Quand les murs parlent

18 août 2017

Silgaggia Castello Brando

Hier les familles faisaient 10 enfants dans l'espoir qu'il en reste quelqu'uns à leur majorité, aujourd'hui on en aime un ou deux comme s'ils étaient 10.
Hier les familles cultivaient sur des planches, et quand un des leurs était sans rien, la solidarité remplissait le seuil de la porte de fruits et légumes faute d'argent, aujourd'hui les membres d'une même famille se méprisent parfois pour quelques ronces.
Hier un plat de petits pois avec des œufs était la récompense ultime après avoir ramassé en plein soleil des oignons, aujourd'hui les enfants mangent des glaces à longueur de journée.
Hier il n'y avait qu'une seule télévision dans la commune, qu'un seul téléphone par village, aujourd'hui il y a plus d'iPhone que d'habitants, plus de voitures que de maisons.

Je n'ai pas connu cet hier, cela fait une semaine que je vis dans cette maison qui ne sera bientôt plus à nous. Nous vivons sans réseau entre ces magnifiques murs en pierres épais, recouverts parce qu'à un moment on a voulu faire croire qu'on avait réussi.

J'écoute mes tantes me raconter leurs souvenirs sur la place du village. Entre cet hier trop rustre et cet aujourd'hui trop tout, il y a eu ce temps de l'insouciance que nous avons tous connu un jour qui lui existera toujours.

J'ai ce pincement au cœur du départ qui approche, la moindre pierre me fait penser aux jours heureux. Je ferme les yeux, je les ramène par ma pensée au moment présent pour les revivre encore un peu.

Je respire l'odeur de mes immortels, demain il sera trop tard.

Avant qu’il ne se sauve

16 juillet 2017


J’observe ce couple à côté de moi dans le train. La belle soixantaine, ils se parlent doucement comme deux adolescents, élégants encore très beaux, parfaitement assortis comme ces amoureux devenus quasi frère et soeur.

Cela va faire plus de 8 mois que chaque week-end qui passe j’ai cette angoisse que l’on a quand tout se passe parfaitement et qu’on sait que le pire peut ressurgir. Monter les étages, les paliers d’une liaison, pas trop vite pour ne pas s’essouffler mais intensément par crainte de chuter. Il vient de m’embrasser sur le quai, je le retrouve dans 5 jours, je ne peux m’empêcher d’être triste comme si la séparation allait être très longue. L’angoisse stupide des gens qui ont tout, un vieux relent enfoui, ce traumatisme que certains ont vécu enfant. Un lieu, une effluve, une discussion, un visage… Ces détails qui font ressurgir brutalement les démons du passé.

Je me souviens de ces week-ends où mes parents venaient nous voir discrètement, notre mère arrivait un jour avant, notre père à l’improviste jamais annoncé, une fois barbu, l’autre avec des lunettes de vue. Il y avait toujours ces quelques secondes où j’avais un doute, c’est qui ? Puis il nous souriait et nos doutes s’envolaient. La veille de leur départ, je parfumais de Shalimar mon peluche. Et déjà la porte rouge foncée de l’ascenseur se refermait. Je ne pleurais pas.

Ce soir, je ressens cette angoisse muette en regardant le paysage défilé.

Je déteste les départs.

Amours Rouges 

28 juin 2017

Instagram @alabama_duel
Deux nuits sans dormir, des kilomètres parcourus entre trois immenses dômes de son, passer d’une salle à l’autre à la recherche du Graal ecrit en capitale. Du sang dégouline sur les murs, la foule compacte et ce petit groupe au centre sous des pics lumineux comme une hutte. Je te cherche du regard, je ne te connais pas encore, on s’est peut être croisé plusieurs fois sans se voir. J’ai senti une odeur familière, un mélange mûre et musc, j’ai vu des boucles brunes s’agiter au rythme de Dance or Die, la foule t’a englouti. Je n’ai plus aucune notion de l’heure, du jour, la musique rebondie partout, transperce nos corps, hé Baby’on fire !? Die Antwoord électrise la jeunesse bronzée de ce début d’été, tout est moins suranné mais beaucoup plus gai. Le futur est là, les trois vaisseaux encerclent des milliers de marseillais, un tourbillon infernal les entraîne du connu à l’inconnu, des premiers aux petites dernières, de la FF aux Nova Twins. L’agitation autour et je te retrouve enfin, derrière ce M rouge, on se réfugie, en fond sonore les histoires de fureur et d’amour de Who Made Who. Nos cœurs battent fort, danser, courir, s’embrasser, s’aimer… Ma tête sur ton épaule, je cherche du réconfort. Je veux mourir dans tes bras under the cherry moon…
« Love is an explosion,
L’amour est une explosion,
Love is the fire of the world
L’amour est le feu du monde »
Inside World sera notre hymme…
Mars je t’aime.

Amore 

23 juin 2017


Culotte HenrietteH

Il y a 500 mètres sous nos cœurs, nous marchons sur un fil, à chaque pas nous pourrions nous écraser au sol.
Notre état vacille entre ivresse de l’altitude et peur de la chute, nous savourons les minutes passées dans cet état euphorisant des débuts, dans quelques heures il sera là. Il faudrait ne jamais redescendre, vivre éternellement dans cette incertitude presque rassurante, immortelle. Tant que nous savons que nous pouvons tomber, nous sommes toujours vivants, amoureux, heureux. Il est étrange cet amour, j’ai cette impression qu’il est unique, pourtant nourrit de tous les autres, de toutes nos erreurs, nos bonheurs, il est plein de larmes et de stupre, de beau et de laid. Il est fort au cœur tendre, c’est un amour expérimenté, deux cœurs qui battent sur la même mesure, qui veulent se faire du bien et se mordent en jouissant si fort.
Je l’aime cet Amour.

Rêve général…

17 juin 2017

http://hotelparadisparis.com/fr/

Jeudi 9h, demain je le rejoins, 772 kilomètres, 3h30, une seule seconde et je serai contre ce corps tant de fois imaginé. À quelques heures de la déception dans 80% des cas, c’est pas moi qui le dit c’est une étude INED pour le Monde. L’idée est là, elle se promène dans ma tête. En attendant j’essaie de ne pas trop y penser pour que le temps passe plus vite. Au pire on passera un banal bon moment…

Il est déjà 17 h, le tgv démarre dans quelques minutes, des amoureux s’embrassent sur le quai, des enfants tirent la langue derrière les vitres et je n’ose pas regarder le visage de l’homme qui vient de s’asseoir en face de moi. Je bois une gorgée d’eau pour me donner une contenance. Cela fait un mois que je ne fume plus, je pense aux plaisirs minuscules de Delerm. Je me demande si sa peau est douce, le reste je le sais, même si on ne reçoit jamais assez de MMS…

Il y a 3 semaines, une nuit j’avais repéré son profil sur instagram, comme on se retourne brutalement dans la rue en croisant une silhouette remarquable. Grand, mince, une gueule d’acteur, un regard caché derrière de belles lunettes, des amis en commun, des photos de bon goût, quelques selfies subtils, j’étais déjà intriguée et l’envie d’en savoir plus a eu raison de ma réserve sociale féminine habituelle. 7h du mat j’envoie une demande d’abonnement qui donne accès à la messagerie privée « On n’était pas en fac ensemble ? » « Il paraît que oui d’après une amie mais je ne me souviens pas de toi… » la conversation pouvait commencer pour le plaisir de la découverte. L’espoir des prémices, cette phase intense ou l’on peut passer une journée entière à se dire des banalités et laisser tout tomber autour, oublier de bosser, de déjeuner… Il n’existait pas au quotidien mais je ne voyais que lui. Mes journées étaient rythmées de mots, de photos, pas le temps de souffler, je savais trop l’éphémère de la situation, il savait trop la rareté de ces moments. Quand deux inconnus ressentent l’évidence.

Le TGV rentre en gare et j’ai un trac de bachelière, je sais que ce soir je vais le croiser à cette soirée où tout le monde veut être invité. Elle est déguisée alors nous sommes désinhibés avant les hostilités alcoolisées. Nos bouches n’ont pas attendu d’entendre le son de nos voix qu’on s’était réservé pour cette première fois. Le baiser fût long, je n’ai plus aucun souvenir de cette soirée, du trajet. Téléportés dans ce hall d’hôtel, les tapisseries se succèdent, différentes à chaque étage, des oiseaux, son tee shirt au sol, des nuages, ma jupe remontée sur mes hanches, des fleurs, son torse nu contre mes seins. Sans vêtements ni pudeur, la porte de la chambre 601 se referme derrière nous… Bienvenue au Paradis des amoureux d’une nuit ou d’une vie.

L’éphémère dure maintenant depuis plusieurs mois… Ce fût un plan Kulte plein d’avenir.

Femme interdite

7 juin 2017

Elle n’est pas pour toi… Cette rengaine comme un grésillement.
Un simple regard, deux mains qui se frôlent, un parfum iodé, quelques mèches blondes, un sourire qui en dit long, il en a fallu de peu et c’était une tragédie. Un bon vieux Flaubert ou du Shakespeare, la liaison qui te plonge la tête bien profond au fond du bain. 
On a le don pour se retrouver là où il ne faut pas, aller droit dans le mur, se faire prendre bien fort le coeur sans beurre. Ça n’a pas commencé et ça fait déjà mal, croiser l’envie et elle contamine, cette petite salope. Elle est tout ce qui rend dingue juste parce qu’on ne peut pas l’avoir, parce qu’elle ne court pas après, regarde à peine mais juste comme il faut pleine de vice vers ça, vers un corps, une odeur, un souffle, un sexe chaud et humide. Elle est prétentieuse, compliquée, presque hautaine et on adore ça. Bis repetita placent.
Elle est un démon dans un corps parfait, sculpté, affûté, qui ne laisse aucun survivants ni le cerveau ni la chair, tout y passe. L’envie c’est toi, c’est moi. C’est nous qui la nourrissons. Il suffit de fermer les yeux.
Et c’est pire. Elle nous bouffe.

Palpitant

5 mai 2017


Photographe Cass Bird

L’Amour comme au cinéma, l’Amour devant les caméras. Le temps est venu, ou c’est si triste d’être des inconnus. Fini d’être intimidée même dans le péché. On vit une télé réalité, une vie instagramée.

Les draps sont encore chauds d’une autre peau et déjà on ne fait plus parti d’un fil d’actualité.
Je t’aime, je t’aime, je t’aime, je t’ai liké.
Conséquence ou vérité ?

Oh mon amour, tu n’es plus la vague ni l’irrésolu. Tu es filtré et déjà nu. Je rêve d’une vie sans onde, d’un amour primaire. Fais moi taire.

Etre heureux. Seuls au monde, sans phare et mon sourire de Joconde. Quelques pistaches, deux 51 et tout va bien.

L’Amour physique a une issue, viens on part loin sans retenue. Je ne sais pas si tu vois ces étoiles, une vie loin de la toile. J’ai le cœur palpitant, le souffle mis à nu.

Je ne préfère plus rien qu’un couple d’apparence. Raconte moi ce que tu penses. On a des absences. Tu me panses et je te pense.

Rentrons en amourance, jamais d’amour rance.

photographe http://instagram.com/edouardpaturel

Peu importe le degrés d’attention de l’autre, si on ne l’aime pas il y en aura toujours trop et si on l’aime il n’y en aura jamais assez.

L’amour est sans fond ni limite, il reproche, étouffe, s’épuise seul.

Tu ne me regardes plus, je voudrais être éternellement celle pour qui tu te retournes, celle qui illumine ton regard, celle qui te fait bafouer et rougir.

J’ai été cette femme qui attend 5 heures pour le voir 5 minutes, j’ai été son ennemie aussi qui l’a au quotidien qui ne rêve que d’être celle qu’on cache. J’ai été la femme, j’ai été la maîtresse, j’ai été l’infidèle. La richesse des sentiments des plus bas aux plus précieux.

Tout me paraît si fade aujourd’hui comparé à ces amours impossibles, interdits, dangereux. La banalité ne me sied. Alors je cherche la faille, la vivacité d’un élan amoureux. En retour je n’ai que retenue, mesure… et même silence.

Mon Amour même fort a horreur du vide.

http://instagram.com/charleenweiss

Le désir se nourrit de la frustration…
Ma vie est devenue une mauvaise comédie romantique.
Je n’écris plus, on me dit que j’ai l’air heureuse.
J’étais une célibataire toujours accompagnée, je suis maintenant bien plus souvent seule ce qui est paradoxale.
La monogamie, la fidélité, la stabilité demandent des concessions notamment celle d’attendre les moments où deux plannings trouvent une pause.

Alors je passe mon temps à avoir envie de lui, à imaginer ce que l’on va pouvoir faire, à me souvenir des dernières heures passées ensemble, à regretter celles qui passent trop vites, une série de moments sans lui pleine de son odeur.
Il y a juste cette incapacité totale à vivre l’instant présent même heureux, même intense, j’ai cette fâcheuse manie à vivre dans le passé et même dans l’avenir. On me parle, je suis ailleurs, avec lui. Et quand il est là, je disparais comme engloutie pour mieux me souvenir plus tard. J’aime nourrir mon être de ces moments comme s’ils étaient les derniers, comme si j’allais le quitter. Je suis une ogresse, je suis barbe bleue, je suis dans l’excès.

J’ai ce refrain dans la tête, je vous épargne Indochine.
Mon cœur est en guimauve, je n’ai vraiment aucune empathie pour ce que je deviens. Ne t’en fais pas, ça ne durera pas.
En attendant je relis La prospérité du vice.

« Quand j’avais 15 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de mes petits copains, plus préoccupés par leur KTM que par mes petites fesses.
Quand j’avais 20 ans, il m’arrivait de me plaindre de la jalousie de mon premier amoureux qui m’empêchait de porter des tenues sexy et qui m’a remplacée par une fille qui l’était bien plus.
Quand j’avais 25 ans, il m’arrivait de me demander si un jour j’allais enfin rencontrer un homme stable alors que je passais mon temps à minauder devant serveur, chanteur… et autres DJ à la petite notoriété locale.
Quand j’avais 30 ans il m’arrivait de me plaindre du manque d’engagement de celui que j’avais désigné comme l’homme de ma vie, le père de mes futurs enfants, mon nouveau père… Qui passait son temps à me couvrir de cadeaux, de voyages. Mais moi je ne voulais qu’une seule chose ou plutôt plusieurs qui crient, qui pleurent, qui mangent et qui chient.
Quand j’avais 35 ans, il m’arrivait de me plaindre du manque d’attention de ce même homme tous les soirs présent depuis plus de 10 ans. »

Quand j’ai eu 40 ans, il m’arrivait de penser à ces 25 années de vie amoureuse, familiale pleine et intense et j’avais cette sensation bizarre que le meilleur était passé, alors que je n’avais fait que râler.
En 2012, je suis partie de chez moi et un nouveau chapitre s’est ouvert… Depuis vous suivez mes aventures, mes projets, mes amours, mes désamours, la vie de mon double Alabama… Je vais bientôt avoir 47 ans, je n’écris plus en ce moment , j’ai peur de n’avoir plus aucune raison de me plaindre.
C’est peut-être ça être bien, vivre pour soi sans attendre que le Bonheur, l’Amour viennent des autres, de l’autre… Juste avoir envie de partager ses bons moments avec eux, avec vous, avec Lui.

La solitude des gens trop entourés.

Il est 18:08 nous sommes le 1er janvier, j’ai passé ces derniers jours à manger, boire et rire. Je me retrouve seule, plus personne ne partage ces moments de solitude avec moi la plupart du temps. Le faux célibat a beaucoup d’avantages mais quelques inconvénients, on ne peut rien promettre ni projeter avec l’autre, rien n’est prévisible, rien n’est acquis, tout se joue dans l’instant.

Je ne sais plus ce que je veux vraiment, je serais mariée, en couple je voudrais sans doute ce que j’ai maintenant. L’alternative existe-t-elle ? Se contenter de ce qu’on a, envoyer un message sans attendre de réponse, juste ce plaisir égoïste de penser à quelqu’un, de combler ce vide qui est en nous… Toi, Moi, Tous, sans exception, avoir toujours envie d’une autre nuance, celle qu’on a déjà vécue ou celle que l’on fantasme.

J’ai un plaisir simple dans ma tête mais mille mauvaises pensées se battent ces soirs où je doute de tout.

Partir quelques jours, une ville, une île, un village, peu m’importe, juste des visages inconnus autour.

« Il a fallu que je connaisse 

Ce que la vie a de meilleur, 

Quand deux corps jouent de leur bonheur 

Et sans fin s’unissent et renaissent. »

La possibilité d’une île M. Houellebecq

Correspondance imaginaire…

20 décembre 2016

« Me voilà terré depuis des semaines dans cette forêt enchantée. L’épaisse ramure des arbres empêche la lumière d’y pénétrer. À terre, des milliers de limaces trainent lourdement leurs masses informes autour de mes pieds. Alors que le temps s’envole, je fais du surplace. Ironie du sort, leur bile vient pommader la crevasse des mes artères. Mon regard se plonge dans la cécité d’un passé encore intime. Mémoire de ces éclats comme de ces calvaires. 
Les nouvelles se font rare tandis que mon deuil fait le mort. Mais sa légende elle, continuer de se raconter. Plus vulnérable peut-être, mais toujours aussi glamour et mystérieuse. Et puis un matin, c’est le tonnerre gronde au réveil. Elle a rencontré un autre homme. Il aurait son âge et une situation… Autant de détails insignifiants qui en fin de compte pourraient se montrer rassurants. Étrangement, je n’y crois pas un mot. 
Un éclair de lucidité s’empare de moi, pour en avoir le cœur net, je décide de foutre le camp de ce merdier. Il est 22h passée, nous sommes à l’aube de la trêve hivernale. Je guète la fenêtre de sa chambre depuis le trottoir d’en face. Cette nuit là, elle a laissé les rideaux grands ouverts. J’aperçois alors la silhouette virile de son nouvel amant. Sa plastique rappelle celles des statues grecques antiques. La beauté d’un dieu et tout aussi jeune que moi.
L’éphèbe est nu comme un ver, toutefois coiffé d’un masque vénitien. Un oreiller est soigneusement disposé au sol, sur lequel les genoux de l’Aphrodite viennent se planter. La distance est trop importante pour voir en détail, mais l’expression de son visage laisse deviner qu’un sexe vigoureux est profondément enfoui dans sa gorge. 
Tandis qu’elle vit d’un autre que moi, un goût d’acier se dépose sur ma langue. Ce spectacle manigancé et pervers me fait prendre conscience qu’auprès d’elle, j’avais cessé de me questionner. Mon être atteignait des sommets de plénitude. J’ai perdu la gâchette, mais à l’heure qu’il est, j’ai peine à voir que mon soleil s’éteint au fur et à mesure de ces mots qui s’écoulent. Pourtant, je m’obstine à croire que notre romance irrationnelle est destinée sans même qu’elle ne s’écroule. » K 

Entre deux 

12 décembre 2016

Le doute s’installe entre deux moments de certitude, d’un côté je sais qu’il n’est pas fait pour moi, trop tout, de l’autre mon regard est ailleurs et c’est déjà suffisant pour réaliser qu’il était temps de lui dire.

Être entre deux moments, hommes, envies… Être dans cet état incertain, jouer au poker, prendre un risque, lâcher prise sans avoir de point d’assurage. Je peux tout perdre, finir dans le vide et j’aime presque cette sensation de vertige. Je suis curieuse et j’ai peur. Arracher un coeur tout en douceur, caresser l’autre violemment.

Ce début de semaine est d’un calme plat après un week-end sur des montagnes russes. Alors je vous écris des instantanés de vie pour me souvenir plus tard.

La vérité comme la réalité sont ailleurs. Ici ce ne sont que des autoportraits de ressentis.

Quitte moi

11 décembre 2016

@nightydrunkgirls

Je pourrais vous écrire que tout va bien puisque les apparences le prouvent. Je n’ai pas les moyens de me plaindre, il n’y a rien de grave dans ma vie en ce moment. Peut-être quelques futiles contrariétés dues à un ego surdimensionné, pas de quoi écrire un roman.

Et pourtant.

Le sourire n’est que de circonstance, les rires des leurres, il y a quelque chose qui tambourine dans mon cerveau, cette conversation que je dois avoir, cette décision que je dois prendre. Je n’y arrive pas, j’ai peur que ce soit pire après, j’ai peur de le regretter, je suis lâche. Alors je fais ce qu’il y a de détestable, je laisse pourrir la situation, en espérant que l’autre fasse le sale boulot.

La petite robe rouge 

8 novembre 2016

Je portais une robe rouge ce jour là, sans elle peut-être que tu ne m’aurais jamais remarquée.

Sa couleur, symbole de cette liaison passionnelle. Du désir, cette robe est devenue la représentation du dégoût. Celui que l’on ressent une fois qu’il n’y a plus d’amour.
Cette sensation étrange d’être critiquée pour les mêmes raisons pour lesquelles on a été aimée.

Ton mec qui bavait sur ton décolleté en t’attendant des heures en bas de chez ta mère qui trouve tes retards intolérables quand on s’habille si peu.

Ton amie qui était hilare en t’écoutant raconter tes dernières frasques sexuelles qui est offusquée parce que tu es rentrée à 11h du mat.

Tes enfants qui ne te laissaient pas respirer qui prennent la maison pour un hôtel.

Il y a ce sourire bienveillant qui accompagne parfois la critique et ce regard fuyant des gens qui disent des gentillesses. Entre les deux, mon coeur ne balance pas, à choisir je préfère une vérité qui fâche que l’hypocrisie. Il n’y a pas de demi-mesure, par ici, pas de vaseline, ça fera mal. Il paraît qu’il y en a qui aime ça.

Chacun ses goûts, alors évitons de baver sur ceux des autres. La journée est longue quand on se pose trop de questions, encore la preuve qu’on ne change pas avec l’expérience. On encaisse juste un peu mieux,

les coups bas.

Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

L’homme pansement 

30 octobre 2016

Vers 5h du matin, il ne reste plus que quelques trentenaires au comptoir qui vont rentrer sur la pointe des pieds, des filles avec les yeux dans le vide. Mes amis sont assis sur un canapé au fond du club, la lumière rouge leur donne presque bonne mine. J’ai du mal à me faufiler à travers la masse grouillante des danseurs. Mon Perier a fini sur mes collants, j’ai envie de rentrer, j’ai juste assez de lucidité pour commander un uber, je vais repartir seule. Je n’ai pas réussi à boire assez pour me laisser aller à la facilité, à mettre ma langue dans une bouche trop jeune mais juste assez inexpérimentée pour être excitante . Un seul mot à dire pourtant, un oui pour finir avec ce beau brun.

Il y a le désir qui se nourrit d’échanges et de promesses, il y a l’excitation de la rencontre, un poignet que l’on attrape, un corps que l’on serre cheveux au vent, le danger était de le suivre. Improvisons. Tout cela finit souvent de la même façon, par une décharge de pulsions, et tant pis s’il faut vite oublier pour ne pas trop culpabiliser. 

Se prouver que l’on plait toujours même si c’est à un autre, que tout est possible. C’est souvent le seul rémède.

J’ai mis un beau pansement sur ma plaie. Je suis presque guérie. Ça c’était vendredi.

Samedi, j’ai dansé avec mon ennemi évidemment il est blond.

crossfitepsilon.com

17h.

Il y a cette ambiance pleine de testostérone quand on rentre, les mûrs sont blancs partout des barres, des poids, des anneaux, des liens, passée la première appréhension de la fille qui ne se sent pas à sa place, il y a finalement bien plus de muscles que de douces effluves ici, la féminité n’est qu’une option, pour 9€ j’ai presque des couilles pendant une heure.

Il y a très peu de charge sur ma barre alors au début je me surprends à mater en biais ces corps athlétiques, ces épaules parfaites et même le cul de la prof mais à la fin de l’échauffement déjà, j’étais aveugle et sourde, il ne restait de moi qu’un cœur qui battait trop fort, plus rien n’avait plus d’importance que reprendre mon souffle. Le superbe brun à ma droite était devenu transparent, je n’entendais que des hurlements et des barres retombées sur le sol.

Pourtant au début je n’avais qu’une envie, communiquer en cherchant du regard le moindre sourire, m’intégrer, prête à rire de leur trait d’humour, cette complicité sportive virile caractéristique ponctuant chaque nouvel exercice. Ces mecs sont encore plein de vie et je suis sans doute déjà morte au 5ème box jump.

Je finis ou plutôt je bâcle la fin de la séance, le visage écarlate, je ne ressemble plus à grand chose avec l’espoir de me rattraper sur la plage dans 9 mois. En attendant je sais que demain j’aurai du mal à marcher, je me demande dans quel état va être la fille qui était en face de moi, elle a vraiment bossé elle.

18h30, Je suis hors de tout, réel, virtuel, je pense plus à rien, enfin.

Il est temps de retrouver le sourire, le reste devrait revenir avec.

Les Volutes du manque

23 octobre 2016

The NightyDrunkLovers 

Mes journées et mes nuits sont des enchaînements de vies, je m’épuise sans arriver au but, ne plus penser. Cela va faire une semaine que je regarde deux phrases anodines sans savoir quel sens leur donner. Pourquoi répondre â quelqu’un qui n’attend plus de réponse. Le manque est là, il remplit mes pensées, je tourne ces 7 derniers mois dans tous les sens, en me convaincant que je fais le bon choix, celui de la distance, du silence pansement. Je baigne dans un état qui oscille entre euphorie et pessimisme en fond sonore cette fausse histoire que j’ai aimé vivre sans y croire. Je redoute la suite, ma cigarette se consume sur le bord de la fenêtre, il pleut dehors, j’ai froid, je repense à toute cette complicité partie en fumée comme si tous ces moments n’étaient que le fruit de nos imaginations un peu folles. Je suis jalouse de celles qui vont les vivre à ma place, de son désir ravivé par l’éphémère possibilité de la nouveauté.
Je me noie dans ma sueur au milieu d’une foule jeune et moite, danser à en perdre la raison, rire à en oublier l’heure, la date, le lieu où nous étions ensemble partout dans cette putain de ville qui me fait penser à lui à chaque coin de rue.
Partir quelques jours serait peut être un meilleur placebo.

10:34

13 octobre 2016

Instagram @jasonleeparry

Je ne sais pas trop par quoi commencer, il y a beaucoup à dire sur ces derniers jours. Mes mondes parallèles vont trop vite, la réalité, la famille, les amis, le travail d’un côté, la virtualité, les échanges, les rencontres, la curiosité de l’autre. Et au milieu, il y avait un lien, une complicité, un désir, un plaisir. Il n’y a plus rien depuis quelques jours.

Quand il n’y a pas de couple, il n’y a pas de rupture.

Il y a ce silence, léger au début puis au fil des jours de plus en plus lourd presque bruyant. Je me sens vide, j’ai envie d’en parler mais je n’arrive pas à expliquer, j’ai envie de pleurer mais les larmes noient mon cerveau. Je me sentais lasse de cette distance, après l’âge, les kilomètres n’ont pas arrangé les choses.

À croire que la flamme s’est éteinte d’un simple claquement de porte, d’un revers de la main. Une fausse liberté, un faux couple immergé par une simple goutte d’eau.

J’ai envie de m’approcher du bord à nouveau, ressentir ce souffle, l’ivresse, le vertige. Plonger.

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