Les remugles des Amours éternelles

6 mai 2016


La Piscine 1969

C’est étrange cette sensation, comme un relent acide bloqué entre mon cerveau et mon coeur. Un couple a parfois besoin d’aération sans vraiment s’en rendre compte ni le demander. S’aimer à s’en étouffer existe donc.

Je me blottis contre lui en pleine nuit, sa chaleur me gène mais m’éloigner m’est insoutenable. Il serre mon corps au petit matin, j’étouffe mais je ne dis rien. je suis bien. Nous sommes la sphère d’Aristophane, ne faire qu’un entre plénitude et rupture sans transition ni nuance. Tout ça ne pourra que très mal se finir.

Il faudrait que je me détache de son emprise, il faudrait qu’il mette des limites à mon envie. L’explosion est proche, les reproches montrent le bout de leur nez, la faute est toujours celle de l’autre et les excuses suivent alors que personne n’est coupable.

Etre sous l’emprise de sentiments comme sous l’effet d’une drogue dure. J’ai la tête qui tourne et les poumons compressés dès que l’idée d’une séparation germe dans ma tête. La chute n’est jamais très loin de la rupture, et la rupture du vrai amour. Notre plénitude, cet état parfait n’est pas la force des sentiments, n’est pas le vrai désir de revoir l’autre, de le retrouver à nouveau. Alors il me suspecte de provoquer la division pour retrouver la première sensation de notre désir originaire, cette perfection qui au fil des jours ne peut que se perdre.

Je nous fais penser à ces couples étranges qui ne cessent de se disputer pour se retrouver. Pour s’unir à nouveau et viser ainsi les Amours éternelles.

Rompre au plus haut pour ne jamais voir son amour se pourrir. Une mauvaise belle idée.

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