Dépeçage amoureux 

12 octobre 2015

J’étais assise en face de lui, il a mis 3 sucres dans son café.

L’évidence ne se pose aucune question, comme si ce que je vivais n’était que l’aboutissement de toutes ces répétitions, ces nuits, ces rencontres, du plaisir aux pleurs.
Il a l’âge, le physique, l’humour, l’attention que j’avais cessé d’espérer. Il me regarde comme si j’étais belle, m’écoute comme si tout ce que je disais été intéressant, il pose sa main sur mon genou quand je conduis, souffle des mots étranges dans ma nuque, son envie de me faire l’amour est insatiable. Parfois je me retourne vers lui avec cette appréhension de le rêver, de me l’inventer, comme toutes les choses bonnes je ne veux pas qu’elles se terminent.

Nous étions devant un paysage magnifique ce dimanche, face à la mer, quasi nus un 11 octobre. Les corps salés, blottis l’un contre l’autre, je lui raconte alors que quand j’étais plus jeune, j’avais pris la décision de photographier avec un clignement des yeux les beaux moments de ma vie et qu’à cet instant il en faisait parti. Comme un Instagram des sensations.

A cet instant, notre mièvrerie a été terrifiante, heureusement que nous avons violemment baisé après.

Evidemment le plus intéressant pour ici c’est quand tout va s’étioler, quand je vais commencer à souffrir, me morfondre, redevenir cet être torturé, incapable d’être aimé. Ce sont ces moments qui donnent les meilleurs textes. Après l’amour édulcoré, on va pouvoir passer à l’amour dépecé.

Vivement le début de la fin.

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