Sur ma route

3 avril 2016

 
Je vis au rythme d’un compte à rebours.

Je ne pense qu’à ce qui n’est pas encore arrivé, rien de mieux pour se noircir un dimanche déjà bien gris.

Les verbes à l’infinitif se succèdent, danser, manger, dormir et l’écouter respirer en attendant un départ. Je n’arrive même plus à profiter des bonnes choses, totalement obnubilée par l’après.

J’ai peut-être 10 ans, les fêtes de noël viennent de passer, ma mère prépare son sac de voyage dans ma chambre, elle va repartir comme elle le fait à chaque fois. Le rituel est identique, la joie intense de la voir arriver, les journées qui passent comme des heures, l’angoisse de l’imaginer partir, son odeur, il reste quelques minutes, je prends son flacon de shalimar, deux pschitts sur une peluche et elle est déjà dans l’ascenseur.

La porte vient de claquer. Ils sont déjà repartis.

Je ressens cette sensation d’abandon, comme si je ne les reverrais plus. Totalement disproportionnée, comme mon état ce soir. Pauvre petite chose qui se cherche des états d’âme.

Jack est mort à 47 ans. Je relis sur la route pour passer ce temps que je déteste vivre seule.

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