Mes lois de l’attraction

27 octobre 2015

 Photographie – L’ours et la poupée 

Mon ami Antoine est bien né, brillant, il a donc beaucoup d’argent, ça ne se voit pas au premier regard mais ça se remarque vite, il est très généreux.

Comme beaucoup dans sa catégorie sociale, sa maman était belle et pauvre, son papa moche et riche. Seulement certains ont la chance de cumuler beauté et argent, mais Antoine n’a rien pris de sa mère à part peut être sa gentillesse qui finalement ne s’avère pas toujours un point positif. je n’ai pas dit bêtise, j’aimais beaucoup cette femme.

Antoine vient souvent se confier, il gare sa vieille Targa en bas de chez moi, il monte les escaliers lentement toujours chargé de deux millefeuilles au thé vert mâtcha, notre rituel à l’heure du thé. Il s’assied sur le même tabouret et il commence à me raconter de sa petite voix qui semble ne jamais avoir muée ses déboires amoureux.

Il me dit souvent qu’il a vraiment l’impression de se faire berner que les femmes jouent avec lui, il les promène, les invite, les gâte mais la plupart du temps il sent bien qu’elles n’ont aucun désir puisqu’il ne se passe rien une fois le diner terminé. Il voit évidemment dans mon regard que je pense qu’il est mal barré, il attend de moi que je sois aussi franche que mes yeux dans mes conseils. C’est peine perdue, je ne ferai jamais d’Antoine un Divin Connard. j’ai donc décidé de le présenter à la très jolie Coralie que je surnomme l’artiste. Coralie l’artiste suce la queue de ce pingre et beau José, pour rien à part la dénigrer et accessoirement la faire jouir. En engloutissant à bon escient et goulûment avec son si beau regard bleu aimant insoupçonnable celle d’Antoine, elle rendrait un homme heureux. Une vraie Princesse souillon, parfaite pour mon Antoine qui la fera jouir à sa façon, avec 300 m2 au Roucas, ça aide.

Il existe deux êtres faits l’un pour l’autre, je serai leur élément dénominateur, avec un peu de chance, leur progéniture sera belle et riche.

Je suis persuadée que l’Amour arrangé a encore un bel avenir.

Vilaine Fille

26 octobre 2015

Un silence n’est pas une non réponse, un silence est souvent significatif d’un désintérêt total.

La plupart des êtres humains n’ont aucun amour propre, aucune fierté, pas même de l’empathie ou une once de machiavélisme quand ils reçoivent un message d’une personne qui ne les intéresse plus. On peut s’amuser à le faire exprès pour créer un manque ou par vice. Mais dans la grande majorité des cas quand quelqu’un nous plait, on répond.

C’est ainsi, une fois qu’on a bien compris ça, il faut être bien con pour en envoyer un deuxième quand le premier n’a pas reçu de réponse.

Ma connerie ne s’arrange pas avec l’expérience, évidemment ma méchanté non plus.

Je continue à me surprendre toute seule tellement je peux être consciente et savoir pertinemment ce qu’il ne faut pas faire, le faire et attendre la réaction. Aimer jouer.

Alors j’envoie 12 messages en 24h. Juste pour le plaisir de ne pas avoir de réponse.

Je suis un vilain garçon dans un corps de gentille fille. Ou l’inverse.

Barbarie Amoureuse #4

20 octobre 2015

Instagram MaisonClose photo MartialLeNoir

Je ne le regarde pas, mon café me brûle les lèvres. Je suis déjà habillée, je vais partir.
C’était une habitude, il n’y a pas si longtemps, ces longues semaines où il ne me touchait pas, ou je n’allais pas vers lui non plus. Il y avait des raisons, nombreuses, valables, nous étions un couple lambda avec ses hauts et ses bas. Notre vie, nos quotidiens avaient laminé notre amour, notre envie durant de nombreuses années.

Depuis, Lui a changé.

Je le regarde, mon café est froid. Je porte le perfecto de la veille nue dessous, assise sur un des hauts tabourets autour de ce comptoir souvent agité.

Hier soir quand je suis arrivée, il était assis sur les escaliers de mon hall d’entrée, je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. Juste surprise de le voir, il n’a pas pu attendre, il a pris un train sans me prévenir, je n’osais espérer qu’il le fasse.

Nous n’avons même pas parlé. Il a enfoncé ses lèvres dans mon cou et j’ai senti son odeur en même temps que ses mains sur mes fesses. Il m’a enlevée ma casquette, nous avons posé nos sacs, nos blousons, nos boots, nos jeans, nos chemises, comme deux Petit Poucet pressés. Il s’est retrouvé nu sur mon lit, j’ai gardé ce body qu’il adore délacer en jouant avec ses doigts et sa langue à travers les liens. Cette fois, il a tout arraché, il m’a plaquée contre le mur, je n’arrivais même plus à respirer, comme si son corps me pénétrait en entier. Un instant tendre l’autre enragé. Avec lui aucune certitude, aucun quotidien, aucun projet, aucun acquis… Aujourd’hui, je ne sais même pas si c’est pas fini, à part que ça n’a pas commencé. Notre histoire n’existe que dans l’instant, ces quelques jours qu’il passe dans mes bras qu’il lèche et mord. Nous sommes un couple amoureux de ces moments éphémères, si fragiles et si forts. L’envie de se revoir est notre seule et unique habitude.

Il parait qu’on se lasse de tout dès qu’on peut l’avoir trop souvent, même si c’est notre plat préféré.

Il est déjà reparti, j’ai eu à peine le temps de l’engloutir et finir au petit matin, enlacés.

Meurtres en série 

14 octobre 2015

Joni Harbeck par Neil Krug

Il est reparti et j’ai envi d’hurler.

Je relis ces derniers messages sur le quai, j’embrasse l’ecran de mon iPhone, il y a cette photo de nous qu’il vient de m’envoyer. Je suis pathétique, totalement éprise, je ne sais pas si c’est le manque de nicotine ou déjà son odeur. Pourquoi c’est toujours à moi que ça arrive ? Pourquoi il est venu me reparler ? Pourquoi il ne vit pas ici ? Pourquoi il est si beau ? Pourquoi j’ai envie de sa peau tout le temps ? 
Il va falloir attendre deux semaines, une éternité. Je deviens folle, totalement schizophrénique, passer continuellement d’une vie à une autre. J’ai l’impression de tout gâcher, de ne rien vivre pleinement, mon travail, ma famille, mon amour… Je bâcle tout. J’ai posté cette photo de moi nue ce matin, il n’y a que lui qui peut la comprendre, et même s’ils pensent tous qu’elle est pour eux, je m’en fous, il s’en fout. Notre univers est public, l’intime n’existe plus, tout n’est que déballage. Qu’est ce qui est le plus intime une paire de seins ? Ou mettre une photo de son couple en profil pic ? Chacun fait ce qu’il veut tant qu’il assume.

J’ai enfin trouver celui qui me comprend, qui apprecie mon goût pour la provocation, qui gère mes états d’âme et ma spontanéité. Il m’aime pour ce que je suis depuis longtemps et je ne le voyais pas.

Il n’a qu’un seul petit défaut, il vit à 800 bornes mais c’est finalement bien moins handicapant qu’une demie-molle à domicile.

Dépeçage amoureux 

12 octobre 2015

J’étais assise en face de lui, il a mis 3 sucres dans son café.

L’évidence ne se pose aucune question, comme si ce que je vivais n’était que l’aboutissement de toutes ces répétitions, ces nuits, ces rencontres, du plaisir aux pleurs.
Il a l’âge, le physique, l’humour, l’attention que j’avais cessé d’espérer. Il me regarde comme si j’étais belle, m’écoute comme si tout ce que je disais été intéressant, il pose sa main sur mon genou quand je conduis, souffle des mots étranges dans ma nuque, son envie de me faire l’amour est insatiable. Parfois je me retourne vers lui avec cette appréhension de le rêver, de me l’inventer, comme toutes les choses bonnes je ne veux pas qu’elles se terminent.

Nous étions devant un paysage magnifique ce dimanche, face à la mer, quasi nus un 11 octobre. Les corps salés, blottis l’un contre l’autre, je lui raconte alors que quand j’étais plus jeune, j’avais pris la décision de photographier avec un clignement des yeux les beaux moments de ma vie et qu’à cet instant il en faisait parti. Comme un Instagram des sensations.

A cet instant, notre mièvrerie a été terrifiante, heureusement que nous avons violemment baisé après.

Evidemment le plus intéressant pour ici c’est quand tout va s’étioler, quand je vais commencer à souffrir, me morfondre, redevenir cet être torturé, incapable d’être aimé. Ce sont ces moments qui donnent les meilleurs textes. Après l’amour édulcoré, on va pouvoir passer à l’amour dépecé.

Vivement le début de la fin.

Silence j’aime 

11 octobre 2015

Photographe Neil Krug

Il y a ce brouhaha dehors, ces gens qui rient en fumant. C’était moi avant.

Sous une lumière rouge diffusée par de petits radiateurs, la fumée n’est pas très dense, ils ne sont qu’une petite dizaine. Je suis blottie dans ses bras, je suis bien, une semaine que nous ne nous quittons plus. Je regarde les silhouettes derrière la baie vitrée. Le vin commence à faire son petit effet comme ces quelques jours que nous avons passé ensemble. Un malheureux heureux hasard, cette rencontre, au moment où on ne s’y attend pas, un soir fatiguée, pas apprêtée devant un énième bar marseillais inauguré. La procédure amoureuse a démarré normalement, on a commencé par échanger des nuits entières puis à baiser à s’en irriter le sexe et les sentiments. L’envie tiraille, l’amour embrase, le plaisir apaise puis la peur de perdre réapparaît.

Il est 3h. Téléportation.

Les Prédateurs

7 octobre 2015

The Hunger

La ville s’étale devant moi.

4h. L’homme que j’aime n’est pas à mes côtés. Il est quelque part, chez lui, seul, en famille ou nu dans son lit avec une autre. Je ne sais pas, je ne le connais pas encore. Il n’est qu’un point lumineux au milieu des milliers autour, il est peut-être un visage que je croise chaque jour. Il faudrait que je puisse le reconnaître à l’odeur comme une vampire a la recherche d’une proie blessée. J’ai des pensées étranges, j’ai revu ce film il y a quelques jours, j’ai rêvé aussi. J’étais dans un appartement immense, nous étions autour d’une table, il y avait ces deux jeunes femmes qui parlaient, les veines de leur cou pulsaient sous nos yeux affolés et excités. Cette sensation intense de penser à faire du mal, leur sauter à la gorge, leur déchirer leurs vêtements et les dévorer. Il y a cette alchimie, quelque chose d’indéfinissable qui unit les gens comme nous, un amour de la chasse puis ce désarroi, ce vide une fois le délit commis. Comme une petite mort, un orgasme après une violente montée, intense et éphémère.

Où es-tu mon John Blaylock ? 

Baise-moi

5 octobre 2015

 Illustration Freak City

La majorité des hommes ont peur de décevoir les femmes seulement sur leurs performances sexuelles. A les écouter ils sont obnubilés par la taille, la vigueur, l’endurance et tout un tas de prouesses qu’ils pourraient réaliser avec leur sexe.

Les hommes ne nous comprendront jamais.

Heureusement, il arrive parfois que nous ayons la chance de croiser la route d’hommes véritablement intelligents, fins, drôles, imaginatifs… Parfois ils ont même l’embellie d’être de merveilleux amant avec ou sans le sexe et les performances de Manuel Ferrara.

La déception que l’on peut lire sur mon visage n’a jamais été de l’ordre physique voire sexuelle, jamais. Tout simplement parce qu’à moins d’un handicap évident et encore, la sensualité, la sexualité varient tellement en fonction des autres curseurs qu’il y a toujours moyen de s’éclater entre personnes un minimum cérébrées.

Ma plus grande déception fut plutôt de penser un homme assez intelligent pour voir au-delà des apparences, des « on-dit »… De le croire connecté à mon cerveau intensément.

J’ai été terriblement déçue.

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