Les Amoureux Barbares de Marsatac 

24 septembre 2016

© Marsatac 

Un soir tard, comme beaucoup d’entre nous, j’échange avec plus qu’un ami d’infortune des musiques, c’est la drague 2.0. Je clique sur la vidéo d’Odezenne, un groupe que je connaissais à peine. Apparaît en lettres phosphorescentes un JE VEUX TE BAISER… Un message qui a le mérite d’être clair. Intriguée par les paroles crues en total contraste avec un clip qui relate l’amour pur d’adolescents durant une soirée un peu folle, il fallait que j’en sache un peu plus. Je me retrouve donc au bar pro de Marsatac, vendredi dernier, j’ai le trac, je vais interviewer dans moins d’une heure ces trois trentenaires aux allures d’éternels adolescents pour le site Les Marseillaises.

Odezenne c’est 3 personnalités, 3 amis d’enfance qui en sont déjà à 4 albums, une douzaine de clips et de nombreuses heures sur scène où ils sont intenables. Je reviens de la Cartonnerie, transpirante, essoufflée. Ces mecs dégagent une énergie folle et au début j’étais stressée pour eux ils ont eu la lourde responsabilité d’ouvrir Marsatac. 
La meute des chiens et des loups était présente dés 21h30 tous crocs dehors pour recevoir Alix avec son mini Bob rouge, Jaco méconnaissable sans son bonnet, sans barbe, sans ses cheveux longs à la Serpico et enfin Mattia tout en finesse, tout trois totalement survoltés sur scène. Un concert attendu, un public qui connaissait leur répertoire, chantant en cœur « je veux ton cul, ton cul, ton cul… ». Mais Odezenne ce n’est pas que quelques titres provocateurs, sexuels et des rimes drôles, c’est aussi un univers très noir, engagé et parfois même désabusé qui peut parler du refus de la paternité comme dans « bouche à lèvres » qui passent des mots doux aux mots troubles dans « souffle le vent » ou « un corps à prendre ». Totalement conquise par ces garçons au charme rugueux, de vrais oxymores à la sensibilité à vif. Quand on sort d’un concert d’Odezenne, c’est comme après une bonne baise, avec du tendre, du dur et même un peu de hardcore, la fin comme une éjaculation de mots, de cris et de lumière. Merci les gars, c’était très bon.
Et mon interview bien moins intense que ce que j’ai vécu dans la fosse. J’ai fait l’impasse, j’avais qu’envie fumer une cigarette et m’endormir près de vous.

%d blogueurs aiment cette page :