Si près si loin

29 mars 2016

 Photographer Lukasz Wierzbowski 

Je n’apprends pas de mes erreurs, c’est ma seule constante.

Je suis sur le point de l’étouffer comme je fais à chaque fois, je couve, je décide, j’impose, je materne, j’exige, je suis un monstre d’attention, de générosité castratrice. Je sais que ça rend dingue, que l’autre se sent étouffé mais je continue. Je pourrais faire illusion, prendre un air lointain et des attitudes détachées, je pourrais prendre sur moi, contrôler mon foutu caractère qui en demande toujours plus qui impose pour faire plaisir. Au final je tue mes amours dans l’œuf comme une mère infanticide.

Il était un faux 23h30 dimanche soir, je n’avais pas sommeil. L’objet de mon attention dormait paisiblement comme un tueur en série insoupçonnable. Les traits d’un ange, les cheveux fous et l’esprit vagabond, tout ce qui m’est interdit. Je le regarde quelques minutes, espérant que la télépathie fonctionne, en vain sa respiration ne ment pas, il est déjà loin.

Je me lève sans bruit, le vacarme est dans ma tête, j’ai besoin d’une cigarette même sans avoir fait l’amour, je ne tirerai que quelques lattes, accroupie à la porte fenêtre. Il est minuit, j’ai 17 ans je roule ma première amsterdamer.

Ce goût de caramel, et ces hormones qui rendent folle. Rien n’a changé, même pas l’âge de mon amant.

« J’ai juste besoin d’un peu de ton air désabusé. Du baiser de la mort un matin rêvé. »

Nos vraies natures veulent être ensemble… Laissons les faire.

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