Jeunesse rêve, vieillesse décompte 

18 août 2016

Photographe Alina Senchuk

Je suis au bord de la piscine comme au bord d’un âge que je n’ose même pas écrire. Prête à plonger sans véritable peur, un peu d’insouciance face à l’inconnu ordinaire d’un anniversaire. Ma peau me trahit quand on la regarde de trop près, l’hydratation ne suffit plus, j’ai donc à mon bras le plus efficace des anti-âge, ça compense l’inefficacité des crèmes hors de prix.

Faire diversion est ma nouvelle devise seulement pour me convaincre que je suis encore jeune. Il venait d’avoir 27 ans et je mets moi aussi de l’or dans mes cheveux.

Hier soir, un peu trop tôt pour rentrer, assises en tailleur autour d’une bonne bouteille de vin, je demandais à mes amies si elles préféraient avoir des regrets ou des remords. On concluait la discussion en réalisant qu’on avait pas mal de regrets plus faciles à assumer que certains remords. Tout n’est qu’une question de discernement, on s’évite le pire en ne pas goûtant pas au meilleur. Le dangereux est toujours plus attirant, on le laisse aux hommes.

Ce soir, mon envie de l’entendre sonne dans le vide, il est loin, je me demande ce qu’il fait, la distance entre nous devient pesante, pire que le poid des années.

Il est temps de dormir, ça me fera déjà un peu moins de plis au réveil.

Un placebo, rien de nouveau sous le soleil.

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