La petite robe rouge 

8 novembre 2016

Je portais une robe rouge ce jour là, sans elle peut-être que tu ne m’aurais jamais remarquée.

Sa couleur, symbole de cette liaison passionnelle. Du désir, cette robe est devenue la représentation du dégoût. Celui que l’on ressent une fois qu’il n’y a plus d’amour.
Cette sensation étrange d’être critiquée pour les mêmes raisons pour lesquelles on a été aimée.

Ton mec qui bavait sur ton décolleté en t’attendant des heures en bas de chez ta mère qui trouve tes retards intolérables quand on s’habille si peu.

Ton amie qui était hilare en t’écoutant raconter tes dernières frasques sexuelles qui est offusquée parce que tu es rentrée à 11h du mat.

Tes enfants qui ne te laissaient pas respirer qui prennent la maison pour un hôtel.

Il y a ce sourire bienveillant qui accompagne parfois la critique et ce regard fuyant des gens qui disent des gentillesses. Entre les deux, mon coeur ne balance pas, à choisir je préfère une vérité qui fâche que l’hypocrisie. Il n’y a pas de demi-mesure, par ici, pas de vaseline, ça fera mal. Il paraît qu’il y en a qui aime ça.

Chacun ses goûts, alors évitons de baver sur ceux des autres. La journée est longue quand on se pose trop de questions, encore la preuve qu’on ne change pas avec l’expérience. On encaisse juste un peu mieux,

les coups bas.

Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

L’homme pansement 

30 octobre 2016

Vers 5h du matin, il ne reste plus que quelques trentenaires au comptoir qui vont rentrer sur la pointe des pieds, des filles avec les yeux dans le vide. Mes amis sont assis sur un canapé au fond du club, la lumière rouge leur donne presque bonne mine. J’ai du mal à me faufiler à travers la masse grouillante des danseurs. Mon Perier a fini sur mes collants, j’ai envie de rentrer, j’ai juste assez de lucidité pour commander un uber, je vais repartir seule. Je n’ai pas réussi à boire assez pour me laisser aller à la facilité, à mettre ma langue dans une bouche trop jeune mais juste assez inexpérimentée pour être excitante . Un seul mot à dire pourtant, un oui pour finir avec ce beau brun.

Il y a le désir qui se nourrit d’échanges et de promesses, il y a l’excitation de la rencontre, un poignet que l’on attrape, un corps que l’on serre cheveux au vent, le danger était de le suivre. Improvisons. Tout cela finit souvent de la même façon, par une décharge de pulsions, et tant pis s’il faut vite oublier pour ne pas trop culpabiliser. 

Se prouver que l’on plait toujours même si c’est à un autre, que tout est possible. C’est souvent le seul rémède.

J’ai mis un beau pansement sur ma plaie. Je suis presque guérie. Ça c’était vendredi.

Samedi, j’ai dansé avec mon ennemi évidemment il est blond.

Les Volutes du manque

23 octobre 2016

The NightyDrunkLovers 

Mes journées et mes nuits sont des enchaînements de vies, je m’épuise sans arriver au but, ne plus penser. Cela va faire une semaine que je regarde deux phrases anodines sans savoir quel sens leur donner. Pourquoi répondre â quelqu’un qui n’attend plus de réponse. Le manque est là, il remplit mes pensées, je tourne ces 7 derniers mois dans tous les sens, en me convaincant que je fais le bon choix, celui de la distance, du silence pansement. Je baigne dans un état qui oscille entre euphorie et pessimisme en fond sonore cette fausse histoire que j’ai aimé vivre sans y croire. Je redoute la suite, ma cigarette se consume sur le bord de la fenêtre, il pleut dehors, j’ai froid, je repense à toute cette complicité partie en fumée comme si tous ces moments n’étaient que le fruit de nos imaginations un peu folles. Je suis jalouse de celles qui vont les vivre à ma place, de son désir ravivé par l’éphémère possibilité de la nouveauté.
Je me noie dans ma sueur au milieu d’une foule jeune et moite, danser à en perdre la raison, rire à en oublier l’heure, la date, le lieu où nous étions ensemble partout dans cette putain de ville qui me fait penser à lui à chaque coin de rue.
Partir quelques jours serait peut être un meilleur placebo.

10:34

13 octobre 2016

Instagram @jasonleeparry

Je ne sais pas trop par quoi commencer, il y a beaucoup à dire sur ces derniers jours. Mes mondes parallèles vont trop vite, la réalité, la famille, les amis, le travail d’un côté, la virtualité, les échanges, les rencontres, la curiosité de l’autre. Et au milieu, il y avait un lien, une complicité, un désir, un plaisir. Il n’y a plus rien depuis quelques jours.

Quand il n’y a pas de couple, il n’y a pas de rupture.

Il y a ce silence, léger au début puis au fil des jours de plus en plus lourd presque bruyant. Je me sens vide, j’ai envie d’en parler mais je n’arrive pas à expliquer, j’ai envie de pleurer mais les larmes noient mon cerveau. Je me sentais lasse de cette distance, après l’âge, les kilomètres n’ont pas arrangé les choses.

À croire que la flamme s’est éteinte d’un simple claquement de porte, d’un revers de la main. Une fausse liberté, un faux couple immergé par une simple goutte d’eau.

J’ai envie de m’approcher du bord à nouveau, ressentir ce souffle, l’ivresse, le vertige. Plonger.

Rose anthracite

9 octobre 2016

Tout allait plutôt trés bien, c’était quelques minutes avant le faux drame, la dispute à 100 mètres du Paradis, comme une fracture de fatigue mais c’est mon cœur s’est fissuré.

Il y a eu la joie de se revoir, l’ivresse, Paris la nuit, les pas rapides, ce petit air vif assorti aux mots, la fuite, Pigalle toute seule, la peur, les retrouvailles, l’apaisement, les rires, la complicité, le sexe entre Zola et Cezanne, les projets et beaucoup de uber, tous ces moments parfaitement dosés qui font que malgré toutes nos différences, 7 mois plus tard, on continue à ne pas y croire, à savoir qu’il n’y a aucun avenir, juste des amoureux de l’éphémère qui se sont trouvés.

Le soleil illuminait son visage dans cette brasserie en face de la gare, je l’écoutais m’expliquer tout ce que je sais déjà. Il me dit sa crainte, de lui de moi, de ce Nous qui n’existe pas. Il me décrit ce qu’il ressent sans savoir que c’est de moi qu’il parle, je suis lui, je suis comme lui, personne ne pourra l’aimer et le comprendre mieux que moi. Ce qu’il aime, ce qu’il craint, je le vis aussi. Je le quitte sur un coup de tête, il me quitte sur une parole malheureuse, nous nous retrouvons sur des malentendus.

Il est tard, le tgv va rentrer en gare, j’ai ce goût de sauce aigre-douce à la bouche d’un week-end passé trop vite. J’ai cette sensation que c’était notre dernière fois comme depuis le début.

Ce soir je suis lasse de ces éternelles fins.

Comme un dimanche soir

2 octobre 2016

Instagram @alabama_duel

Il est 19h59, tu manges deux tranches de jambon, tu vas fumer la dernière clope que tu avais posée parce que tu savais que ton paquet serait vide et le tabac fermé, tu viens d’envoyer un message à un ami qui a la peau douce, sans attendre de réponse. C’est dimanche soir. Ce soir qui ressemble à un premier janvier aux bonnes résolutions veines.

C’est peut-être dans ces moments là où il nous reste une once d’envie d’être à nouveau deux, de se blottir contre l’autre sur le canapé pour regarder une série en savourant cette tisane et ce bout de chocolat déposé sur la table basse. On a tous ces petits rituels, des décalcomanies qu’on reproduit à quelques détails près. Avec moi c’était un bout de chocolat et une pipe peut être qu’avec lui ce sera une galette et une sodomie. Je ne veux pas savoir. Il vaut mieux ne pas savoir, il vaut mieux tout effacer, tout couper, se protéger. Pas pour se protéger de l’autre, juste de soi, de cette envie qu’on a de lui dire des horreurs, de le mitrailler de messages, de partir en pleine nuit pour planter comme un con devant sa porte.

Pour éviter tout ça, tout se ridicule qu’on réalise bien trop tard quand on rencontre le nouveau et qu’on passe enfin à autre chose.

Je ne sais pas vous mais moi le dimanche soir je suis comme tout le monde. Alors j’écris faute de pouvoir jouer à la kiné. Comprends qui sait.

Bonne nuit chéri.

© Marsatac 

Un soir tard, comme beaucoup d’entre nous, j’échange avec plus qu’un ami d’infortune des musiques, c’est la drague 2.0. Je clique sur la vidéo d’Odezenne, un groupe que je connaissais à peine. Apparaît en lettres phosphorescentes un JE VEUX TE BAISER… Un message qui a le mérite d’être clair. Intriguée par les paroles crues en total contraste avec un clip qui relate l’amour pur d’adolescents durant une soirée un peu folle, il fallait que j’en sache un peu plus. Je me retrouve donc au bar pro de Marsatac, vendredi dernier, j’ai le trac, je vais interviewer dans moins d’une heure ces trois trentenaires aux allures d’éternels adolescents pour le site Les Marseillaises.

Odezenne c’est 3 personnalités, 3 amis d’enfance qui en sont déjà à 4 albums, une douzaine de clips et de nombreuses heures sur scène où ils sont intenables. Je reviens de la Cartonnerie, transpirante, essoufflée. Ces mecs dégagent une énergie folle et au début j’étais stressée pour eux ils ont eu la lourde responsabilité d’ouvrir Marsatac. 
La meute des chiens et des loups était présente dés 21h30 tous crocs dehors pour recevoir Alix avec son mini Bob rouge, Jaco méconnaissable sans son bonnet, sans barbe, sans ses cheveux longs à la Serpico et enfin Mattia tout en finesse, tout trois totalement survoltés sur scène. Un concert attendu, un public qui connaissait leur répertoire, chantant en cœur « je veux ton cul, ton cul, ton cul… ». Mais Odezenne ce n’est pas que quelques titres provocateurs, sexuels et des rimes drôles, c’est aussi un univers très noir, engagé et parfois même désabusé qui peut parler du refus de la paternité comme dans « bouche à lèvres » qui passent des mots doux aux mots troubles dans « souffle le vent » ou « un corps à prendre ». Totalement conquise par ces garçons au charme rugueux, de vrais oxymores à la sensibilité à vif. Quand on sort d’un concert d’Odezenne, c’est comme après une bonne baise, avec du tendre, du dur et même un peu de hardcore, la fin comme une éjaculation de mots, de cris et de lumière. Merci les gars, c’était très bon.
Et mon interview bien moins intense que ce que j’ai vécu dans la fosse. J’ai fait l’impasse, j’avais qu’envie fumer une cigarette et m’endormir près de vous.

Eaux troubles 

16 septembre 2016

Instagram @paris_obsessions

Je le croise souvent le soir assez tard.

Il a ce sourire en coin des hommes qui sont habitués à être l’objet de toutes les attentions pas que féminines.

Il est peut être 22h il plante son regard noir dans le mien et avec un ton anodin balance un « j’ai envie baiser sans avoir envie d’attendre ! ».

Cette exclamation ne me concerne pas, nous le savons. Je dois faire partie de ces femmes à qui l’on parle comme à un copain de chambré.

Autour de moi, les liaisons n’ont plus rien de cohérent, les célibataires sont fidèles, les femmes mariées ont compris qu’il valait mieux avoir un coup d’avance et on trouve presque plus facilement l’Amour sur Tinder.

Ce soir je dîne chez des recomposés, plus frais qu’un jeune couple à qui tout souri. Je me rappelle ces périodes de doutes où je l’écoutais des heures entre désespoir et certitude, chaque jour la situation basculait d’un côté puis de l’autre. Les retrouvailles, les projections, l’envie si grande d’être ensemble juste pouvoir se balader dans la rue normalement, le lendemain, les pleurs sans véritable raison, juste un mot qui fait déborder toute cette frustration. Imaginer l’autre dans ses bras à lui, l’imaginer elle, libre entourée des autres. Un long métrage dans une seule journée.

En attendant je vis ma fausse idylle sans avenir comme si le futur nous appartenait.

Dimanche Arles.

Ce qu’il y a de bien quand on ne se voit jamais c’est qu’on a très envie de baiser.

Il paraît qu’il va pleuvoir, j’espère que la piscine de l’hôtel sera au moins photogénique.

 

Plaisir coupable

28 août 2016

Instagram @regards_coupables

Écrire pour ne pas commettre l’irréparable.

L’envie d’évacuer ce trop plein d’émotions, de sensations, jamais du bien-être, toujours quelque chose d’oppressant.

Il n’y a pas un bruit autour de moi, le vacarme de la solitude d’un dimanche soir à la fin de l’été, seule dans cet appartement fait pour la vie à plusieurs. Tout est rangé, les appareils ménagers vidés, les tabourets de la cuisine alignés, mon sac à l’entrée, les clés sur le comptoir, un peu de monnaie, rien ne traîne. Je suis une vieille fille qui ne l’a jamais été. L’écran noir de la télé me fait face, j’y vois mon reflet, ce petit visage fatigué d’un week-end remplit de rires, mes vêtements dans la panière sentent le tabac, mes cheveux sont encore humides, je fume la cigarette rescapée que j’avais laissée sur la cheminée vendredi en sachant que je la trouverais vers 20h30 pour la fumer avec toi. Inhaler et t’entendre me raconter tes projets aurait été plaisant durant cette minute, je n’aime pas fumer seule.

Je t’imagine tel que tu te décris dans ton dernier message, pédalant dans les rues parisiennes pour rentrer vite avant qu’il ne fasse trop sombre. Je passe mon temps à penser à ce que tu dois faire comme pour le vivre un peu près de toi. J’ai ces pensées coupables qui extrapolent. Mon ennuie a beaucoup trop d’imagination.

Je cherche des destinations, des hôtels faits pour nos ébats et nos débats, nos retrouvailles comme d’éternelles fiançailles. Rien de concret, pas de long terme, pas d’union, l’amour du début sans fin ni fond.
Tu tournes en rond dans mon cerveau et c’est tellement bon cette sensation. Je ne sais pas comment font ceux qui ne pensent jamais à l’autre qui ne réfléchissent pas sans cesse comment le retrouver et le surprendre.
Le plaisir est tellement plus fort quand il se lit dans les yeux de l’être tant désiré.

La douleur innocente de la frustration pour quelques minutes d’un plaisir coupable.

Je vis pleinement le manque. 

Indécente pudeur

25 août 2016

Photographe Cass Bird 

Il suffit parfois d’un espace aussi large qu’un fil pour passer de la pudeur à l’impudeur, de l’érotisme à la pornographie, d’un extrême à l’autre.

Je mesure 1m68, je pèse 55kg, je chausse du 38, je suis châtain, mes yeux sont noisettes… Je suis une française mélangée ordinaire, née à Marseille parce que ma mère d’origine bretonne n’a pas voulu accoucher sur l’île où est né mon père Corse. J’ai une Soeur plus jeune et une demie-sœur colombienne. J’ai été en couple 15 ans avec le père de mes enfants, un garçon de 15 ans et une fille de bientôt 12… Ce que je viens d’écrire est pour moi plus précieux que les 700 textes que j’ai écrit ici. Je suis une femme moyenne avec un goût prononcé pour la provocation, à la fois exhibitionniste et extrêmement pudique, paradoxale comme beaucoup d’entre nous.

Je suis en admiration depuis plusieurs jours devant cette photo que je trouve à la fois très belle et dérangeante. Ce corps fin limite androgyne qui tient du bout des doigts un symbole à la fois concret et abstrait de la féminité, de l’intime. Il y a sans doute plusieurs messages, interprétations ou juste une simple provocation de l’artiste.

Il fallait que je partage avec vous cette image, j’y ai trouvé le symbol de ce que je ressens quand j’écris. Les mots me permettent de me livrer tout en gardant pour moi la vérité. Je navigue entre pudeur et impudeur, entre réalité et fiction ou l’inverse.

Seul le plaisir compte et j’espère le vôtre.


Les messages en pleine nuit, cela pourrait nous réjouir le matin au réveil. Cela pourrait. La preuve que les vacances sont bel et bien terminées, on dort profondément quand l’écran de notre téléphone s’allume. 

Des reliquats d’un temps où on les attendait ces invitations nocturnes, le plaisir de l’instant se concrétisait entre 2 et 3 heures du matin, le 5 à 7 des célibataires. Une pulsion entendue entre personnes bien sous tout rapports, quasi inoffensives presque insoupçonnables. 

C’était il y a un an et quelques jours, il a débarqué, fidèle à son apparence trompeuse, le sourire carnassier, la tenue et le bronzage parfaits. Trop beau pour être vrai. Une sorte de mirage en plein désert affectif, deux solitudes après des vacances post rupture. Nous nous sommes assis au pied du lit sur des coussins devenus rochers polis par les vagues. Plus aucune notion du temps, pas un bruit, juste nos chuchotements sans véritable raison, la situation interdite qui ne trompe personne. Nous savions tous les deux pourquoi il était là, on faisait juste durer la conversation comme on monte l’escalier pour prolonger le désir. Quand il s’est assis en face de moi dans la baignoire, il était un autre, plus grand, encore plus beau. Baiser comme deux amis, un jeu de rôle.

Il est reparti avant que le jour ne se lève. C’est une version, il y en a eu d’autres.

Instagram @alabama_duel

Je sors tard pour le principe, nous sommes toujours en août, il fait 26 degrés à 2h du mat.

Cette fin d’été ressemble à celle que je vivais encore adolescente. Profiter des derniers jours de liberté totale en Corse, au village, rester des heures sur la plage à chercher quoi faire pour rendre les vacances inoubliables, c’est à ce moment précis que tout peut basculer du côté de la connerie, au mieux.

Chaque année le rituel est le même, mes amis sont toujours en congés, je me nourris quand quelqu’un m’accompagne, j’en deviens pathétique à finir par dîner avec un couple d’amoureux entre un yucca et un vilain tableau mexicain qui ne pensent qu’à une seule chose, rentrer baiser en paix. Je me retrouve à chercher quelques connaissances pour accompagner mon Get perier comme une toxicomane, sa dose avant de ne surtout pas rentrer.
Je parle à tous, je n’écoute personne, je veux de la compagnie, le drame de ceux qui détestent la solitude. Je suis sur le chemin du retour, rien ne s’opposait à ma nuit mais Joséphine n’a pas osé. Elle est rentrée, ses cheveux encore plein de sel, son panier de plage sous le bras, la tête de la fille qui dort peu même pas par obligation. L’insomnie se vit seule.

Cet été est passé trop vite, tout passe trop vite sauf entre 5h et 7h quand tu dois te lever à 8, là ce vit l’éternité à regarder une moulure et sa suspension.

J’aurais mieux fait de suivre ceux qui n’ont pas encore ces soucis, ceux qui ne se couchent qu’au petit matin dans une odeur de tabac froid et la bouche encore imbibée de gin, ceux qui se réveillent au milieu de l’après-midi sans se souvenir du prénom de qui a mordu l’oreiller. 

J’ai 27 ans et j’ai presqu’envie qu’il pleuve pour être blottie contre toi sous une couette épaisse au milieu d’un Paris gris qui grouille.

L’été n’est finalement pas la saison des amoureux.

Vivement novembre.

Photographe Alina Senchuk

Je suis au bord de la piscine comme au bord d’un âge que je n’ose même pas écrire. Prête à plonger sans véritable peur, un peu d’insouciance face à l’inconnu ordinaire d’un anniversaire. Ma peau me trahit quand on la regarde de trop près, l’hydratation ne suffit plus, j’ai donc à mon bras le plus efficace des anti-âge, ça compense l’inefficacité des crèmes hors de prix.

Faire diversion est ma nouvelle devise seulement pour me convaincre que je suis encore jeune. Il venait d’avoir 27 ans et je mets moi aussi de l’or dans mes cheveux.

Hier soir, un peu trop tôt pour rentrer, assises en tailleur autour d’une bonne bouteille de vin, je demandais à mes amies si elles préféraient avoir des regrets ou des remords. On concluait la discussion en réalisant qu’on avait pas mal de regrets plus faciles à assumer que certains remords. Tout n’est qu’une question de discernement, on s’évite le pire en ne pas goûtant pas au meilleur. Le dangereux est toujours plus attirant, on le laisse aux hommes.

Ce soir, mon envie de l’entendre sonne dans le vide, il est loin, je me demande ce qu’il fait, la distance entre nous devient pesante, pire que le poid des années.

Il est temps de dormir, ça me fera déjà un peu moins de plis au réveil.

Un placebo, rien de nouveau sous le soleil.

Marseille, Soleils Noirs

2 février 2016

 

 
 Artiste Peintre Benjamin Chasselon 



Je prends le métro depuis quelques jours, une habitude que je n’avais plus depuis la fac.

Ce matin, je reçois mes alertes comme d’habitude, quelques morts assez loin pour ne pas vraiment sourciller, une mère de famille infanticide et suicidaire déjà je commence à blémir, un ado poignardé, un incendie, la matinée commence mal dans ce putain de monde. Les drames sont ici mais aussi ailleurs.

Je sors la tête de mon téléphone, et je regarde les gens autour de moi, beaucoup de jeunes, il est 7h45 c’est un trajet populaire, je pense aux peintures de Benjamin Chasselon, ce mélange, cette mixité, cette fureur de vivre. De longues chevelures, des yeux noirs parfois verts translucides sur une peau légèrement hâlée, des corps fins et musclés que l’on devine sous leurs jeans moulants, ils sont pour la plupart remarquable, 20 ans et la beauté du diable comme on dit ici, ils rient, se chamaillent. Un peu plus loin, d’autres un peu plus âgés, plus clairs de peau écouteurs sur les oreilles, les sacs à dos Chabrand, Eastpak collés aux Vanessa Bruno et quelques Dreyfuss. C’est ma ville, c’est notre jeunesse, flamboyante de bon matin, mélangée, métissée, vive et enjouée. Je me sens bien, ni en danger, ni en sécurité, je suis habituée à la ville au milieu de la nuit de l’Opéra aux rooftops, que ce soit rue paradis ou dans une cité, je sais que ça peut déraper, je connais ses qualités et ses faiblesses, alors quand je regarde la première page de Libé, je souris, je ne suis pas surprise. Notre ville a un cancer et son seul espoir c’est ce sang frais, les enfants de nos 111 quartiers de Belsunce, Montredon … Périer à Mourepiane.

Il y a de l’espoir dans notre jeunesse, comme un bébé qui n’est pas né au bon endroit où avec un handicap, elle est forte, elle compense, elle surmonte. Ce mélange doit nous hisser vers le haut.
C’est notre jeunesse solaire.

Nos soleils noirs.

Orange Mécanique – Stanley Kubrick

A l’attention de Tout le plaisir est pour moi

Photographe Ellen Von Unwerth

Il est arrivé à 23h26, le bloggueur pas que « parisien ».

Souriant et de noir vêtu, fidèle à la représentation enrichie par quelques mois d’échanges. A des années lumières d’une rencontre à l’aveugle, d’un tête-à-tête fantasmé, ou de jeux dangereux déconseillés aux âmes sensibles… Une rencontre simple, sans stresse, sans jugement. Nous avions annoncé notre intention de passer un début de soirée meurtrier en attendant son arrivée, quelques verres de rosé plus tard, nous voici au bout du quai, hilares. Je crois qu’il a confirmé son impression, la première seconde fatale, sur l’état d’avancement de notre alcoolémie à la vue des mms envoyés durant les 3 heures de son trajet. Cet homme est courageux, nous aurions pu finir en cellule de dégrisement à chaque virage ou mieux, les 4 fers en l’air, même pas pour baiser, un comble. Une bande de fous. Tous parents de jeunes enfants, c’est lamentable vraiment.

Il savait qu’il passerait un début de nuit sur la terrasse d’un bar bruyant, entouré d’une bande représentative de presque toutes les couleurs de cheveux possibles. Je crois qu’il n’a pas été déçu. J’étais la châtain.

Nous l’avons raccompagné à son hôtel , à 2h32, sain et fatigué.

Le lendemain midi, un wok poulpe déjeune en face d’une salad’protéinée, entourés de jolies boutiques et d’une faune bigarrée.

Il fait beau durant cette petite pause entre deux vies de famille et affinités. Quand je le regarde, c’est mon quotidien que j’écoute. Tout ça mérite une chanson pour ton dangereux périple.

 

(humeur du jour)#4

7 mai 2010

Photographe Lina Scheynius

Sébastien Schuller – Weeping Willow

Sébastien Schuller – Duel au Soleil

Sex@mour

6 mai 2010

Hier soir, tranquillement installée sous la couette, j’entendais au loin le Vieux-Port prendre feu, imperturbable je sirotais une tisane en surfant sur mes blogs et sites préférés, je suis tombée pas vraiment par hasard sur cette interview de Jean-Claude Kaufmann titillé par l’excellente Pascale Clark, j’étais une inconditionnelle de son émission sur Canal + « En aparté ». Alors, une fois n’est pas coutume, j’ai envie de discuter avec vous sur ce sujet en off  ou ici peu importe, et aussi en profiter pour faire connaissance avec ceux qui me lisent en silence habituellement. J’irai acheter son livre ce week-end et pas seulement parcequ’il cite plusieurs fois le meilleur d’entre nous et bien trop rare sur son blog, l’inimitable  Divin Connard

 

 

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