Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

%d blogueurs aiment cette page :