La petite robe rouge 

8 novembre 2016

Je portais une robe rouge ce jour là, sans elle peut-être que tu ne m’aurais jamais remarquée.

Sa couleur, symbole de cette liaison passionnelle. Du désir, cette robe est devenue la représentation du dégoût. Celui que l’on ressent une fois qu’il n’y a plus d’amour.
Cette sensation étrange d’être critiquée pour les mêmes raisons pour lesquelles on a été aimée.

Ton mec qui bavait sur ton décolleté en t’attendant des heures en bas de chez ta mère qui trouve tes retards intolérables quand on s’habille si peu.

Ton amie qui était hilare en t’écoutant raconter tes dernières frasques sexuelles qui est offusquée parce que tu es rentrée à 11h du mat.

Tes enfants qui ne te laissaient pas respirer qui prennent la maison pour un hôtel.

Il y a ce sourire bienveillant qui accompagne parfois la critique et ce regard fuyant des gens qui disent des gentillesses. Entre les deux, mon coeur ne balance pas, à choisir je préfère une vérité qui fâche que l’hypocrisie. Il n’y a pas de demi-mesure, par ici, pas de vaseline, ça fera mal. Il paraît qu’il y en a qui aime ça.

Chacun ses goûts, alors évitons de baver sur ceux des autres. La journée est longue quand on se pose trop de questions, encore la preuve qu’on ne change pas avec l’expérience. On encaisse juste un peu mieux,

les coups bas.

Baudelaire’s pillow

1 novembre 2016


« Ce matin, l’oreiller de Baudelaire longe à même le sol, il est raide et poisseux. Un mégot surconsommé pèse encore au bout de mes lèvres, j’ai le geste lent et la pensée en cendre. Cette semaine a duré une saison. Jusqu’à présent, j’étais parvenu à faire abstraction. Sa voix suave décrit l’épaisse fumée de la solitude qui nous enveloppe. J’évite de peu l’asphyxie. Inconcevable d’ignorer que sa folie s’est trouvée être ma seule réalité. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Mon esprit devient une toile sur laquelle un Miró fiévreux vient dépeindre la constellation de nos souvenirs. Son absence à invoqué des démons jaloux et inquiets. Ils incendient notre chef d’oeuvre qui laisse place à une solitude menaçante mais sublime. Car lorsque mes désirs s’évadent, un sentiment apaisé s’empare de moi. À l’heure qu’il est, je ne sais pour quelle raison, j’ose encore espérer, qu’un jour ses baisers me délesteront du noir de mes rêves. » K.

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