À travers l’Art

11 mai 2016


Tania Mouraud – atelier Tchikebe

Cette nuit-là devait être un décalcomanie des autres, un dîner dans le 7ème et autres banalités dans la vie d’une noctambule marseillaise lambda, rien n’est allé comme je l’avais prévu. J’ai suivi un monde que je regarde de loin, parfois je m’y perds un peu tard quand je suis quelques bonnes fréquentations. L’envie mène à tout, il nous motive à suivre l’autre là où parfois on n’a même pas l’idée d’aller. Ses petites mèches blondes virevoltent sur un rooftop tellement grand que toute la planète arty ne pourrait le remplir. Il est peut-être 23h, j’ai fait un peu moins de bises et bu beaucoup plus de bières, les œuvres se succèdent exposées du sol au plafond, le tapis de jeu est immense, personne ne joue dessus, on y marche juste pieds nus pour les plus soucieux de leur image ou de la fragilité de l’oeuvre. On se perd dans cette Belle Friche en attendant un mois de mai un peu plus chaud, la soirée se continue plus loin, alors nous suivons dans les ruelles sombres la coupe afro d’un géant pailleté sans réfléchir. Le boulevard est calme, une foule compacte apparaît soudain au 34, un essaim d’abeilles, de guêpes, de frelons, de créatures avec et sans barbe, beaucoup de jolies filles aux cheveux juste un peu moins brillants et lisses que ceux quelques arrondissements plus loin. Les sacs, les vestes sont accrochés à des piliers blancs, la foule y danse autour au rythme d’un couple survolté, cette nuit-là rien d’impossible. Noir, blanc, petit, gros, vieux, jeune, aucun regard étonné, aucun malaise, aucune agressivité, chacun est là pour une seule chose ce savoureux mélange entre l’art et la musique. Finir en cellule de dégrisement à 4h du mat n’était finalement que la cerise avariée sur une très bonne soirée.
A l’année prochaine pour un autre PAC à l’eau marseillais.

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