L’hiver des petites filles du soleil 

7 mars 2016

Instagram @ alabama_duel

J’ai succombé à Free.

Le hasard et ses multiples possibilités. Aujourd’hui l’inconnu devient intime, rentre dans un quotidien, comme cette nouvelle carte sim que je vais bientôt insérer. Changer d’être désiré comme on passe d’un opérateur à un autre, sans vraiment s’en apercevoir.  
J’ai croisé la route de l’archétype de tout ce que j’aime. Un soir vers 21h je marchais rue Breteuil d’un pas décidé comme à mon habitude, je ne portais pas de chapeau assez rare pour s’en souvenir, un homme me suivait, fatigué de le faire. Tous ses détails, je ne m’en souviens pas, ils n’ont aucune importance ce qui l’est, c’est que lui se souvient de la scène précisément. Ces quelques secondes, mon sourire illuminé, ma démarche, sa surprise, nos regards qui se croisent et sa casquette rouge. il me raconte, je ne l’écoute pas, je ne vois que sa bouche, je l’ai approché peut-être des dizaines de fois sans le voir, alors que tout me plait chez lui.

Cette scène, je l’ai peut-être rêvée, je n’ai pas envie de me réveiller. J’aimerais passer des heures dans ma chambre à l’écouter me raconter ce moment et son désir d’être près de moi, enlacés ces longues minutes comme des heures où le moindre effleurement fait l’effet d’un violent orgasme.

Fermer les yeux pour tout ressentir, ne rien oublier, vivre le moment comme le dernier pensant qu’il ne s’arrêtera jamais. Les heures passent et se vivent, se ressentent comme des secondes. Se raconter cet instant de risque et de plaisir, l’imaginer, le rêver et créer de toutes pièces un fantasme, un homme sans âge, sans passé, un entracte impalpable. ce sentiment que rien n’est réel que tout se joue dans l’instant. Ce weekend intense, fatigant, ponctué de rires, de musiques, entourée d’amis sans se préoccuper du reste.
Et puis la possibilité d’une nuit.
Il est 7h, je suis seule.

Je bois un café accompagné de l’envie d’une dernière cigarette en regardant ce petit morceau de pizza, seul rescapé.

Il est 8h, je longe le bord de mer, comme pour provoquer le destin je passe par un nouveau chemin. L’été approche, l’envie d’être jambes nues et d’embrasser l’inconnu. Un éternel recommencement.

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