Les blondes parfaites & moi

4 décembre 2015

  

Photographe Laurence Von Thomas

Finalement je n’ai pas été une bonne fille, ni une bonne amie, pas même une bonne maman et encore moins une bonne épouse.

Sur les photos, on voit une belle jeune femme, c’est l’été, elle est bronzée, souriante. Ma curiosité me pousse à tout regarder, on y voit ses vacances, ses enfants, son mari, sa vie qui ressemble à la mienne, avant, celle que j’aurais pu afficher sur l’album d’un réseau social quelconque. Les sourires, les glaces qui coulent sur les tee-shirts, les repas entre amis à visages découverts, les vacances au ski et l’été en Espagne ou en Corse. Cette femme heureuse, ça pourrait être moi. Les paramètres, les ingrédients, les données, appelez ça comme vous voulez, sont les mêmes. La seule chose de ratée dans ce casting parfait, c’est moi ou plutôt c’était moi.

J’ai déjeuné avec l’homme qui m’a supportée 15 ans ce midi, un tête-à tête d’un père et d’une mère qui essaient de prendre soin de leurs enfants, qui décident ensemble des décisions importantes. Entre nous il reste l’affection et l’amour pour eux. J’avais envie de pleurer quand la médecin nous a dit qu’elle était contente de nous voir réunis à ce rendez-vous.

Durant le déjeuner, je le regardais et je repensais à ces matins où je venais de rentrer complètement ivre d’une jeunesse qui ne reviendra pas. Ces matins, enfouie sous la couette, honteuse, malheureuse, effrontée, en totale opposition contre un homme qui ne voulait que mon bien. Je repensais à tout ça et j’ai eu envie de lui demander pardon.

Je n’ai rien dit, j’ai souri et j’ai essayé de ne pas mettre mon coude sur la table. Il déteste ça.
Peut-être qu’un jour, il sera fier de moi. Ou juste heureux, loin de moi.

Photographe Juergen Teller

Écrire pour une seule personne comme si il était plusieurs, cette sensation d’immortalité revenue.

Un homme multiple, quasi idéal. J’en rêvais sans plus vraiment l’espérer. Hier soir, je relisais ici les moments de ces derniers mois, cette cadence infernale, à la recherche d’un idéal. Je suis vraiment une personne éparpillée, il n’y a plus aucun doute. Lui est si différent, et j’aime tellement. Je ne supporte plus les gens comme moi, ils me fatiguent autant que lui m’apaise, me rassure, m’équilibre.

J’imaginais que je le rencontrerais un jour mais tard, trop tard quand mes seins ressembleraient à des pommes reinettes que la jeunesse ne voudrait plus de moi, un jour où la ride annoncerait mon cadavre.

Ce jour est arrivé plus tôt, par surprise quand je m’y attendais le moins quand je commençais à me faire une raison de ce célibat mal accompagné. Mes 46 ans approchent et je ne me suis jamais sentie si intensément hors du temps en quelques jours.

Je lèvite au dessus de tout. Une seule chose m’importe prendre un bain avec lui et vivre comme si nous avions à peine 20 ans.

J’avais presque oublié comme il peut être bon l’âge de la déraison.

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