La Petite Ourse

19 août 2015

   
 Photographe http://clementjolin.com

Elle est arrivée dans ta vie par la petite porte ou une fenêtre entrebâillée, Zoé.

Zoé peut être brune ou blonde, grande ou petite, très mince ou voluptueuse, Zoé a surtout 25 ans.

Un soir dans ton lit au fin fond de tes vacances familiales, une demande sur Facebook, une photo de profil d’un petit groupe de jeunes femmes, quelques amis virtuels communs, une invitation inoffensive. Plusieurs soirées passent, tu caresses la touche « confirmer » sans le faire, tu ne sais pas vraiment pourquoi, l’instinct du danger peut-être.

Ta femme, ta régulière ou la fille du moment n’a pas répondu ou n’est juste pas là ce soir là, tu te sens bien seul, tu tripotes ton téléphone, tu réponds aux plaisanteries graveleuses de tes potes, tu retombes sur sa demande et cette fois tu l’acceptes, l’innocente curiosité.

Quelques minutes plus tard, sans vraiment l’attendre, un premier message privé « Le mystère de la voiture moutarde rue Paradis prend fin ! » Ta réponse est tout aussi banale et insignifiante… S’en suivra des échanges rythmés par tes vacances, légers, intéressés, de plus en plus complices puis évidemment de plus en plus attendus et excitants. Les vacances ont pris fin. Zoé, son joli minois et son corps puzzle ne sont plus à des heures d’avion mais à quelques minutes, tout près.

Et là, la tentation brûle, les mots prennent tout à coup beaucoup plus d’importance, les temps de réponse en disent long, une journée devient une semaine, il n’y a plus de recul, impossible de relativiser, il y a le jeune corps de Zoé, sa peau, sa langue, sa douceur, ses mots, ses désirs… Ce fantasme absolu de la candeur qui est là dans ton cerveau. Tu veux la voir, la prendre, c’est très fort et ça te brûle.

Alors il n’y a plus de raison.

Il est 1:20, tu as résisté. Tu n’as pas donné signe de vie, tu te dis que c’est mieux ainsi, tu vas t’endormir.

« Tu fais quoi de beau ? »

« Je suis dans mon lit et toi ? »

« seul ? J’interviens à quel moment ? » Écrit-elle, sûre d’elle, cette salope de Lolita.

Tu lis sa dernière phrase et tu sais que la petite Ourse va te déchiqueter mais tu réponds quand même et surtout ce qu’il ne fallait pas.

« Viens. »

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