SAVAGE

31 août 2015

  Les jardins Sauvages

Je ne me coiffe plus, je viens de rentrer chez moi, j’ai dormi 4h en 48h. Voilà le résumé d’un week-end que je n’ai pas vu passer.

Nous sommes lundi, il est 20h, je suis seule, tout a coup un grand silence, les vrais, faux, nouveaux, futurs amis ne sont pas ou plus là. j’ai envie que quelqu’un soit  près de moi, il faut bien des défauts à cette liberté tant voulue. Tout ça est très fragile, et en quelques secondes on peut basculer du Paradis à l’Enfer. Les choses auraient pu mal tourner chacun des soirs, je vis dangereusement la plus belle des insouciances, celle de n’avoir aucune contrainte et le cerveau d’une fille qui sort en baskets assorties à un short trop court. Je me cherche. Et toi tu t’y perds.

je ne sais plus où j’étais et ça a commencé trop tôt dans la semaine, boire un spritz avec des suédoises en écoutant Mr Oizo, ou une skøll avec des italiens dans la fosse d’un Silo arrosée de bulles, sautiller sur un toit plein de boules à facettes et prolonger dans une exposition où tu admires des oeuvres moins chères qu’un sac hors de prix, danser nue dans le désert pour un Chamane, partir en Belgique sur un bateau entourée d’indiens et de médecins, finir dans un appart à la vue et aux jeunes hommes imprenables, j’en passe et des pires. Je me garde le meilleur pour moi.
Ce week-end fût fou, le raconter n’a finalement aucun intérêt, il valait mieux le vivre.

J’ai besoin de dormir un peu, demain ce sera encore plus mouvementé, c’est la rentrée.

Les vacances sont bien finies et la sieste de 17 à 18h aussi.

Les Collectionneurs 

25 août 2015

  The Selby

« L’inconnu, c’est toujours excitant…  » dit David Lynch. 

Je pourrais écrire jour et nuit sur les « Amoureux de l’éphémère« . Il n’y qu’à lire ici pour s’en rendre compte. Une véritable obsession. Je les aime, ils me comprennent, ils sont comme moi. Il y a ceux qui collectionnent les beautés féminines ou masculines, d’autres les belles montres ou de beaux bolides. Ils ne se contentent jamais de l’exclusivité, ils sont fidèles à leur infidélité.
Pourtant depuis quelques jours, j’ai cette envie de voir toujours le même pour partager avec lui des choses simples mais un tout petit peu plus que manger, boire et baiser. Mais ce n’est pas si évident de croiser le chemin d’une personne qui éclipserait la liberté, la découverte, la nouveauté, ces moments surprenants d’un célibat affirmé.

Chose étrange, je commence à me lasser même de la nouveauté. Plus personne ne me surprend, ne m’intrigue, ne fait augmenter mon rythme cardiaque au ding de mon téléphone. C’est d’une tristesse, ces mêmes belles gueules, ces corps parfaits, leurs intelligences à la limite de la prétention comme si je devais manger mon plat préféré trop souvent.

Il y en a bien un ! Qui pourrait être un harem à lui tout seul, rassurant et excitant, peut-être qu’il est là à côté de moi mais que je ne le vois pas. Peut-être que je m’expose trop ici.

A croire que l’Amour de la nouveauté rend lui aussi aveugle et sourd.

Jeunesse éternelle 

24 août 2015

 

Malmousque – Instagram alabama_duel

Le monde et la tête à l’envers. Je suis Benjamin Button.

Il est 8h30, la réunion va bientôt commencer. J’écoute les conversations, des week-ends à l’opposé des miens, ceux que je vivais avant. Cette période me semble si lointaine comme si j’avais été une femme il y a 20 ans et qu’aujourd’hui je vivais la vie d’une adolescente.

Je prends parfois la Corniche le matin. Je passe devant le Sunset, la rentrée scolaire est pour bientôt, la terrasse sera pleine de lycéens, les garçons n’ont pas de barbe mais arborent fièrement leurs PO 714, des Steeve MacQueen à peine majeurs déjà sûrs d’eux. Les filles sont discrètes, grandes et fines, souvent en ballerines, rien d’ostentatoire. La bourgeoisie dans le sud est teintée de St Germain. Quand on se rapproche, sous leurs chemises ou robes à peine froissées, on peut voir quelques tatouages ou à leurs doigts de grosses bagues. Quelques détails rebels juste là, pour faire angoisser leurs parents qu’ils ne voient jamais.

Je pense à cette période où je croisais souvent Antoine qui jouait tous les jours aux cartes avec ses amis peu soucieux de leurs emplois du temps d’étudiants. Je déposais mes enfants à l’école privée juste à côté, chaque matin pendant quelques mois, je m’asseyais à la table juste derrière, un thé fruits rouges et quelques pages de la Provence plus tard, je partais travailler. A chaque fois, je sentais son regard se posait sur moi, ni insistant ni malsain, juste curieux et parfois accompagné d’un sourire angélique.

Un vendredi matin, je n’avais pas mon sac en cuir mais un grand cabas en tissus avec mes affaires de plage. Je descends à pied vers l’accès à la mer, j’étais seule, je venais de partir du bar. Je sens une présence derrière moi, c’était Antoine et ses amis. J’installe ma serviette sur le rocher, Malmousque est désert. Ils chahutent et plongent. Je fais semblant de lire.

Je ne sais pas ce qu’il m’a pris d’aller nager si loin, je ne sais pas ce qu’il m’a pris de le laisser s’approcher si près, je ne sais pas ce qu’il m’a pris quand il a plaqué son torse contre mon dos et défait les noeuds de mon maillot.

Je ne sais pas.

« Notre vie est définie par des opportunités… Même celles qu’on manque. » 

 Instagram @ alabama_duel

La lumière du jour m’a un peu surprise, il y a deux types d’hommes, ceux qui savent me faire l’amour et les autres. Finalement la première catégorie n’est pas la plus fréquente et quand ça arrive ça en a que plus de valeur.

Il est 11h, je me promène au milieu des touristes, la ville est belle, il fait beau, un petit vent me donne l’air d’être naturellement décoiffée, je souris, je me sens bien, je n’ai quasiment pas dormi. J’ai cette sensation étrange que tout le monde me regarde, que tout le monde le sait.

Cette soirée avait commencé par la dégustation d’une délicieuse soupe aux amandes fraîches et à l’ail, cette soirée ne présageait finalement pas de baisers langoureux.

Étrange coïncidence la dernière fois que j’ai embrassé un homme après avoir manger de l’ail s’en est suivi 3 ans de désir intense.

Chaque rencontre a ses règles, l’adéquation de plusieurs variables, ce qui est valable pour l’une ne l’est pas toujours pour l’autre. Il y a l’alchimie des corps bien sur mais au delà de ça, l’envie de parler, de partager, de simplement se regarder.

Alors en marchant, le corps chaud et encore plein de son odeur, je me dis juste que j’ai envie de boire un café parce que l’ail c’est tenace tout en savourant ce petit goût simple au bout de ma langue.

Une nuit en toute simplicité.

La Petite Ourse

19 août 2015

   
 Photographe http://clementjolin.com

Elle est arrivée dans ta vie par la petite porte ou une fenêtre entrebâillée, Zoé.

Zoé peut être brune ou blonde, grande ou petite, très mince ou voluptueuse, Zoé a surtout 25 ans.

Un soir dans ton lit au fin fond de tes vacances familiales, une demande sur Facebook, une photo de profil d’un petit groupe de jeunes femmes, quelques amis virtuels communs, une invitation inoffensive. Plusieurs soirées passent, tu caresses la touche « confirmer » sans le faire, tu ne sais pas vraiment pourquoi, l’instinct du danger peut-être.

Ta femme, ta régulière ou la fille du moment n’a pas répondu ou n’est juste pas là ce soir là, tu te sens bien seul, tu tripotes ton téléphone, tu réponds aux plaisanteries graveleuses de tes potes, tu retombes sur sa demande et cette fois tu l’acceptes, l’innocente curiosité.

Quelques minutes plus tard, sans vraiment l’attendre, un premier message privé « Le mystère de la voiture moutarde rue Paradis prend fin ! » Ta réponse est tout aussi banale et insignifiante… S’en suivra des échanges rythmés par tes vacances, légers, intéressés, de plus en plus complices puis évidemment de plus en plus attendus et excitants. Les vacances ont pris fin. Zoé, son joli minois et son corps puzzle ne sont plus à des heures d’avion mais à quelques minutes, tout près.

Et là, la tentation brûle, les mots prennent tout à coup beaucoup plus d’importance, les temps de réponse en disent long, une journée devient une semaine, il n’y a plus de recul, impossible de relativiser, il y a le jeune corps de Zoé, sa peau, sa langue, sa douceur, ses mots, ses désirs… Ce fantasme absolu de la candeur qui est là dans ton cerveau. Tu veux la voir, la prendre, c’est très fort et ça te brûle.

Alors il n’y a plus de raison.

Il est 1:20, tu as résisté. Tu n’as pas donné signe de vie, tu te dis que c’est mieux ainsi, tu vas t’endormir.

« Tu fais quoi de beau ? »

« Je suis dans mon lit et toi ? »

« seul ? J’interviens à quel moment ? » Écrit-elle, sûre d’elle, cette salope de Lolita.

Tu lis sa dernière phrase et tu sais que la petite Ourse va te déchiqueter mais tu réponds quand même et surtout ce qu’il ne fallait pas.

« Viens. »

Désir en suspens

17 août 2015

  Rue du petit chantier Marseille Instagram @miss_isajane

Les vacances commencent pour certains, se finissent pour d’autres. On a encore envie de faire l’amour un peu plus souvent que les autres mois de l’année.

La peau dorée, les tenues plus légères, le corps affiné jouent en notre faveur. Il y a du sable encore un peu au fond des sacs, des lunettes de soleil aux verres rayés et un roman à la jaquette usée. Les journées se réduisent comme pour nous préparer au changement de rythme, on y pense en regardant les clairefontaines envahir les rayons, les factures s’accumuler sur la table et cette envie d’aller s’acheter une nouvelle paire de bottes.

Moi ce soir je n’avais qu’une seule envie et ce n’était pas de mesurer 7 cm de plus.

J’ai imaginé toute la journée que j’allais le revoir que ce serait encore plus excitant que la première fois. Il y a ce mélange comme quand on goûte une nouvelle fois à quelque chose de très bon avec encore des tas de choses à découvrir que l’on n’a pas pu assouvir.

Les deuxièmes fois sont révélatrices d’un désir suivi d’un point ou de trois, elles déterminent souvent la suite des événements, un jamais deux sans trois ou un plus jamais.

L’été prend la pente douce vers l’automne… Mon désir est en suspens.

Improvisons.

Ne me remerciez pas

16 août 2015

   
« Recevoir un message, regarder son téléphone plusieurs minutes, écrire une réponse, l’effacer. Voilà ce que nous sommes capables de faire, peut-être parce que ce message nous ne l’attendions pas ou plus. » Cette phrase on peut tous l’écrire parce qu’on l’a tous vécu.

Le désir pré-coïtal est souvent beaucoup plus indulgent que le plaisir du lendemain matin. Les réactions des uns et des autres évidemment varient en fonction de l’attachement, du sentiment amoureux mais généralement même sans amour, la susceptibilité féminine est à son maximum une fois passée à l’horizontale.

Une amie me disait très justement hier « c’était vraiment une belle rencontre, l’évidence intellectuelle et sexuelle, un week-end parfait… Je ne m’attendais pas à une déclaration ou une demande en mariage. C’est fou cette schizophrénie, ce déni une fois l’Animal repu… »

Il y a une alternative au silence quasi souillant bien plus que du foutre sur une paire de seins. Quelques mots, un sourire sans promesse, ou juste Merci.

Merci l’Homme du moment.

Bonheur immortel

11 août 2015

  A Campica – Brando – Cap Corse 

J’ai déposé quelques gouttes d’huiles essentielles pour me protéger des moustiques. J’ai mis mon téléphone en mode avion pour me protéger de l’envie de répondre trop vite.

Il est 21h30, quelque part au milieu du Cap Corse, dans deux jours je rentre, la pression monte. 

En attendant, je profite de ces derniers jours pour inhaler ce passé heureux retrouvé un peu par hasard. Une sœur et un frère qui comme nous ont perdu leurs parents amis des nôtres. Alors nous passons des heures à raconter ce que nous n’oublierons jamais, ces moments si doux où nous étions totalement inconscients de vivre le bonheur total. L’insouciance rythmée de sérénades, la Dolce Vita arrosée de liqueur à la myrte, un temps vécu au bord de l’eau où les femmes irradiaient par leur beauté simple, où les hommes ne pensaient qu’à les combler. Ces dîners interminables dans cette belle maison qui surplombe les roches noires, entourée de ces arbres dont les racines baignent dans la mer. Ces levers de soleil accompagnés de chants traditionnels, ces journées à lézarder sur des planches de crique en crique, seins nus et cœurs généreux. Je vois leurs sourires, j’entends leurs rires. Qu’il était doux ce temps béni par les Dieux, ces années lointaines qui nous lient à jamais.

Depuis quelques jours, nous rejouons les scènes sans eux, nous sommes beaux et bronzés, nos yeux brillent quand les prénoms des êtres aimés rythment les anecdotes que nous nous racontons.

Cette soudaine attraction, cette évidente complicité nous permettent de revivre ces étés irréels de notre adolescence de Princes et de Princesses.

Le temps de nos Seigneurs Immortels.

Marques

8 août 2015

  Instagram @70sdaily 

J’ai croisé une très belle femme brune aujourd’hui à la plage, elle n’avait pas d’âge, elle portait un maillot une pièce en crochet noir qu’elle roulait une fois allongée sur sa rabane. Mon attention s’est tout de suite portée sur ses seins très blancs et ses deux fines marques tout aussi blanches au niveau du bassin, sans doute dues à un bikini trop petit. Elle sortait tout droit d’un film des années 70. Très excitante sans une once de vulgarité.

Je l’ai imaginée nue sur un lit dans l’obscurité, j’ai imaginé que l’homme qui serait avec elle ne verrait en fait que ces deux marques quasi phosphorescentes lors d’une levrette digne d’un chef Inuit… Je crois que ce séjour en Corse loin de toutes animations qui ont rythmé mon hiver commence à me rendre dingue. J’ai des hallucinations, j’ai des envies terribles la nuit, de musique, d’alcool, de cigarettes, de baisers volés, de sexe devant un immense miroir, de fourrure, d’un petit 18 degrès, de dessous rouges. Mon imagination divague, je la suis dans mon lit tous les soirs dès 21h30 comme si j’étais une ado punie de sortie.

Le rituel a commencé, je ferme les yeux, j’ai chaud, mes jambes s’agitent, le drap s’enroule autour de mes cuisses… Il est temps que j’arrête, je vais finir par y prendre goût. A cette romance 2.0.

sexualité sémantique.

Célibat accompagné

2 août 2015

 
Avant l’autre était souvent le même, ça se comptait en année. Aujourd’hui il n’y a plus vraiment d’autre, ça fait un an.

j’étais dans mon lit, en Corse, sans lui, j’essayais de ne pas craquer, de me tenir à ma décision d’arrêter cette histoire. Plus pour le mettre à l’épreuve que pour d’autres raisons, quitter pour savoir si l’autre nous aime est une façon comme une autre de se faire du mal mais c’est assez efficace. Un mois plus tard une nouvelle dormait à ma place, j’imaginais sa tête s’enfonçait dans l’oreiller, ça a le bénéfice d’éviter de regretter.

Cette première année de célibat fût plutôt positive, je me sens mieux, je ris plus souvent, quelques hommes et femmes ont partagé de bons et de mauvais moments avec moi. J’ai désiré, aimé, détesté aussi, j’ai même un peu minci, il faudrait que j’arrête de fumer pour garder encore un peu mes seins, Ça peut toujours servir.

Il est 22h, je souris devant mon écran comme une ado devant snapchat. Je lis les réponses à des questions indiscrètes, j’aime qu’on me raconte, qu’on me détaille et il s’exécute avec la finesse et le piquant des hommes qui savent plaire aux femmes comme moi.
Je suis curieuse d’en savoir plus. Je vais sans doute le regretter, nous sommes trop souvent du même avis. Il vient de me répondre  » Tu es comme moi ! ».

On va se faire du mal et ça pourait être tellement bon quelque part entre L’Isle-sur-la-Sorgue et Toys R Us.

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