Choc thermique

19 janvier 2016

Photographe PURIENNE

Ressentir ce froid intense, ce pincement au cœur, s’agiter pour ne plus y penser, pour se réchauffer.

C’est une douleur lancinante qui semble bénigne, comme ce petit bobo sur lequel notre maman nous faisait un baiser pour faire passer le mal.

Il y a ce manque, l’odeur, la texture de la peau, les sourires entendus, les discrètes attentions, les messages invisibles. Ces choses, ces êtres qui n’ont jamais vraiment existé mais qui squattent nos pensées comme des fantômes. Etirer son bras dans le lit, toucher l’oreiller gonflé de vide.

Cela faisait presque une petite semaine longue comme une année entière, souviens-toi l’été 90.

Tout a commencé sans préméditation, un mélange de curiosité et d’ennui, les grandes vacances. Tu me lançais des regards furtifs à chaque fois que l’on se croisait, la première fois dans cette papeterie, puis sur le quai de la gare, je me demandais qui tu étais. Le lendemain, je suis descendue sur la plage avec mon père, tu étais derrière nous. Cela a duré plusieurs jours, à se tourner autour. Un soir, je t’ai approché au bar de l’hôtel, nous avons bu un verre ensemble puis les choses se sont enchaînées naturellement, évidentes, nous avons fini sur la plage puis dans l’eau. Nous avons fait l’amour toute la nuit puis les suivantes. Les vacances se sont terminées, nous sommes repartis comme nous étions arrivés sans vraiment nous connaître.

Les jours qui ont suivi, nous avons continué à nous appeler dès que nous le pouvions, mon parfum imbibé les cabines téléphoniques.

Puis nos quotidiens ont repris le dessus, évidemment. Mon coeur a commencé à se serrer, mes humeurs à se noircir, je n’avais pas appréhendé cet écart si grand entre le bouillant puis le glacial, le plein puis le vide. Le temps l’a comblé comme tes pensées sans doute pour une autre.

Cette année-là j’ai appris que le mot Amour au pluriel s’accordait au féminin.

Les Amours Adolescentes toutes inoubliables qu’elles soient, sont perissables.

Pour le reste, on verra…

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