au Roucas, ça aide.

Il existe deux êtres faits l’un pour l’autre, je serai leur élément dénominateur, avec un peu de chance, leur progéniture sera belle et riche.

Je suis persuadée que l’Amour arrangé a encore un bel avenir.

Vilaine Fille

26 octobre 2015

Un silence n’est pas une non réponse, un silence est souvent significatif d’un désintérêt total.

La plupart des êtres humains n’ont aucun amour propre, aucune fierté, pas même de l’empathie ou une once de machiavélisme quand ils reçoivent un message d’une personne qui ne les intéresse plus. On peut s’amuser à le faire exprès pour créer un manque ou par vice. Mais dans la grande majorité des cas quand quelqu’un nous plait, on répond.

C’est ainsi, une fois qu’on a bien compris ça, il faut être bien con pour en envoyer un deuxième quand le premier n’a pas reçu de réponse.

Ma connerie ne s’arrange pas avec l’expérience, évidemment ma méchanté non plus.

Je continue à me surprendre toute seule tellement je peux être consciente et savoir pertinemment ce qu’il ne faut pas faire, le faire et attendre la réaction. Aimer jouer.

Alors j’envoie 12 messages en 24h. Juste pour le plaisir de ne pas avoir de réponse.

Je suis un vilain garçon dans un corps de gentille fille. Ou l’inverse.

Barbarie Amoureuse #4

20 octobre 2015

Instagram MaisonClose photo MartialLeNoir

Je ne le regarde pas, mon café me brûle les lèvres. Je suis déjà habillée, je vais partir.
C’était une habitude, il n’y a pas si longtemps, ces longues semaines où il ne me touchait pas, ou je n’allais pas vers lui non plus. Il y avait des raisons, nombreuses, valables, nous étions un couple lambda avec ses hauts et ses bas. Notre vie, nos quotidiens avaient laminé notre amour, notre envie durant de nombreuses années.

Depuis, Lui a changé.

Je le regarde, mon café est froid. Je porte le perfecto de la veille nue dessous, assise sur un des hauts tabourets autour de ce comptoir souvent agité.

Hier soir quand je suis arrivée, il était assis sur les escaliers de mon hall d’entrée, je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. Juste surprise de le voir, il n’a pas pu attendre, il a pris un train sans me prévenir, je n’osais espérer qu’il le fasse.

Nous n’avons même pas parlé. Il a enfoncé ses lèvres dans mon cou et j’ai senti son odeur en même temps que ses mains sur mes fesses. Il m’a enlevée ma casquette, nous avons posé nos sacs, nos blousons, nos boots, nos jeans, nos chemises, comme deux Petit Poucet pressés. Il s’est retrouvé nu sur mon lit, j’ai gardé ce body qu’il adore délacer en jouant avec ses doigts et sa langue à travers les liens. Cette fois, il a tout arraché, il m’a plaquée contre le mur, je n’arrivais même plus à respirer, comme si son corps me pénétrait en entier. Un instant tendre l’autre enragé. Avec lui aucune certitude, aucun quotidien, aucun projet, aucun acquis… Aujourd’hui, je ne sais même pas si c’est pas fini, à part que ça n’a pas commencé. Notre histoire n’existe que dans l’instant, ces quelques jours qu’il passe dans mes bras qu’il lèche et mord. Nous sommes un couple amoureux de ces moments éphémères, si fragiles et si forts. L’envie de se revoir est notre seule et unique habitude.

Il parait qu’on se lasse de tout dès qu’on peut l’avoir trop souvent, même si c’est notre plat préféré.

Il est déjà reparti, j’ai eu à peine le temps de l’engloutir et finir au petit matin, enlacés.

Meurtres en série 

14 octobre 2015

Joni Harbeck par Neil Krug

Il est reparti et j’ai envi d’hurler.

Je relis ces derniers messages sur le quai, j’embrasse l’ecran de mon iPhone, il y a cette photo de nous qu’il vient de m’envoyer. Je suis pathétique, totalement éprise, je ne sais pas si c’est le manque de nicotine ou déjà son odeur. Pourquoi c’est toujours à moi que ça arrive ? Pourquoi il est venu me reparler ? Pourquoi il ne vit pas ici ? Pourquoi il est si beau ? Pourquoi j’ai envie de sa peau tout le temps ? 
Il va falloir attendre deux semaines, une éternité. Je deviens folle, totalement schizophrénique, passer continuellement d’une vie à une autre. J’ai l’impression de tout gâcher, de ne rien vivre pleinement, mon travail, ma famille, mon amour… Je bâcle tout. J’ai posté cette photo de moi nue ce matin, il n’y a que lui qui peut la comprendre, et même s’ils pensent tous qu’elle est pour eux, je m’en fous, il s’en fout. Notre univers est public, l’intime n’existe plus, tout n’est que déballage. Qu’est ce qui est le plus intime une paire de seins ? Ou mettre une photo de son couple en profil pic ? Chacun fait ce qu’il veut tant qu’il assume.

J’ai enfin trouver celui qui me comprend, qui apprecie mon goût pour la provocation, qui gère mes états d’âme et ma spontanéité. Il m’aime pour ce que je suis depuis longtemps et je ne le voyais pas.

Il n’a qu’un seul petit défaut, il vit à 800 bornes mais c’est finalement bien moins handicapant qu’une demie-molle à domicile.

Dépeçage amoureux 

12 octobre 2015

J’étais assise en face de lui, il a mis 3 sucres dans son café.

L’évidence ne se pose aucune question, comme si ce que je vivais n’était que l’aboutissement de toutes ces répétitions, ces nuits, ces rencontres, du plaisir aux pleurs.
Il a l’âge, le physique, l’humour, l’attention que j’avais cessé d’espérer. Il me regarde comme si j’étais belle, m’écoute comme si tout ce que je disais été intéressant, il pose sa main sur mon genou quand je conduis, souffle des mots étranges dans ma nuque, son envie de me faire l’amour est insatiable. Parfois je me retourne vers lui avec cette appréhension de le rêver, de me l’inventer, comme toutes les choses bonnes je ne veux pas qu’elles se terminent.

Nous étions devant un paysage magnifique ce dimanche, face à la mer, quasi nus un 11 octobre. Les corps salés, blottis l’un contre l’autre, je lui raconte alors que quand j’étais plus jeune, j’avais pris la décision de photographier avec un clignement des yeux les beaux moments de ma vie et qu’à cet instant il en faisait parti. Comme un Instagram des sensations.

A cet instant, notre mièvrerie a été terrifiante, heureusement que nous avons violemment baisé après.

Evidemment le plus intéressant pour ici c’est quand tout va s’étioler, quand je vais commencer à souffrir, me morfondre, redevenir cet être torturé, incapable d’être aimé. Ce sont ces moments qui donnent les meilleurs textes. Après l’amour édulcoré, on va pouvoir passer à l’amour dépecé.

Vivement le début de la fin.

Silence j’aime 

11 octobre 2015

Photographe Neil Krug

Il y a ce brouhaha dehors, ces gens qui rient en fumant. C’était moi avant.

Sous une lumière rouge diffusée par de petits radiateurs, la fumée n’est pas très dense, ils ne sont qu’une petite dizaine. Je suis blottie dans ses bras, je suis bien, une semaine que nous ne nous quittons plus. Je regarde les silhouettes derrière la baie vitrée. Le vin commence à faire son petit effet comme ces quelques jours que nous avons passé ensemble. Un malheureux heureux hasard, cette rencontre, au moment où on ne s’y attend pas, un soir fatiguée, pas apprêtée devant un énième bar marseillais inauguré. La procédure amoureuse a démarré normalement, on a commencé par échanger des nuits entières puis à baiser à s’en irriter le sexe et les sentiments. L’envie tiraille, l’amour embrase, le plaisir apaise puis la peur de perdre réapparaît.

Il est 3h. Téléportation.

Les Prédateurs

7 octobre 2015

The Hunger

La ville s’étale devant moi.

4h. L’homme que j’aime n’est pas à mes côtés. Il est quelque part, chez lui, seul, en famille ou nu dans son lit avec une autre. Je ne sais pas, je ne le connais pas encore. Il n’est qu’un point lumineux au milieu des milliers autour, il est peut-être un visage que je croise chaque jour. Il faudrait que je puisse le reconnaître à l’odeur comme une vampire a la recherche d’une proie blessée. J’ai des pensées étranges, j’ai revu ce film il y a quelques jours, j’ai rêvé aussi. J’étais dans un appartement immense, nous étions autour d’une table, il y avait ces deux jeunes femmes qui parlaient, les veines de leur cou pulsaient sous nos yeux affolés et excités. Cette sensation intense de penser à faire du mal, leur sauter à la gorge, leur déchirer leurs vêtements et les dévorer. Il y a cette alchimie, quelque chose d’indéfinissable qui unit les gens comme nous, un amour de la chasse puis ce désarroi, ce vide une fois le délit commis. Comme une petite mort, un orgasme après une violente montée, intense et éphémère.

Où es-tu mon John Blaylock ? 

Baise-moi

5 octobre 2015

 Illustration Freak City

La majorité des hommes ont peur de décevoir les femmes seulement sur leurs performances sexuelles. A les écouter ils sont obnubilés par la taille, la vigueur, l’endurance et tout un tas de prouesses qu’ils pourraient réaliser avec leur sexe.

Les hommes ne nous comprendront jamais.

Heureusement, il arrive parfois que nous ayons la chance de croiser la route d’hommes véritablement intelligents, fins, drôles, imaginatifs… Parfois ils ont même l’embellie d’être de merveilleux amant avec ou sans le sexe et les performances de Manuel Ferrara.

La déception que l’on peut lire sur mon visage n’a jamais été de l’ordre physique voire sexuelle, jamais. Tout simplement parce qu’à moins d’un handicap évident et encore, la sensualité, la sexualité varient tellement en fonction des autres curseurs qu’il y a toujours moyen de s’éclater entre personnes un minimum cérébrées.

Ma plus grande déception fut plutôt de penser un homme assez intelligent pour voir au-delà des apparences, des « on-dit »… De le croire connecté à mon cerveau intensément.

J’ai été terriblement déçue.

Grand Prince devenu Roi

30 septembre 2015

American Psycho

Les mœurs changent.

Les femmes utilisent parfois les hommes, plus seulement pour leur pouvoir ou leur argent, ils deviennent de véritable faire valoir à l’image d’une belle blonde qu’on promène pour épater la galerie, ou au fond d’un lit l’objet d’un désir frustré trop longtemps.

Des Princes devenus Rois qui malmènent le cœur et le cul de femmes perdues dans un no man’s land entre deux officiels. Chaque génération à son appellation, l’amant, le plan cul, le divin connard, l’homme de transition, le chaton… Ou le Roi Souillon.

Il est celui qui peut nous rendre folle qui peut nous faire faire n’importe quoi pour passer une heure dans ses bras, il est cette odeur que l’on cherche dès qu’il est parti, il est cette jouissance intense de chevaucher l’interdit… Nos amis nous mettent en garde, surtout ceux qui pourraient être le souillon d’une autre, mais rien n’y fait, on fonce tête baissée droit dans le mur.

Il est ce vaccin, cette substance si douce sous la langue, cet antigène qui nous protégera peut-être de tous les autres. Il faut parfois s’inoculer le mal pour s’en protéger.

Immunisons-nous.

Le mien, c’était Patrick Bateman.

Full Crouch

29 septembre 2015

Raging Bull

Je ne fais plus le poids.

Je veux boxer dans une catégorie qui n’est plus la mienne, je gagne quelques rounds, les soirs de grande forme mais il est évident que le beau mec, drôle, attentionné et cultivé, il n’est plus pour moi. Alors je me contente de quelques heures de son attention, sachant pertinemment que c’est une autre qui portera la ceinture du champion. J’arrive à relativiser parce que je sais que tout champion qu’il soit, toute bonne adversaire que l’on peut être, il est rare que le combat soit beau longtemps. Le quotidien, les habitudes, l’acquis usent n’importe quel amour.

C’est un tiraillement, entre cette envie de stabilité et ce besoin de nouveauté perpétuelle.

Je pourrais me contenter de moins bien, de quelqu’un comme moi, un peu plus qu’ordinaire. Mais non, j’ai envie de bien mieux.

Ma satisfaction je la trouve dans les batailles. Le combat d’une vie, ce n’est finalement que ça, gagner ou perdre, peu m’importe, je veux me sentir vivante, aimée ou détestée, mais fort.

Toujours amoureuse même seule.

Femmes-Enfants

27 septembre 2015

 

Un patchwork de verbes à l’infinitif sur 72h.

Déambuler dans des ruelles, un homme-enfant plus qu’attentionné à son bras, sentir les regards des messes basses interrogatives. Faire une sieste de 5 à 7, pour tromper la fatigue comme un vieux mari. Repartir enjouée comme si on ne sortait jamais, boire un verre d’absolut passion en pensant à cet été au pied de la Citadelle. Sautiller sous un figuier, grâce auquel un beau jeune homme pouvait communiquer avec les filles d’en face en agitant les branches comme un chimpanzé. Rire, danser, ne pas craquer, ne pas fumer une cigarette comme on s’interdit d’envoyer un sms pitoyable à 5h du mat. Partir à l’autre bout de la ville pour s’imprégner d’une toute autre atmosphère, plus noire, plus dense, prendre sa dose de BPM pour compenser le manque, danser sans s’arrêter. Se retrouver dans cette chambre immaculée comme une adolescente perdue dans des bras rassurants. Déjeuner au soleil un magret rosé, en se disant qu’être bien accompagnée est une imparable arme de séduction massive. Il est beau, les autres hommes me regardent comme s’ils cherchaient le secret de mon attractivité. Il est presque 18h30, interviewer 4 genies, rougir devant un micro comme une communiante intimidée par un sexe dressé devant sa bouche. Manger enfin, de la viande, boire de bons cocktails. Une pause vintage avant de repartir pour cette dernière nuit interminable comme ces immenses couloirs pleins d’une jeunesse avide.

Les premières notes de Discipline retentissent, je suis survoltée, je suis dans cette villa, j’ai 15 ans.

Ces 3 jours se finissent en douceur. Je pense aux amours de vacances. Je suis assise sur ces roches plates, j’aimerais que tu sois là. Parfois j’ai l’impression que tu n’as jamais existé. 

Je ne serai jamais une femme-adulte même si mon visage est un traître.

Roméo sans Juliette

25 septembre 2015

Il est peut-être 23h, il n’y a quasiment que des jeunes hommes pour cet anniversaire, il faut dire que c’est celui d’un bar.

Deux catégories distinctes, les Ken et les G.I. Jo, les Blonds et les Bruns. C’est flagrant comme si les Capulet et les Montaigu fréquentaient le même endroit.

Aucun signe ne les rapprochant mis à part leur jeunesse, et au milieu de tout ça un roux, une dizaine de jeunes filles faites dans le même moule et moi qui essaie d’éviter cette lumière intransigeante. Alors je ris pour me donner une contenance sans clope, entre deux gorgées de bière en face d’une belle chemise à carreaux. Je ne fume plus depuis 7 jours et cette première véritable mise à l’épreuve aurait pu remettre le compteur à zéro, anéantir mes efforts en quelques secondes. Alors je sniffe le cou d’un beau sourire fumeur de blondes.

« Fumer moins, baiser plus » il me parle, je ne pense qu’à ça, remplacer une addiction par une autre.
Je suis l’héroine d’une roman d’Hubert Selby.

Le Démon, c’était moi.

Mon tropisme vertueux

23 septembre 2015

  Instagram @alabama_duel

Je suis déterminée, comme à 2h du mat, dans ce tunnel rouge, quand mon regard s’est posé sur son sweat gris il y a quelques mois. Je vais arrêter de fumer avec la même motivation que mon corps lui a fait l’amour cette nuit-là.

Comment positiver à son maximum une simple pulsion sexuelle, une simple envie de se faire du bien, d’arrêter de se sentir cartonner au petit matin, appétissante comme un cendrier plein de mégots. Tout à coup, je n’ai plus supporté, mon intuition et mes impulsions ont toujours régi mes décisions, ma vie. En une fraction de seconde je passe de tout à rien, tu passes de Roi à transparent.
Il ne faut pas me décevoir, la sentence est brutale, un clic et tu n’existes plus.

Fidélité célibataire 

21 septembre 2015

 My first profil pic Instagram

3 jours, une éternité sans cigarette.

Je suis de mauvaise humeur, l’attention d’un homme devrait être intensive dans ces moments là. Je n’aime pas le sport, je n’ai pas envie de me saouler ni de me goinfrer pour compenser, j’ai envie de Lui. Lui n’est plus là. Lui pourrait être un autre. Ce n’est pas bien de penser ça. Pourtant je pourrais. Je n’ai finalement aucun compte à rendre, à personne. Seulement mon désir a décidé d’être fidèle. La fidélité des célibataires est un concept étrange, je vous l’accorde.

Il y a deux choses qui m’étonnent en ce moment, cette dernière donc, l’exclusivité sexuelle pour une personne qui n’est pas officiellement un partenaire social et, ce besoin irrépressible qu’on certains hommes et quelques rares femmes de dire à qui veut bien l’entendre avec qui ils baisent… 

Ça ne faisait pas 5 mn que je lui parlais au milieu de ce bar bondé qu’il m’avait déjà énuméré la liste de ses conquêtes présentes ce soir-là. Je le regardais sans rien dire, presque mal à l’aise, dubitative, pourtant il n’a pas besoin de se faire valoir, plutôt beau gosse, intelligent, cultivé. Je me demande encore quel est son intérêt, à part manquer de respect à ses partenaires. 

Ne pas s’étonner quelques jours plus tard d’apprendre que j’étais la énième de sa belle liste de trophées. Finalement converser avec un queutard en public et bien plus préjudiciable que de se taper plusieurs discrets. 

Je ris toute seule. J’engloutirais bien une tablette de chocolat.

Penser à autre chose…

A Lui.

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