Bonheur immortel

11 août 2015

  A Campica – Brando – Cap Corse 

J’ai déposé quelques gouttes d’huiles essentielles pour me protéger des moustiques. J’ai mis mon téléphone en mode avion pour me protéger de l’envie de répondre trop vite.

Il est 21h30, quelque part au milieu du Cap Corse, dans deux jours je rentre, la pression monte. 

En attendant, je profite de ces derniers jours pour inhaler ce passé heureux retrouvé un peu par hasard. Une sœur et un frère qui comme nous ont perdu leurs parents amis des nôtres. Alors nous passons des heures à raconter ce que nous n’oublierons jamais, ces moments si doux où nous étions totalement inconscients de vivre le bonheur total. L’insouciance rythmée de sérénades, la Dolce Vita arrosée de liqueur à la myrte, un temps vécu au bord de l’eau où les femmes irradiaient par leur beauté simple, où les hommes ne pensaient qu’à les combler. Ces dîners interminables dans cette belle maison qui surplombe les roches noires, entourée de ces arbres dont les racines baignent dans la mer. Ces levers de soleil accompagnés de chants traditionnels, ces journées à lézarder sur des planches de crique en crique, seins nus et cœurs généreux. Je vois leurs sourires, j’entends leurs rires. Qu’il était doux ce temps béni par les Dieux, ces années lointaines qui nous lient à jamais.

Depuis quelques jours, nous rejouons les scènes sans eux, nous sommes beaux et bronzés, nos yeux brillent quand les prénoms des êtres aimés rythment les anecdotes que nous nous racontons.

Cette soudaine attraction, cette évidente complicité nous permettent de revivre ces étés irréels de notre adolescence de Princes et de Princesses.

Le temps de nos Seigneurs Immortels.

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