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Longtemps sans écrire et presqu’autant sans sexe. Comme un sevrage.

Tout va bien, je n’y pense pas jusqu’au moment où on me le rappelle.
L’appartement est vide de bruits, ils sont partis il y a 15mn, avant je m’affairais pour sortir ou recevoir, je regarde le plafond allongée sur mon lit, un dimanche soir de célibataire fidèle. Mon téléphone sonne déclenchant soudainement un sourire. Il a vraiment une belle voix mais ce n’est pas celle que j’ai envie d’entendre, nous le savons. Je ne suis pas non plus celle qu’il a envie de voir, juste d’entendre, je le sais. Les choses sont bien faites même si elles ne sont pas toujours raccord avec nos désirs. Je passe un bon moment entre deux éclats de rire comme des ponctuations à notre chaste complicité. Il se reconnaîtra.

Jeudi je pars rejoindre la pluie, Paris ne promet jamais le soleil, il me tarde de revoir son sourire et ses yeux qui cachent bien leur jeu. Les nuits seront courtes, la promesse d’un grand Amour.

En attendant j’essaie de ne pas y penser pour que le temps passe plus vite.

Je croque une pomme en imaginant que c’est un pain fourré au Nutella, mon imagination divague. J’ai hâte.

À travers l’Art

11 mai 2016


Tania Mouraud – atelier Tchikebe

Cette nuit-là devait être un décalcomanie des autres, un dîner dans le 7ème et autres banalités dans la vie d’une noctambule marseillaise lambda, rien n’est allé comme je l’avais prévu. J’ai suivi un monde que je regarde de loin, parfois je m’y perds un peu tard quand je suis quelques bonnes fréquentations. L’envie mène à tout, il nous motive à suivre l’autre là où parfois on n’a même pas l’idée d’aller. Ses petites mèches blondes virevoltent sur un rooftop tellement grand que toute la planète arty ne pourrait le remplir. Il est peut-être 23h, j’ai fait un peu moins de bises et bu beaucoup plus de bières, les œuvres se succèdent exposées du sol au plafond, le tapis de jeu est immense, personne ne joue dessus, on y marche juste pieds nus pour les plus soucieux de leur image ou de la fragilité de l’oeuvre. On se perd dans cette Belle Friche en attendant un mois de mai un peu plus chaud, la soirée se continue plus loin, alors nous suivons dans les ruelles sombres la coupe afro d’un géant pailleté sans réfléchir. Le boulevard est calme, une foule compacte apparaît soudain au 34, un essaim d’abeilles, de guêpes, de frelons, de créatures avec et sans barbe, beaucoup de jolies filles aux cheveux juste un peu moins brillants et lisses que ceux quelques arrondissements plus loin. Les sacs, les vestes sont accrochés à des piliers blancs, la foule y danse autour au rythme d’un couple survolté, cette nuit-là rien d’impossible. Noir, blanc, petit, gros, vieux, jeune, aucun regard étonné, aucun malaise, aucune agressivité, chacun est là pour une seule chose ce savoureux mélange entre l’art et la musique. Finir en cellule de dégrisement à 4h du mat n’était finalement que la cerise avariée sur une très bonne soirée.
A l’année prochaine pour un autre PAC à l’eau marseillais.


La Piscine 1969

C’est étrange cette sensation, comme un relent acide bloqué entre mon cerveau et mon coeur. Un couple a parfois besoin d’aération sans vraiment s’en rendre compte ni le demander. S’aimer à s’en étouffer existe donc.

Je me blottis contre lui en pleine nuit, sa chaleur me gène mais m’éloigner m’est insoutenable. Il serre mon corps au petit matin, j’étouffe mais je ne dis rien. je suis bien. Nous sommes la sphère d’Aristophane, ne faire qu’un entre plénitude et rupture sans transition ni nuance. Tout ça ne pourra que très mal se finir.

Il faudrait que je me détache de son emprise, il faudrait qu’il mette des limites à mon envie. L’explosion est proche, les reproches montrent le bout de leur nez, la faute est toujours celle de l’autre et les excuses suivent alors que personne n’est coupable.

Etre sous l’emprise de sentiments comme sous l’effet d’une drogue dure. J’ai la tête qui tourne et les poumons compressés dès que l’idée d’une séparation germe dans ma tête. La chute n’est jamais très loin de la rupture, et la rupture du vrai amour. Notre plénitude, cet état parfait n’est pas la force des sentiments, n’est pas le vrai désir de revoir l’autre, de le retrouver à nouveau. Alors il me suspecte de provoquer la division pour retrouver la première sensation de notre désir originaire, cette perfection qui au fil des jours ne peut que se perdre.

Je nous fais penser à ces couples étranges qui ne cessent de se disputer pour se retrouver. Pour s’unir à nouveau et viser ainsi les Amours éternelles.

Rompre au plus haut pour ne jamais voir son amour se pourrir. Une mauvaise belle idée.

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