Vilaine Fille

26 octobre 2015

Un silence n’est pas une non réponse, un silence est souvent significatif d’un désintérêt total.

La plupart des êtres humains n’ont aucun amour propre, aucune fierté, pas même de l’empathie ou une once de machiavélisme quand ils reçoivent un message d’une personne qui ne les intéresse plus. On peut s’amuser à le faire exprès pour créer un manque ou par vice. Mais dans la grande majorité des cas quand quelqu’un nous plait, on répond.

C’est ainsi, une fois qu’on a bien compris ça, il faut être bien con pour en envoyer un deuxième quand le premier n’a pas reçu de réponse.

Ma connerie ne s’arrange pas avec l’expérience, évidemment ma méchanté non plus.

Je continue à me surprendre toute seule tellement je peux être consciente et savoir pertinemment ce qu’il ne faut pas faire, le faire et attendre la réaction. Aimer jouer.

Alors j’envoie 12 messages en 24h. Juste pour le plaisir de ne pas avoir de réponse.

Je suis un vilain garçon dans un corps de gentille fille. Ou l’inverse.

Barbarie Amoureuse #4

20 octobre 2015

Instagram MaisonClose photo MartialLeNoir

Je ne le regarde pas, mon café me brûle les lèvres. Je suis déjà habillée, je vais partir.
C’était une habitude, il n’y a pas si longtemps, ces longues semaines où il ne me touchait pas, ou je n’allais pas vers lui non plus. Il y avait des raisons, nombreuses, valables, nous étions un couple lambda avec ses hauts et ses bas. Notre vie, nos quotidiens avaient laminé notre amour, notre envie durant de nombreuses années.

Depuis, Lui a changé.

Je le regarde, mon café est froid. Je porte le perfecto de la veille nue dessous, assise sur un des hauts tabourets autour de ce comptoir souvent agité.

Hier soir quand je suis arrivée, il était assis sur les escaliers de mon hall d’entrée, je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. Juste surprise de le voir, il n’a pas pu attendre, il a pris un train sans me prévenir, je n’osais espérer qu’il le fasse.

Nous n’avons même pas parlé. Il a enfoncé ses lèvres dans mon cou et j’ai senti son odeur en même temps que ses mains sur mes fesses. Il m’a enlevée ma casquette, nous avons posé nos sacs, nos blousons, nos boots, nos jeans, nos chemises, comme deux Petit Poucet pressés. Il s’est retrouvé nu sur mon lit, j’ai gardé ce body qu’il adore délacer en jouant avec ses doigts et sa langue à travers les liens. Cette fois, il a tout arraché, il m’a plaquée contre le mur, je n’arrivais même plus à respirer, comme si son corps me pénétrait en entier. Un instant tendre l’autre enragé. Avec lui aucune certitude, aucun quotidien, aucun projet, aucun acquis… Aujourd’hui, je ne sais même pas si c’est pas fini, à part que ça n’a pas commencé. Notre histoire n’existe que dans l’instant, ces quelques jours qu’il passe dans mes bras qu’il lèche et mord. Nous sommes un couple amoureux de ces moments éphémères, si fragiles et si forts. L’envie de se revoir est notre seule et unique habitude.

Il parait qu’on se lasse de tout dès qu’on peut l’avoir trop souvent, même si c’est notre plat préféré.

Il est déjà reparti, j’ai eu à peine le temps de l’engloutir et finir au petit matin, enlacés.

Meurtres en série 

14 octobre 2015

Joni Harbeck par Neil Krug

Il est reparti et j’ai envi d’hurler.

Je relis ces derniers messages sur le quai, j’embrasse l’ecran de mon iPhone, il y a cette photo de nous qu’il vient de m’envoyer. Je suis pathétique, totalement éprise, je ne sais pas si c’est le manque de nicotine ou déjà son odeur. Pourquoi c’est toujours à moi que ça arrive ? Pourquoi il est venu me reparler ? Pourquoi il ne vit pas ici ? Pourquoi il est si beau ? Pourquoi j’ai envie de sa peau tout le temps ? 
Il va falloir attendre deux semaines, une éternité. Je deviens folle, totalement schizophrénique, passer continuellement d’une vie à une autre. J’ai l’impression de tout gâcher, de ne rien vivre pleinement, mon travail, ma famille, mon amour… Je bâcle tout. J’ai posté cette photo de moi nue ce matin, il n’y a que lui qui peut la comprendre, et même s’ils pensent tous qu’elle est pour eux, je m’en fous, il s’en fout. Notre univers est public, l’intime n’existe plus, tout n’est que déballage. Qu’est ce qui est le plus intime une paire de seins ? Ou mettre une photo de son couple en profil pic ? Chacun fait ce qu’il veut tant qu’il assume.

J’ai enfin trouver celui qui me comprend, qui apprecie mon goût pour la provocation, qui gère mes états d’âme et ma spontanéité. Il m’aime pour ce que je suis depuis longtemps et je ne le voyais pas.

Il n’a qu’un seul petit défaut, il vit à 800 bornes mais c’est finalement bien moins handicapant qu’une demie-molle à domicile.

Dépeçage amoureux 

12 octobre 2015

J’étais assise en face de lui, il a mis 3 sucres dans son café.

L’évidence ne se pose aucune question, comme si ce que je vivais n’était que l’aboutissement de toutes ces répétitions, ces nuits, ces rencontres, du plaisir aux pleurs.
Il a l’âge, le physique, l’humour, l’attention que j’avais cessé d’espérer. Il me regarde comme si j’étais belle, m’écoute comme si tout ce que je disais été intéressant, il pose sa main sur mon genou quand je conduis, souffle des mots étranges dans ma nuque, son envie de me faire l’amour est insatiable. Parfois je me retourne vers lui avec cette appréhension de le rêver, de me l’inventer, comme toutes les choses bonnes je ne veux pas qu’elles se terminent.

Nous étions devant un paysage magnifique ce dimanche, face à la mer, quasi nus un 11 octobre. Les corps salés, blottis l’un contre l’autre, je lui raconte alors que quand j’étais plus jeune, j’avais pris la décision de photographier avec un clignement des yeux les beaux moments de ma vie et qu’à cet instant il en faisait parti. Comme un Instagram des sensations.

A cet instant, notre mièvrerie a été terrifiante, heureusement que nous avons violemment baisé après.

Evidemment le plus intéressant pour ici c’est quand tout va s’étioler, quand je vais commencer à souffrir, me morfondre, redevenir cet être torturé, incapable d’être aimé. Ce sont ces moments qui donnent les meilleurs textes. Après l’amour édulcoré, on va pouvoir passer à l’amour dépecé.

Vivement le début de la fin.

Silence j’aime 

11 octobre 2015

Photographe Neil Krug

Il y a ce brouhaha dehors, ces gens qui rient en fumant. C’était moi avant.

Sous une lumière rouge diffusée par de petits radiateurs, la fumée n’est pas très dense, ils ne sont qu’une petite dizaine. Je suis blottie dans ses bras, je suis bien, une semaine que nous ne nous quittons plus. Je regarde les silhouettes derrière la baie vitrée. Le vin commence à faire son petit effet comme ces quelques jours que nous avons passé ensemble. Un malheureux heureux hasard, cette rencontre, au moment où on ne s’y attend pas, un soir fatiguée, pas apprêtée devant un énième bar marseillais inauguré. La procédure amoureuse a démarré normalement, on a commencé par échanger des nuits entières puis à baiser à s’en irriter le sexe et les sentiments. L’envie tiraille, l’amour embrase, le plaisir apaise puis la peur de perdre réapparaît.

Il est 3h. Téléportation.

Les Prédateurs

7 octobre 2015

The Hunger

La ville s’étale devant moi.

4h. L’homme que j’aime n’est pas à mes côtés. Il est quelque part, chez lui, seul, en famille ou nu dans son lit avec une autre. Je ne sais pas, je ne le connais pas encore. Il n’est qu’un point lumineux au milieu des milliers autour, il est peut-être un visage que je croise chaque jour. Il faudrait que je puisse le reconnaître à l’odeur comme une vampire a la recherche d’une proie blessée. J’ai des pensées étranges, j’ai revu ce film il y a quelques jours, j’ai rêvé aussi. J’étais dans un appartement immense, nous étions autour d’une table, il y avait ces deux jeunes femmes qui parlaient, les veines de leur cou pulsaient sous nos yeux affolés et excités. Cette sensation intense de penser à faire du mal, leur sauter à la gorge, leur déchirer leurs vêtements et les dévorer. Il y a cette alchimie, quelque chose d’indéfinissable qui unit les gens comme nous, un amour de la chasse puis ce désarroi, ce vide une fois le délit commis. Comme une petite mort, un orgasme après une violente montée, intense et éphémère.

Où es-tu mon John Blaylock ? 

Baise-moi

5 octobre 2015

 Illustration Freak City

La majorité des hommes ont peur de décevoir les femmes seulement sur leurs performances sexuelles. A les écouter ils sont obnubilés par la taille, la vigueur, l’endurance et tout un tas de prouesses qu’ils pourraient réaliser avec leur sexe.

Les hommes ne nous comprendront jamais.

Heureusement, il arrive parfois que nous ayons la chance de croiser la route d’hommes véritablement intelligents, fins, drôles, imaginatifs… Parfois ils ont même l’embellie d’être de merveilleux amant avec ou sans le sexe et les performances de Manuel Ferrara.

La déception que l’on peut lire sur mon visage n’a jamais été de l’ordre physique voire sexuelle, jamais. Tout simplement parce qu’à moins d’un handicap évident et encore, la sensualité, la sexualité varient tellement en fonction des autres curseurs qu’il y a toujours moyen de s’éclater entre personnes un minimum cérébrées.

Ma plus grande déception fut plutôt de penser un homme assez intelligent pour voir au-delà des apparences, des « on-dit »… De le croire connecté à mon cerveau intensément.

J’ai été terriblement déçue.

Grand Prince devenu Roi

30 septembre 2015

American Psycho

Les mœurs changent.

Les femmes utilisent parfois les hommes, plus seulement pour leur pouvoir ou leur argent, ils deviennent de véritable faire valoir à l’image d’une belle blonde qu’on promène pour épater la galerie, ou au fond d’un lit l’objet d’un désir frustré trop longtemps.

Des Princes devenus Rois qui malmènent le cœur et le cul de femmes perdues dans un no man’s land entre deux officiels. Chaque génération à son appellation, l’amant, le plan cul, le divin connard, l’homme de transition, le chaton… Ou le Roi Souillon.

Il est celui qui peut nous rendre folle qui peut nous faire faire n’importe quoi pour passer une heure dans ses bras, il est cette odeur que l’on cherche dès qu’il est parti, il est cette jouissance intense de chevaucher l’interdit… Nos amis nous mettent en garde, surtout ceux qui pourraient être le souillon d’une autre, mais rien n’y fait, on fonce tête baissée droit dans le mur.

Il est ce vaccin, cette substance si douce sous la langue, cet antigène qui nous protégera peut-être de tous les autres. Il faut parfois s’inoculer le mal pour s’en protéger.

Immunisons-nous.

Le mien, c’était Patrick Bateman.

Full Crouch

29 septembre 2015

Raging Bull

Je ne fais plus le poids.

Je veux boxer dans une catégorie qui n’est plus la mienne, je gagne quelques rounds, les soirs de grande forme mais il est évident que le beau mec, drôle, attentionné et cultivé, il n’est plus pour moi. Alors je me contente de quelques heures de son attention, sachant pertinemment que c’est une autre qui portera la ceinture du champion. J’arrive à relativiser parce que je sais que tout champion qu’il soit, toute bonne adversaire que l’on peut être, il est rare que le combat soit beau longtemps. Le quotidien, les habitudes, l’acquis usent n’importe quel amour.

C’est un tiraillement, entre cette envie de stabilité et ce besoin de nouveauté perpétuelle.

Je pourrais me contenter de moins bien, de quelqu’un comme moi, un peu plus qu’ordinaire. Mais non, j’ai envie de bien mieux.

Ma satisfaction je la trouve dans les batailles. Le combat d’une vie, ce n’est finalement que ça, gagner ou perdre, peu m’importe, je veux me sentir vivante, aimée ou détestée, mais fort.

Toujours amoureuse même seule.

Femmes-Enfants

27 septembre 2015

 

Un patchwork de verbes à l’infinitif sur 72h.

Déambuler dans des ruelles, un homme-enfant plus qu’attentionné à son bras, sentir les regards des messes basses interrogatives. Faire une sieste de 5 à 7, pour tromper la fatigue comme un vieux mari. Repartir enjouée comme si on ne sortait jamais, boire un verre d’absolut passion en pensant à cet été au pied de la Citadelle. Sautiller sous un figuier, grâce auquel un beau jeune homme pouvait communiquer avec les filles d’en face en agitant les branches comme un chimpanzé. Rire, danser, ne pas craquer, ne pas fumer une cigarette comme on s’interdit d’envoyer un sms pitoyable à 5h du mat. Partir à l’autre bout de la ville pour s’imprégner d’une toute autre atmosphère, plus noire, plus dense, prendre sa dose de BPM pour compenser le manque, danser sans s’arrêter. Se retrouver dans cette chambre immaculée comme une adolescente perdue dans des bras rassurants. Déjeuner au soleil un magret rosé, en se disant qu’être bien accompagnée est une imparable arme de séduction massive. Il est beau, les autres hommes me regardent comme s’ils cherchaient le secret de mon attractivité. Il est presque 18h30, interviewer 4 genies, rougir devant un micro comme une communiante intimidée par un sexe dressé devant sa bouche. Manger enfin, de la viande, boire de bons cocktails. Une pause vintage avant de repartir pour cette dernière nuit interminable comme ces immenses couloirs pleins d’une jeunesse avide.

Les premières notes de Discipline retentissent, je suis survoltée, je suis dans cette villa, j’ai 15 ans.

Ces 3 jours se finissent en douceur. Je pense aux amours de vacances. Je suis assise sur ces roches plates, j’aimerais que tu sois là. Parfois j’ai l’impression que tu n’as jamais existé. 

Je ne serai jamais une femme-adulte même si mon visage est un traître.

Roméo sans Juliette

25 septembre 2015

Il est peut-être 23h, il n’y a quasiment que des jeunes hommes pour cet anniversaire, il faut dire que c’est celui d’un bar.

Deux catégories distinctes, les Ken et les G.I. Jo, les Blonds et les Bruns. C’est flagrant comme si les Capulet et les Montaigu fréquentaient le même endroit.

Aucun signe ne les rapprochant mis à part leur jeunesse, et au milieu de tout ça un roux, une dizaine de jeunes filles faites dans le même moule et moi qui essaie d’éviter cette lumière intransigeante. Alors je ris pour me donner une contenance sans clope, entre deux gorgées de bière en face d’une belle chemise à carreaux. Je ne fume plus depuis 7 jours et cette première véritable mise à l’épreuve aurait pu remettre le compteur à zéro, anéantir mes efforts en quelques secondes. Alors je sniffe le cou d’un beau sourire fumeur de blondes.

« Fumer moins, baiser plus » il me parle, je ne pense qu’à ça, remplacer une addiction par une autre.
Je suis l’héroine d’une roman d’Hubert Selby.

Le Démon, c’était moi.

Mon tropisme vertueux

23 septembre 2015

  Instagram @alabama_duel

Je suis déterminée, comme à 2h du mat, dans ce tunnel rouge, quand mon regard s’est posé sur son sweat gris il y a quelques mois. Je vais arrêter de fumer avec la même motivation que mon corps lui a fait l’amour cette nuit-là.

Comment positiver à son maximum une simple pulsion sexuelle, une simple envie de se faire du bien, d’arrêter de se sentir cartonner au petit matin, appétissante comme un cendrier plein de mégots. Tout à coup, je n’ai plus supporté, mon intuition et mes impulsions ont toujours régi mes décisions, ma vie. En une fraction de seconde je passe de tout à rien, tu passes de Roi à transparent.
Il ne faut pas me décevoir, la sentence est brutale, un clic et tu n’existes plus.

Fidélité célibataire 

21 septembre 2015

 My first profil pic Instagram

3 jours, une éternité sans cigarette.

Je suis de mauvaise humeur, l’attention d’un homme devrait être intensive dans ces moments là. Je n’aime pas le sport, je n’ai pas envie de me saouler ni de me goinfrer pour compenser, j’ai envie de Lui. Lui n’est plus là. Lui pourrait être un autre. Ce n’est pas bien de penser ça. Pourtant je pourrais. Je n’ai finalement aucun compte à rendre, à personne. Seulement mon désir a décidé d’être fidèle. La fidélité des célibataires est un concept étrange, je vous l’accorde.

Il y a deux choses qui m’étonnent en ce moment, cette dernière donc, l’exclusivité sexuelle pour une personne qui n’est pas officiellement un partenaire social et, ce besoin irrépressible qu’on certains hommes et quelques rares femmes de dire à qui veut bien l’entendre avec qui ils baisent… 

Ça ne faisait pas 5 mn que je lui parlais au milieu de ce bar bondé qu’il m’avait déjà énuméré la liste de ses conquêtes présentes ce soir-là. Je le regardais sans rien dire, presque mal à l’aise, dubitative, pourtant il n’a pas besoin de se faire valoir, plutôt beau gosse, intelligent, cultivé. Je me demande encore quel est son intérêt, à part manquer de respect à ses partenaires. 

Ne pas s’étonner quelques jours plus tard d’apprendre que j’étais la énième de sa belle liste de trophées. Finalement converser avec un queutard en public et bien plus préjudiciable que de se taper plusieurs discrets. 

Je ris toute seule. J’engloutirais bien une tablette de chocolat.

Penser à autre chose…

A Lui.

It’s time to smoke

20 septembre 2015

 Masque @ninnapouladaki 

J’écoute The Shoes en boucle, je danse dans mon salon jusqu’à l’épuisement.

Deux jours sans cigarette, ce dimanche soir aurait pu être un calvaire. Mais finalement non je sais que je vais faire l’amour dans quelques minutes. La nouveauté n’a pas d’adversaire à la hauteur, n’a pas de rivale, elle est la plus forte des addictions.

Deux jours que je pense à son corps, ses mains, sa peau, le manque est si fort que les litres d’eau, les brossages de dents, les chewing-gums et autres pastilles ne sont là que pour patienter de le revoir Lui.

Je crois au hasard des rencontres, il ne devait pas sortir ce soir là, je devais partir quand il est arrivé, au premier regard je savais qu’il fallait que je reste.

Mon désir ne supporte pas le vide, j’ai besoin de sentir que je suis appréciée à ma juste valeur comme mes attentions, mon sourire, ma bienveillance. Même si ce n’est que quelques heures.

Je suis un animal dont il faut s’occuper, je n’insiste pas si l’on me toise, je m’échappe.

Les acouphènes du célibat 

14 septembre 2015

Instagram @alabama_duel

Il y a du noir partout, je suis dans mon lit et j’ai décidé de ne pas en bouger.

Par obligation je vais donc reprendre une apparence présentable vers 15h, j’aurais préféré faire l’amour puis avaler un deuxième klipal, histoire de ne plus avoir mal à ce foutu nez, ne penser à rien d’autre que son sexe chaud contre mes fesses. Une envie, j’en ai d’autres, les effets secondaires de la codéine sans doute.

Le célibat commence a me rendre dingue, toute cette liberté, ces possibilités gangrènent mon choix, sans satisfaire mon besoin émotionnel et intellectuel. Le sexe épanouit peut-être quelques heures, le temps d’ouvrir le paquet cadeau mais une fois la surprise passée, le soufflet retombe.

Cette sexualité de l’éphémère ne nourrit pas, la liberté n’apporte finalement que ça, c’est le côté pour, cela peut être très attirant un moment quand on a comme moi vécu de longues années en couple mais une fois assouvie, le contre prend le dessus.  La solitude, la partie obscure du célibat « une sorte de tristesse un peu discrète, qui reste en permanence comme un bruit de fond… » J’ai trouvé cette phrase de mon célibataire préféré très vraie.

Je pose le pour et le contre. J’ai très mal à la tête. Je veux sortir de ce marché relationnel, trop d’offres tuent la demande et vice versa, les lois de l’attraction ne m’intéressent plus, jouer mais ne jamais gagner au final n’est plus drôle.  

Il est temps que cesse ce bourdonnement.

En attendant je joue encore un peu au poker menteur. C’est la dernière fois, promis !

La chasse est ouverte

13 septembre 2015

 Photographe @lesmarseillaises

Il est 20h30, il y a du vin bio, des cocktails orange fluo et quelques verres de bières autour d’une assiette de jambon cru sur la petite table ronde vert amande. Le large trottoir qui fait office de terrasse est plein, plus une seule chaise de libre. Un lieu à la valeur estimable au nombre de bises que j’y fais. Beaucoup trop.

La majorité des hommes portent un début de barbe et des baskets, leur pendant féminin un short en jeans, une veste de treillis et des chaussures plates. Au milieu de ce stéréotype de clientèle adepte de yoga et de sport de glisse, on croise parfois quelques exceptions. De rares talons trop hauts ou des encostumés, ceux la sont peut-être moins bien nés alors leurs femmes sont plus voyantes assorties à leurs grosses voitures.

Il y a le sourire perpétuel de ce blond barbe rousse à ma droite parfaitement entouré, il y a ces trois bruns à ma gauche et ce groupe d’étudiantes en face ou tout du moins elles en ont encore l’apparence. Il y a la jupe en cuir pas assez courte de la nouvelle serveuse. Il y a le désespoir de ceux qui ont dépassé la date de péremption comme moi en mode observation.

Il est 22h, il est l’heure de rentrer. Le compteur est relevé.

J’ai toujours très mal. Une longue semaine avec un nez cassé est passée.

Demain je saurai.

Extrasystole, mon Amour

12 septembre 2015

 Instagram @nychos

Je sens que je deviens ce que je n’aime pas chez les autres, un être froid, dénué de tout sentiment, indifférent à tout ce qui ne peut lui apporter un plaisir immédiat. Je veux quelque chose, je l’ai, je n’en veux plus, la peur de l’échec, de la déception, de perdre. J’ai ce sentiment que je porte un masque que cette fille qui vit ma vie ce n’est plus vraiment moi. Où est passée la passionnée, l’aimante, prête à tout par amour ?  C’est sans doute une façon de me protéger du monde impitoyable des célibataires qui passent de corps en corps, de ses codes que j’ai eu du mal à intégrer au début. 

A force de prendre des coups,  la peau s’épaissie tellement qu’atteindre un cœur devient quasi impossible. 

Je me demande même s’il m’en reste un.

Fuir le bonheur des Autres

6 septembre 2015

 Photographe Nan Goldin – Moma

Je plonge ma petite cuillère dans le miel puis dans le velouté nature, mon plaisir solitaire du dimanche. Je suis seule pas d’homme du moment, pansement ou de transition, pas d’homme dans ma vie, je ne sais plus si c’est par choix, je m’en persuade sans doute.

Il y a quelqu’un dans ma tête évidemment.

Alors je lis, j’écris pour combler le vide, l’eau boue, je vais boire un thé dans un grand verre, ma madeleine de Proust de ces moments où tu te réveilles avec ce sourire endormi et comblé, un dimanche matin passé.

Mon appartement est un sanctuaire de beaux souvenirs en famille, en amitié, en amour, ils sont près de moi réconfortants. Une solitude accompagnée qui m’aide a attendre des jours meilleurs. 

Mon visage tuméfié me fait mal, j’évite les miroirs, il est peut être temps d’arrêter cette frénésie de sorties, d’essayer de rester un peu seule.

La solitude me fait tellement peur.

Puzzle

2 septembre 2015

 Josh Pence – Photographe Hedi Slimane 

L’Envie

Obnubilante.

J’ai ces idées, ces images, ce désir qui me bouffent le cerveau depuis ce matin, je pense à Lui toutes les deux secondes, à son corps, à son odeur, à sa voix, à son souffle dans mon cou. Il ne faudrait jamais connaître cette sensation, quelques heures d’envie, quelques minutes de plaisir pour deux secondes orgasmiques et des semaines de frustration. Il partagerait mon lit chaque soir qu’évidemment je n’en voudrais pas que je ne le désirerais pas avec autant d’intensité, je ne sais même pas s’il le sait, s’il s’en rend compte. Je freine mes ardeurs par les mots pour éviter de lui faire peur. C’est effrayant le désir il paraît.
Alors je me tais, j’attends, je me consume de l’intérieur.
Je vais finir à ce rythme en combustion spontanée.

Il se passera bien quelque chose avant.

 Instagram @alabama_duel

Ma nourriture préférée : les histoires des autres.

Alors j’écoute avec attention les sentiments mis à mal, les rencontres qui font du bien, les ruptures qui libèrent… Les silences qui achèvent. L’expérience des autres me fait me sentir moins différente, ou tout aussi pire.

Bo est une blonde au physique moyen relevé par un sourire éclatant et des yeux très noirs, sa voix est douce, je l’écoute, nous sommes allongées sur mon lit :

« Cette fois là, mon cerveau en mode reptilien enclenché n’était pas du tout enclin à l’écouter.
Je suis assise sur ce canapé, il n’est pas tard, il est plutôt très tôt, je regarde ses belles lèvres ourlets d’une moustache, je n’entends rien de ce qu’il me dit, j’acquiesce pour qu’il continue, pour qu’il me parle comme si je pouvais lui être utile, son intérêt n’est en fait que le mien. Il ne le saura sans doute jamais. Les hommes ont souvent l’idée bizarre que je ne pourrais être qu’une personne gentille et serviable parfois même un peu crédule voire stupide. Cela m’arrange quand je deviens indifférente et détestable généralement ils ne s’y attendent pas du tout, habitués à ma gentillesse et ma serviabilité liés à mon sourire. Mon cerveau sourit beaucoup moins que mes lèvres, il peut être noir et désabusé, il ne ferait, s’il le pouvait que se prélasser à moitié nu sur un lit, il ne travaillerait pas et ne se lèverait que pour se substenter et abuser des autres aux sens propre et figuré, en jolis dessous la torture passe mieux. Il est aussi d’une susceptibilité chatouilleuse d’ailleurs quand il n’a pas ce qu’il veut, il peut en l’espace d’une seconde, devenir un connard. »

Je me sens parfois comme Bo, un connard de Blonde.

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