Un long été à la mer

27 août 2012

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Les Garçons Crus †

Bientôt septembre, et mon apparence estivale va devenir aussi pathétique que celle d’une quadra qui accumule les signes de sa peur de vieillir.

Sinon tout va bien, j’ai changé d’amis.

Ou plutôt j’ai gardé les fidèles et de nouvelles connaissances font aujourd’hui partie de ma vie.

En moyenne, ils sont plus jeunes, plus beaux, plus riches comme je l’étais à leur âge.
J’écoute leurs préoccupations, leurs loisirs et leurs déviances. Des récits, l’expérience de leurs 30 ans que je revis par procuration. Je me sens bien avec eux, je les regarde en repensant aux très belles années qui ont fait de moi une maman, une propriétaire, une femme pleine de projets en figeant quelques grammes de cellulite pour surtout ne jamais les oublier, tous les matins, nue devant ce miroir impartial.

J’aime écouter la vie des autres, j’aime la lire aussi.
Alors j’achète des romans mais le plaisir de découvrir en temps réel, la vie cachée du commun des mortels, n’est pas le même.
Il y a en pas cet exhibitionnisme indécent à écouter ces amis, la pudeur des uns, l’impudeur des autres.

Il est tard dans ce restaurant à la vue phénoménale, autour de la table, personne n’en parle, l’attention, la discussion ne sont motivées que par des choses bien plus ordinaires. Des quotidiens si riches de banalités que je ne m’arrêterai jamais d’écrire ici si j’en avais le temps.

Je suis admirative de ceux qui inventent totalement, ce n’est pas mon cas. Je n’ai pas ce talent. Il est 23h, je puise mon inspiration en mangeant des calamars frits et leur sauce à l’ail.

Tout ici n’est que ressenti de ce que je vis ou ai vécu, de ce que mes proches me racontent. J’invente aussi bien sûr. Je n’ai pas la volonté d’exhiber ma vie, j’essaie plutôt d’être dans une forme d’analyse de nos comportements. Je me base sur des faits ordinaires et c’est vrai que beaucoup s’y retrouve, pensant que tout ce que je dis est vrai parce que ça fait réel. Un mélange de mayonnaise et d’aïoli.

Il y a quelques jours, j’écoutais un ami me dire que certains trouvaient mes posts presque malsains, obscènes, que j’étalais mon intimité, ma vie sans pudeur. Evidemment, cela m’a déstabilisé, évidemment j’aimerais rencontrer ces personnes, me défendre et peut-être que ce sont les mêmes qui, une fois en face de moi, me disent que j’écris bien et que je dois continuer.

J’ai longtemps porté un masque, pour protéger mon anonymat, j’ai voulu me dévoiler, j’ai perdu un peu de liberté.

C’est toujours dur, d’entendre la vérité des autres.

Ma vérité est ailleurs. Ici que des réalités ressenties.

Je ne suis qu’une « femme crue ». L’interprétation est libre.

« l’écriture ne soulage guère. Elle retrace, elle délimite. Elle introduit un soupçon de cohérence, l’idée d’un réalisme. » extrait de Rester vivant – Michel Houellebecq

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Whitest Boy Alive – Keep A Secret

Cela fait 20 jours que je n’ai pas vu mes enfants.

Sensation étrange de liberté culpabilisante. Je sais qu’ils sont heureux avec leur père, je sais qu’ils l’étaient aussi en juillet avec moi. Je passe mes journées et mes nuits comme si mes 15 ans de vie idéalement convenable n’avaient jamais existé. Avant j’étais une mère de famille de 41 ans dans un corps de fille de 30 et un cerveau de 20. Aujourd’hui, j’ai dépassé les 42 et j’ai la vie d’une cinquantenaire décomplexée au bras d’un blond qui fait 15 ans de moins qu’elle, même si réellement ce n’est que 8. Je l’oblige à porter la barbe.

Je ne sais pas pourquoi mais ce corps de page centrale de magazine que j’étais si fière d’arborer ne me manque pas. D’apparats de la jeunesse, il ne me reste que mes cheveux. De dos, mon visage et mes mains cachées, l’illusion n’est plus totale.

Rassurez-vous, j’ai la vie que je voulais, le bonheur est presque imparfait et je suis toujours capable en quelques secondes, une nuit vers 3h du matin, un verre de gin à la main, de me replonger dans ce désarroi incompréhensible mais tellement bon avec un peu de schweppes tonic.

Tout ça n’est évidemment que pure invention. En vrai je prépare mon mariage et je suis enceinte d’un troisième enfant.

Sous influence

9 août 2012

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Elle est interminable cette journée.

Avoir envie de quelque chose, avoir la sensation d’oublier quelque chose, se tortiller dans tous les sens, prendre des photos de l’insignifiant, trouver que les heures sont aussi longues que des jours, écrire des messages et les effacer, boire un café puis un thé, ranger, classer, jeter… Relire 15 fois le même mot.

Je ne devrais pas être dans cet état, j’ai un peu forcé le destin, j’ai décidé sans vraiment réfléchir, l’égoïsme à son paroxysme. J’avais envie de ces quelques jours là-bas et j’ai tout fait pour y aller sans mesurer les conséquences. Je vis les choses, le reste ne m’importe plus.

Se demander sans cesse si on est heureux, amoureux, satisfait… Ce n’est pas l’être. Non ?!

Je le suis, j’impose. J’avance vers les ravages du temps et je suis prête pour faire une énorme bêtise. De celle que personne ne comprendra sans être vraiment étonné.

J’ai acheté ma première planche à repasser.

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Pattie Boyd & Eric Clapton

Anita, Pattie, Patricia, Pamela… Peu importe, leur prénom. Les femmes jouent avec le cœur des hommes. Leur amour est grand et passe de l’un à l’autre. Tout ça sans aucune raison.

Depuis toujours, j’affronte rarement les choses, de l’agression à l’amour, quand je me retrouve face à une situation qui me dépasse, je fuis. Ma jalousie amoureuse est intense mais parfois silencieuse, quelquefois râleuse, souvent angoissée. Ce sentiment qui me compresse les poumons, me fait tourner la tête, pleurer sous la douche loin des regards, éclate toujours et fait de moi une femme qui se pose beaucoup trop de questions comme il dit.

Je pleure moins souvent depuis plusieurs mois, je me sens mieux même si j’ai toujours cette sensation que l’on ne m’aime pas ou pas assez, pas à la hauteur de mon attachement.

La porte vient de claquer, je prends ma voiture, que nos vies se séparent ou que cela ne durera que quelques semaines. Pour moi, le déchirement est intense, douloureux, les relents des départs de mes parents sont encore présents. L’enfant abandonnique que j’étais a fait une adulte névrosée. C’est comme ça.

Alors j’achète des tee ou des chaussures, j’attends que ça passe en comptant les jours.

Jeunesse éternelle

17 juillet 2012

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Photographe Neil Krug

Une nuit très tard, au milieu d’un tunnel voûté, j’ai croisé la jeunesse éternelle.

Un jeune couple, à l’allure légère et aux regards mutins. Ils étaient là au milieu de cette foule rouge et moite.

Plus je les admirais en cachette, plus j’étais mal, tout m’opressait. Mon assurance et mon humour s’effondraient à chaque vibration. L’envie de jouer, ailleurs et loin. Loin des regards sans ridules. L’inquisition sans l’intention de la donner, un simple souffle chuchoté. J’ai jeté mon verre et je me suis enfuie.

Fuir la jeunesse avant qu’elle ne se sauve… Une autre version du bonheur.

La chevelure

22 juin 2012

Une inconnue

Quelques années après notre rupture, je l’ai revu.

J’ai vu une silhouette au milieu des mortels insignifiants. Il attendait son tour comme les autres, ça ne pouvait pas être lui, il ne pouvait pas être là. Pourtant je l’ai reconnu immédiatement puis j’ai eu un doute, j’ai regardé ses chaussures, ses fesses, son dos, ses cheveux, j’attendais qu’il se retourne pour être certaine. Pendant quelques secondes, j’ai pensé faire demi-tour, je n’avais pas envie qu’il me voit, pas comme ça, si ordinaire. C’était trop tard, il se serait sûrement retourné juste à ce moment là. J’ai tendu mon bras vers son dos, en pointant mon doigt. C’était bien lui, encore plus surpris que moi de me voir là, réelle, simplement humaine. Impossible d’articuler la moindre réponse, j’avais du Baudelaire dans la tête. Tout était flou autour, l’homme entre nous totalement transparent, plus rien n’avait d’existence, j’étais là, comme nue devant lui. Totalement intimidée comme la première fois.

« Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ? »

L’inachevé et son pouvoir de séduction inépuisable. La frustration et cette chaleur qui tape directement au cerveau. L’inaccessible qui rend fou. Des joncs puissants autour de mon cou, mes poignets et mes doigts. Brillants, attirants, trompeurs.

15 mn. Un sniff éphémère. Une promesse vaine. Un semblant d’amour éternel.

Jalouse, toi-même !

19 juin 2012

Olivier Zahm –  La Communauté des Amants

Il y a ce pincement invisible et douloureux quand tu croises des regards complices ou juste amusés. Il est tard et la soirée a fait son effet, cette paranoïa alcoolisée qui te fait voir, entendre, ressentir des choses, comme devant ta tv mais c’est la réalité. Les grands jaloux le savent, ils ont souvent bien plus à se reprocher. Ils voient le mal partout et la plupart du temps, celui-ci leur donne raison. Comme si inconsciemment, ils poussaient l’autre à la faute, à force de prise de tête ou de couteau sous la gorge.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été une grande jalouse d’amoureuse pour un rien et finalement pas quand j’aurais du l’être.

Les quelques fois où les hommes qui ont partagé ma vie m’ont trompé, je n’ai rien vu, je l’ai su après.

Finalement ce n’est pas l’Amour qui m’a rendu aveugle mais ma jalousie.

Rupture Amoureuse

18 juin 2012

Photographe Ryan McGINLEY

Un matin, je me suis levée avec l’idée de le quitter comme ça sans véritable raison. Je me suis préparée comme d’habitude, avec peut-être cette envie qu’il me trouve belle. On avait rendez-vous au parapet entre l’Escale et le bar Tabac à l’entrée du village. Il est arrivé en retard, j’avais un peu froid. Je suis montée dans sa vieille Abarth bleu ciel. Les virages du bord de mer m’ont donné mal au cœur, encore plus. On est arrivé à la Madrague de Montredon, il commençait à pleuvoir. Il s’est garé, je me suis tournée vers lui et j’ai dit : « C’est fini, je veux tout arrêter » s’en est suivi une discussion de plusieurs heures, il pleuvait de plus en plus fort et moi, je pleurais en rythme. Il m’a demandé pourquoi, j’ai répondu en bafouillant tout ce que je pouvais lui reprocher mais en fait rien n’était valable. Je voulais juste savoir, savoir s’il m’aimait autant que moi. S’il allait me supplier ou juste essayer de me reconquérir, moi qui étais totalement acquise. Je suis sortie de la voiture, il faisait beau. Les semaines ont passé, les mois, les années. Il n’a rien tenté et je ne l’ai jamais oublié. Je l’aimais trop ou il ne m’aimait pas assez. Ou peut-être qu’il était trop fier pour revenir et moi trop imbue de ma petite personne. Je ne saurai jamais. Quitter pour savoir si l’autre vous aime ou juste faire une erreur de fierté mal placée.

« Un matin comme les autres. Un nouveau pari. »

Été acidulé

6 juin 2012

Stupid Little

« Qu’est ce que ça fait d’être heureuse ? »

De loin tu as l’impression que ça ne t’arriveras plus jamais d’être bien, d’être sans souci, d’être heureuse. Comme avant, comme quand tu ne gagnais pas d’argent que tu ne travaillais que le mois de juillet pour tout dépenser en août. Que tu passais tes journées dans des piscines immenses et tes nuits sur des plages bruyantes, moites à l’ambiance musicale acide pour ceux qui se souviennent d’Inside Out de Phuture.

J’ai fermé les yeux, la musique, seule, me tenait debout, je dansais, la foule autour était immense, compacte et douce. Je balançais mes épaules sans bouger le reste de mon corps, une scie, un bruit aigu rentrait dans mon cerveau, ma tête se dévissait… ça rentre, ça rentre, je ne veux plus que ça s’arrête, je suis tellement bien, plus aucune douleur, plus aucune pensée, il n’y a que les vibrations, ce sifflet, ce son entêtant, ces oiseaux, ces corps qui me touchent, je suis électrique. J’ai envie de faire l’amour, là au milieu de tous. Le son me prend la tête, le corps, je tombe sur mes genoux, le tempo ralentit, le sable est chaud sous ma peau, j’ondule, mon ventre danse seul, les bras levés, je souris, on dirait que j’implore un dieu. Le dieu Ron Hardy, qui quelques nuits diffuse ce son, cet Acid Tracks qui se faufile entre les jambes des filles, sautille le long des cuisses, rebondit contre les seins, s’engouffre dans leurs bouches, explose dans leurs cerveaux puis disparaît. Les ondes nous rapprochent, nous proposent une langue qu’on suce sans vraiment réaliser. Un bonbon mentholé.

Le bonheur, n’est que dans cet instant dont tu décalques les contours, juste avant de sauter, d’aimer, d’apprécier, de gagner, de jouir… de t’effondrer épuisé.

 Un bonheur acidulé.

Pacadis – Le Palace

J’ai des nouvelles de mes vies par l’intermédiaire des autres. On me raconte ce que fait ma famille, ce que l’on croit que je fais. La situation a changé, pas les bruits qui courent. Je ne raconte quasiment plus rien ici ou ailleurs, l’extrapolation n’a même plus besoin de mon imagination. Quand j’étais une mère de famille critiquée, je rêvais de retrouver l’exaltation d’une jeunesse dissolue, quelques mois, le temps de m’en dégoûter. Finalement, la fausse jeune fille ivre qui ne rentre plus, ce ne sera pas moi. Les petites robes et les shorts trop courts restent dans ma minuscule penderie, au-dessus des chaussures qui ne me feront pas mal aux pieds. La démarche de travelo et l’haleine fétide, ne sont que des chimères de jeunesse éternelle que je me faisais le dimanche matin au Welcome Café, face à la plage des Catalans, quand les mères dorment.

« Nous ne sommes plus une vraie famille » « Je préférais ma vie avant » le plus dur étant d’entendre ces phrases en étant heureuse.

Le choix de Sophie et ses variantes.

Soleil intérieur

20 avril 2012

http://www.freundevonfreunden.com/

Se coucher à 19 h un dimanche soir, ça résume assez bien l’intensité d’un bon week-end.

Enchaîner les soirées comme si nous avions 20 ans, me retrouver dimanche à ce déjeuner sans quitter mes lunettes de soleil, pas parce que j’ai les yeux clairs comme mes hôtes mais juste parce que j’ai en moyenne dix ans de plus qu’eux. Passer la moitié de son temps comme si j’étais en 2000, regarder une silhouette en contre-jour, m’imaginer à quelques heures de vol. J’ai envie de partir, de ne plus penser aux autres, aux rendez-vous, aux contraintes… Ne penser qu’à ma tenue du soir et si je vais prendre une panna cotta en dessert.

Ce soir, je vais danser, pour changer.

Au petit matin, un regard malin m’emportera.

On sera bien, tous les deux sans personne.

Je suis entre deux.
Entre deux lavages de cheveux.
Il  y a des moments décisifs dans une vie, je viens de passer un cap et je me prends en pleine poire les dommages collatéraux. J’ai eu la mauvaise idée d’arrêter de prendre ma pilule, parce que soi-disant ma poitrine est douloureuse et perdre quelques kilos pour rentrer dans un short d’ado. Je suis décidemment très conne et ça ne s’arrêtera jamais.

Hier soir, je me suis pris la tête avec mon ex, ce matin avec mon fils, cet après-midi avec mon patron. Alors en fin d’après-midi, je fais du sport, tellement je m’ennuie de 5 à 7.

Et pendant ce temps là, sur twitter on se demande qui est le sexe fort. Une chose est sûre ce n’est pas le mien.

Itinéraire amoureux

2 avril 2012

The Ardorous chez Vice

Recevoir un message, regarder son téléphone plusieurs minutes, écrire une réponse, l’effacer. Voilà ce que nous sommes capables de faire, peut-être parce que ce message nous ne l’attendions pas ou plus. Il n’y a finalement pas de secret, il suffit de se dire que cette position d’attente n’est pas ce que nous désirons. Pourquoi persister et chercher la difficulté,  le dédain, se faire malmener l’amour propre. Pourquoi être triste, inquiet pour quelqu’un qui se trouve toujours des excuses imbuvables.

Ce n’est jamais simple tant que ce n’est pas authentique, l’amour ne se pose pas toutes ces questions, ne manipule ni ne manigance, ne calcule rien, il se vit sans réfléchir. Je suis bien, j’ai envie de te voir, je t’appelle, je te réponds… On s’aime.

Il y a 22 ans, je fête mes 20 ans, nous sommes sur une petite barque de pêcheur amarrée à la Baie des Singes.

Il y a 17 ans, je fête mes 25 ans, nous sommes au Bal à Saint Tropez.

Il y a 15 ans, je fête mes 27 ans, nous sommes dans un vieux garage à bateaux au Bain des Dames.

A ces trois moments de ma vie, je n’avais aucun doute, j’étais amoureuse.

Dans moins de deux mois, je vais fêter mes 42 ans.

Crying doesn’ t solve anything

Avant je fumais.

Avant une de mes obsessions était « quand est-ce que j’ai un déplacement sur Paris », c’était ma bouffée d’oxygène, mon bol d’air, ma soupape. 24 voire 48 h pour moi, une fois la corvée professionnelle terminée. Aller faire les boutiques, boire un verre, dîner, rencontrer de nouvelles personnes, avoir des surprises, en faire. C’était bien, j’en avais envie, j’en avais besoin. Dans quelques jours, je dois repartir pour un énième déplacement et ça me donne le cafard.

Maintenant que je suis libre, l’envie de refumer m’est passée et avec elle ce besoin de brûler mes ailes.

J’envisage de faire l’aller retour dans la journée. Totalement impensable, il y a à peine quelques semaines.

Je rentre, je fais du sport, je prépare le dîner en souriant, je prends même du plaisir à faire les devoirs avec mes enfants.

Il manquerait plus que j’apprécie la sodomie et je serais devenue… véritablement une autre.

Je lis « Les femmes et l’amour »  en ce moment… Ce blog risque de mal tourner.

Causeries de Sacha Guitry

Ice Cream For Free

Il existe des hommes qui ne comprennent rien aux femmes, ils font tout de travers et d’autres pour lesquels on se demande encore pourquoi ils attirent autant.

Il y a ceux qui déballent trop vite, sentiments, compliments, cadeaux… Jusqu’à l’étouffement et parfois même le dégoût du trop. Il y a ceux qui n’osent rien, pas par manque d’envie juste d’un minimum de confiance ou d’audace. Il y a ceux qui font ni trop ni pas assez mais qui sont tout de même transparents, inexistants, fades même si leur beauté pourrait les sauver. Il y a ceux qui ont tout pour les autres mais dont on ne voudra jamais.

En vous détaillant cette liste, totalement subjective, je pense à ceux qui ont croisé mon chemin ou celui de mes amies. Les uns me plaisaient mais pas à elles et vice versa, accumulant défauts et qualités. L’attirance et ses lois sont finalement sans rapport avec le savoir-faire amoureux, le physique, la situation, l’humour et bien d’autres choses. Même un homme qui ne comprend rien aux femmes qui fait tout de travers en bien ou mal, consciemment ou non, peut être aimé et bien plus que celui qui le mérite. c’est ainsi, l’Amour est totalement aveugle.

Hier je te lèche la joue sans raison. Aujourd’hui j’attends une réponse à mes questions. Demain je peux être indifférente.

Tout aussi inexplicables les raisons du désamour sont tapies dans l’ombre.

Solitude en amateur

17 mars 2012

Parce que je n’utilise ma raison que pour mes deux rôles principaux, au lieu de passer ma soirée sur Cdiscount pour trouver un lave-vaisselle, hier soir je cherchais des maillots de bain pour Calvi On The Rocks. Comme la majorité des femmes, je suis multi-tâches, j’ai simplement une grosse préférence pour les choses superficielles.

J’aurais pu être dehors pour les 40 ans d’une femme que tout le monde semble connaître, pas moi. J’aurais sans doute squatté sur le trottoir, comme la plupart des invités devant cette petite brasserie où il n’y a jamais de places. J’aurais mis des talons trop hauts pour plaire à un homme qui regarderait toutes les autres sauf moi, je serais jalouse et mal à l’aise en buvant trop vite des rosés ballon pas assez frais pour me donner une contenance. Vers minuit, j’aurais eu très mal aux pieds et les autres auraient eu envie d’aller danser, alors je serais allée mettre mes boots d’allumeuse de dancefloor parce que je suis une superficielle aux pieds plats mais prévoyante.
Au lieu de tout ça, j’ai relu, ce que j’écrivais il y a un an. Ce blog n’a plus rien d’intéressant. Je ne poste plus de nichons, je ne parle plus de cul et mon cynisme est resté chez mon ex-mari.
On dit de moi que je préfère les éphébes et que mes seins sont faux, je l’ai su devant un panettone pain perdu mercredi soir. Les seuls hommes très jeunes et seins siliconés qui me sont proches se trouvent sur YouPorn et me donnent un plaisir fulgurant vite écœurant,  les soirs de solitude.
Hier nuit, c’était un semblant de vie rêvée en fausse célibataire amateur.

Photographe Laurence Von Thomas

Finalement je n’ai pas été une bonne fille, ni une bonne amie, pas même une bonne maman et encore moins une bonne épouse.

Je suis le Calimero des blondes à forte poitrine.

Sur les photos, on voit une belle jeune femme, c’est l’été, elle est bronzée, souriante. Ma curiosité me pousse à tout regarder, on y voit ses vacances, ses enfants, son mari, sa vie qui ressemble à la mienne, avant, celle que j’aurais pu afficher sur l’album d’un réseau social quelconque. Les sourires, les glaces qui coulent sur les tee-shirts, les repas entre amis à visages découverts, les vacances au ski et l’été en Espagne, en Corse. Cette femme heureuse, ça pourrait être moi. Les paramètres, les ingrédients, les données, appelez ça comme vous voulez, sont les mêmes. La seule chose de ratée dans ce casting parfait, c’est moi ou plutôt c’était moi.

J’ai déjeuné avec l’homme qui m’a supportée 15 ans ce midi, un tête-à tête d’un père et d’une mère qui essaient de prendre soin de leurs enfants, qui décident ensemble des décisions importantes. Entre nous il reste l’affection et l’amour pour eux. J’avais envie de pleurer quand la médecin nous a dit qu’elle était contente de nous voir réunis à ce rendez-vous.

Durant le déjeuner, je le regardais et je repensais à ces matins où je venais de rentrer complètement ivre d’une jeunesse qui ne reviendra pas. Ces matins, enfouie sous la couette, honteuse, malheureuse, effrontée, en totale opposition contre un homme qui ne voulait que mon bien. Je repensais à tout ça et j’ai eu envie de lui demander pardon.

Je n’ai rien dit, j’ai souri et j’ai essayé de ne pas mettre mon coude sur la table. Il déteste ça.

Peut-être qu’un jour, il sera fier de moi. Ou juste heureux, loin de moi. Ce serait déjà merveilleux.

The Selby

Les gens heureux n’ont finalement pas grand chose à raconter, je ne suis pas une exception.

Le goût d’ici à maintenant la saveur d’ailleurs, je vis l’imparfait ce que j’avais imaginé, fantasmé, rêvé les dernières années de ma vie de famille parfaite. Je voulais être libre, je le suis, je peux même me permettre de me plaindre ou d’être malheureuse, on pourrait finir par me croire. Mes posts se raréfient, après des années à noicir un quotidien, j’en oubliais presque de le vivre, enfermée dans cette chambre comme si j’avais 14 ans. La lâcheté d’une femme qui ne prenait plus ses responsabilités qui attendait que l’autre décide à sa place. Je suis toujours surprise, à quelques exceptions très vite oubliées, de la bienveillance des hommes à mon égard. Ils me voient peut-être fragile comme tous ces colliers colorés que j’aime accumuler autour de mon cou.

J’ai fermé tous mes sens aux tentations, supprimé numéro de téléphone et autres liens invisibles. Restent que ceux qui ont mon affection et mon amour. Éliminer le superflu, se consacrer aux essentiels ma chair et mes amis.

Ils seront là vendredi autour de moi et quelques sandwichs club, cocktails secrets et sucettes au coco nutella glacées. Je fête ma nouvelle vie sans celui qui en sera toujours l’homme.

C’est ainsi. Heureux séparés pour ne jamais finir par se détester. Heureux cachés pour continuer à s’aimer. Ne jamais atteindre le plaisir pour garder le désir. Toute cette expérience amoureuse qui devrait nous apprendre, nous protéger. Et sans cesse nous retombons en amour. Et sans cesse nous espérons le rencontrer.

Le mien arborera peut-être un tee-shirt bleu assorti à ses yeux.

Christophe… Les mots bleus

J’ai cassé mon luminaire fait de néons et je m’en fous.

Déjà plusieurs semaines que je vis seule la moitié du temps.  J’alterne toujours entre deux panoplies mais maintenant c’est officiel. Je n’ai pas grand chose à en dire si ce n’est que je me sens bien à temps complet. C’est étrange, ma vie au quotidien est plus difficile mais j’ai cette sensation de plénitude même si chaque soir je dois me souvenir de l’endroit où j’ai garé ma voiture. J’étais à peine contrariée, ce mardi matin en allant la chercher à la fourrière. J’ai ce sourire niais, une cheville foulée, un compte à découvert et la vaisselle à faire tous les soirs. Je me sens bien et j’ai toujours mauvais caractère.

L’appartement a été silencieux un peu plus tard, vacances scolaires obligent. Je suis maintenant toute seule à boire une tisane au thym alors qu’on m’imagine sans doute à profiter différemment de ce nouvel appartement et de toutes ces soirées à l’autorisation nocturne illimitée. Tout ça existe mais la vérité est ailleurs et je la vis.

Je suis devenue Daisy et j’adore ça.

Monika Traikov sur Rastignac Blog

Ils sont de ceux se levant un matin et qui, en 2 secondes, trouvent une raison de fuir le bonheur alors qu’il n’y a que des raisons de rester.

Ils sont de ceux qui rient en pleurant et qui pleurent en riant. Ils sont de ceux auxquels on ne peut se fier, non qu’ils trompent plus que les autres, juste ceux qui se font d’abord beaucoup plus de mal, tout seul.

Il y a cette situation où ils poussent l’autre contre un mur en plaquant leur torse contre celui de l’être aimé. Un plaisir intense. Puis ils se retournent brusquement et se mettent à courir, à fuir sans prétexte. Ils réalisent à quelques métres, il est trop tard, le mal est fait.

« Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve. Que le ciel azuré ne vire au mauve. Penser ou passer à autre chose. Vaudrait mieux. »

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