Avant de partir 

30 juillet 2016


Instagram @riccialexandra

Je ne fais rien, j’attends que la soirée passe en faisant défiler celle des autres. Une soirée avec Jeff Miles par procuration, il fait trop chaud pour avoir envie de plus.

Les vacances commencent ce soir et avec elles ce flot de bonnes résolutions qui datent d’un temps où l’iPhone n’existait pas. Il y a ces noms et pseudos qui défilent, de vieux amis dont je ne sais que le contenu de leur assiette et leur tenue du jour, le quotidien des autres m’occupe comme on feuillette un Grazia chez le dentiste. Les sacs de voyage envahissent mon hall d’entrée, mon frigo est vide, mon diplomatico plein, en clair Je suis sur le départ et ma vie sexuelle ressemble à un désert.
Il y a bien ce message que j’ai reçu trop tard qui aurait pu changer quelque chose mais le cœur n’y est pas puisqu’il est ailleurs. Les gens comme moi n’ont pas de juste milieu ni l’apparence de leurs actes. J’ai l’air triste et désabusée, je nage dans le bonheur, je ris aux éclats et danse jusqu’au petit matin, tout va mal. Le paradoxe de la fille lambda, il y a tellement de logique dans mes contradictions. Ma normalité me fait peur, être comme tout le monde est vraiment la pire des choses.

Il ne m’aime pas, moi non plus, il y a finalement de l’espoir pour que ça dure le temps de se faire un peu de mal.

Il faudra bien reprendre un jour, revenir à cet état introspectif habituel chez moi.

Mon constat, les sollicitations ne sont jamais aussi nombreuses que lorsque l’envie n’est dirigée que vers une seule personne souvent inaccessible à court ou long terme. Alors je fais comme si je ne comprenais pas ou je contourne au cas où le besoin d’ailleurs deviendrait salutaire. Garder des plats aux chauds comme on dit entre nous.

Nos grands parents faisaient des stocks de sucre, nos parents d’essence et nous de contacts virtuels… A chacun sa pénurie, sa destruction créatrice, bref son inévitable évolution sociétale. De moins en moins de vraies liaisons et des milliers de possibilités, l’espoir derrière chaque clic comme la promesse d’un amour différent, des prénoms, des pseudos, des photos autant de mythe d’Aristophane impossible… Un ouragan perpétuel, merci Joseph.

En 1989, je faisais des rêves érotiques après avoir regardé 21 Jump Street, Johnny Depp ne ressemblait pas encore à un vieux crade, mon lit était trop petit pour deux, alors j’imaginais plus que je ne faisais. En 1999, ma vie sexuelle était envahie par le quotidien, je n’imaginais même plus autres choses. En 2009, l’envie d’ailleurs a pris le dessus. A 20 ans, on rêve , à 30 on construit, à 40 on brûle, pas encore 50 et j’ai déjà peur ou hâte.

S’il n’a plus de confrontation plus de sentiments ni de construction, il reste peut être la possibilité de quelque chose de nouveau, du plaisir sans les contraintes.

Seule pour toi seulement.

Le goût de l’inachevé 

15 juillet 2016

Alphaville de Godard

J’ oscille entre amnésie et mémoire sélective. Alors j’écris le passé.

Parfois on se croise sans vouloir se voir, des frissons parcours notre corps. On se demande comment on a pu même quelques heures, coller son torse contre le sien, le désir sans amour est lui aussi aveugle. La fulgurance de l’instant d’un état second, sans neurone, sans discernement, sans rien finalement même pas une once de désir, juste une décharge respective, un plaisir brut qui une fois assouvi chute brutalement. « Qu’elle parte vite ou qu’il ne se réveille pas… » ça nous est tous arrivé au moins une fois.

C’est le petit matin, on rentre accompagné, la musique bourdonne dans nos oreilles, notre pas est dansant, ce temps du court qui file à toute allure. Il n’y aura alors aucun discernement  tout se vit dans l’instant parfois dans le futur que l’on imagine ensemble, totalement désinhibés . Le passé n’est que remords qu’on aurait préféré regrets, une fois revenu à la réalité ou juste pour les plus chanceux d’entre nous un doux et vaporeux souvenir.

La vie sexuelle libre d’un homme n’a pas que des avantages, parfois il est aussi une femme. Une seule chose nous est commune, le goût d’ailleurs est toujours meilleur,

quelques secondes.

Je rentre seule, je suis désespérante.

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