Solitude accompagnée 

13 juillet 2015

 
© Matthew Oliver CalviOnTheRocks

Calvi c’est fini, je suis dans mon lit, je fais défiler les photos en attendant que mon cerveau décide enfin de déclarer forfait. Je suis de ces personnes qui n’arrivent jamais à s’arrêter, alors je me lève en pleine nuit pour aller danser des heures et essayer d’exténuer cette chose qui me possède.

Il est 2h je suis collée aux baffles à en devenir sourde, il y a ce garçon souriant à côté de moi, nous sommes contre la barrière, j’ai la tête baissée, les yeux fermés, mon visage fouetté par mes cheveux au rythme de Ready for the floor. Le son me transperce, il irradie tout mon corps, le point G atteind, j’ouvre ma bouche pour trouver un peu d’air. J’aime cet état de trance, sans alcool, sans substances, juste de bonnes vibrations, la musique comme seule drogue, puissante, euphorisante, jouissive.

Il est presque 4h, je n’arrête pas j’en veux encore, comme une nymphomane je cherche un nouveau plaisir, il y a ces mini cabanes installées à l’entrée du festival, je me faufile, bras levés, la nuque trempée, les boots blanchies de poussière, j’ai envie d’y laisser ma peau, je colle mon ventre contre les platines, un Jésus blond envoie de la deep house, il fait tellement chaud, peut-être 40 personnes dans 12 mètres carrés, je suffoque mais plus rien n’a d’importance. je sens les seins chauds de BB derrière qui tambourinent mon dos, je suis bien, je ne veux pas que ça s’arrête. Les gens crient autour n’ayant que le son comme seul Dieu.

Il est 6h, je suis scotchée contre le mur à la droite d’Etienne, son Hashtag My Ass met d’accord la foule compacte, je dégouline sans bouger une oreille, autour ça saute dans tout les sens, il faut que je sorte de là, impossible, je suis crucifiée, seule, entourée de centaines d’inconnus.

Ma solitude prend fin, je marche sur les pavés qui me mènent à mon hôtel, il est 8h, je ne sens plus mon corps, je croise une tribu d’indiens surexcités, je suis prête à les suivre, remonter vers la citadelle, mais non je m’effondre, juste assez d’énergie pour rentrer. Je finis ces 24h, le cerveau rassasié, allongée sur mon lit, en fond sonore le ronronnement de la clim, je m’apaise enfin, des mains me caressent, ce ne sont pas celles de ma belle amie mais d’inconnus au visage peint qui dansaient avec moi, je rêve que je fais l’amour avec cette marée humaine. Il y a des plumes, des yeux qui pétillent, des corps doux et dorés.

Il est midi, je jouis. Seule.

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