Ma nuit avec un zèbre 

26 mars 2016

 

 Je traverse la foule compacte, je cherche son regard, je l’ai perdu volontairement. J’ai ces moments d’objectivité soudaine et violente où je réalise que son visage n’est pas assez ridé. Alors je m’échappe, peut-être juste pour voir s’il me suit ou pour le plaisir d’avoir peur de le perdre.

Je suis contre la barrière j’ondule mes fesses sur Ann wants to dance, je sens un corps fin et chaud se coller contre moi, son odeur iodé remarquable envahit mes narines, j’ai envie qu’il me touche qu’il me prenne sans pudeur au milieu de tous. Je ferme les yeux, la musique nous transporte, nous sommes quelques heures plus tard, nus dans une salle de bain, mes mains s’agrippent au lavabo pour ne pas me fracasser le front contre le miroir. Retour vers le présent, il attrape mon poignet et me tire vers le fond de la salle dans un recoin plus sombre, à l’écart des regards, ses mains deviennent indiscrètes, il délasse les lacets de mon body, il fait une chaleur suffocante, son torse contre mes seins, il m’embrasse sans retenu, nous avons voyagé dans le temps, sa langue lèche mon cou, j’ai le souffle coupé et ses doigts sur la couture de mon short. Je serre les cuisses, il me reste une once de pudeur adolescente.

Les groupes, les artistes s’enchaînent nous sommes retournés danser avec nos amis, nous sourions en fredonnant, Améthys, je ne sais pas bien pourquoi je danse quand j’entends ta voix , il y a de la joie, de l’amour qui se répendent partout, nous avons envie de parler à tous, de danser, d’embrasser, notre attitude est presque suspecte, juste une montée d’adrénaline totalement inoffensive, pas besoin de substances, notre envie est fortement dosée, le shoot fait son effet plusieurs heures.

Un rayon de soleil traverse nos visages. Les oiseaux sautillent sur les toits, leurs petits bruits me réveillent, j’ouvre les yeux, il est nu près de moi, totalement insoupçonnable, inoffensif, ses mèches blondes chatouillent mon épaule. Ces heures que l’on a passées ensemble ne se remémorent que par flashs, j’ai cette sensation que nous avons fait quelque chose de mal cette nuit, presque étonnée qu’elle ne se soit pas terminée en cauchemar. 

Il est l’heure que je m’échappe avant que la réalité ne soit trop dure.

Cendrillon n’a plus 20 ans et son prince au bois dormant fait des rêves de jeunesse éternelle.

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