L’insoutenable beauté 

19 septembre 2016

Les rencontres d’Arles – Dominic Nahr 

Je suis rentrée dans la première salle d’exposition, au hasard, le cœur léger, le sourire aux lèvres et le corps encore chaud. Une petite salle vétuste, les murs recouverts des traces d’hivers humides et d’étés caniculaires, les murs d’une vieille bâtisse arlésienne.

La photo était en face de moi, immense ou sur un tout petit bout de mur, je ne sais plus, je ne voyais plus rien d’autre sans pouvoir la regarder, j’ai détourné instantanément mes yeux qui se remplissaient de larmes. Jamais une photo ne m’a fait un tel effet, la mort, la puanteur, l’atroce, ce qu’il restait d’un homme flottant dans l’eau symbolisant toute l’horreur de la guerre.  J’étais tétanisée, comme une enfant qui n’arrive pas à regarder un film d’horreur et qui a tellement envie de se rapprocher pour voir de plus près tous les détails de ce corps en décomposition. Je n’ai pas pu, même pas le prendre en photo comme je l’ai fait pour toutes les autres, les heures qui ont suivi.

Les gens passaient sans vraiment voir ce cadavre si réel, magnifique puis quelques mètres plus loin ils riaient sur les photos de saucisses en guise de nez. Un parcours, comme des montagnes russes.

J’ai continué ma visite avec ce goût de la mort sans jamais trouver aussi fort même si certaines œuvres étaient aussi belles.

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