Plaisir coupable

28 août 2016

Instagram @regards_coupables

Écrire pour ne pas commettre l’irréparable.

L’envie d’évacuer ce trop plein d’émotions, de sensations, jamais du bien-être, toujours quelque chose d’oppressant.

Il n’y a pas un bruit autour de moi, le vacarme de la solitude d’un dimanche soir à la fin de l’été, seule dans cet appartement fait pour la vie à plusieurs. Tout est rangé, les appareils ménagers vidés, les tabourets de la cuisine alignés, mon sac à l’entrée, les clés sur le comptoir, un peu de monnaie, rien ne traîne. Je suis une vieille fille qui ne l’a jamais été. L’écran noir de la télé me fait face, j’y vois mon reflet, ce petit visage fatigué d’un week-end remplit de rires, mes vêtements dans la panière sentent le tabac, mes cheveux sont encore humides, je fume la cigarette rescapée que j’avais laissée sur la cheminée vendredi en sachant que je la trouverais vers 20h30 pour la fumer avec toi. Inhaler et t’entendre me raconter tes projets aurait été plaisant durant cette minute, je n’aime pas fumer seule.

Je t’imagine tel que tu te décris dans ton dernier message, pédalant dans les rues parisiennes pour rentrer vite avant qu’il ne fasse trop sombre. Je passe mon temps à penser à ce que tu dois faire comme pour le vivre un peu près de toi. J’ai ces pensées coupables qui extrapolent. Mon ennuie a beaucoup trop d’imagination.

Je cherche des destinations, des hôtels faits pour nos ébats et nos débats, nos retrouvailles comme d’éternelles fiançailles. Rien de concret, pas de long terme, pas d’union, l’amour du début sans fin ni fond.
Tu tournes en rond dans mon cerveau et c’est tellement bon cette sensation. Je ne sais pas comment font ceux qui ne pensent jamais à l’autre qui ne réfléchissent pas sans cesse comment le retrouver et le surprendre.
Le plaisir est tellement plus fort quand il se lit dans les yeux de l’être tant désiré.

La douleur innocente de la frustration pour quelques minutes d’un plaisir coupable.

Je vis pleinement le manque. 

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