Le jour où j’ai attrapé un coup d’Amour

19 juin 2015

Photographe @ Thomas Mailaender
Ou plutôt la nuit. je commence par le début ; J’avais 15 ans, je fréquentais la place de la Préfecture, j’étais de ceux qui se retrouvaient devant le Cortes tous les samedis après midi. La jeunesse marseillaise n’avait pas d’iPhone, pas de Facebook, ou de Tinder. A l’époque pour rencontrer, il fallait sortir, parler, matter, faire rire, avoir de la personnalité ou être beaux. Il était très beau, charismatique, brun accompagné d’un blond tout aussi beau mais à l’époque mon penchant pour les blonds n’existait pas. Le brun avait cette beauté sans âge, intemporelle, quasi irréelle. J’étais amoureuse en secret comme la plupart des filles de l endroit en vue. Il sortait avec une fille très belle aussi mais je n’en garde aucun souvenir. Il éblouissait tout.  10 ans plus tard, je suis dans un autre endroit à la mode, comme on disait, La Mer, j’ai 25 ans. Ce soir là, je suis fraîchement celibataire, je porte un mini short Versace dans les tons de bleu avec des poissons multicolores et un débardeur très moulant jaune, je ne suis pas devenue belle mais je me sens sûre de moi. Cette attitude extravertie qui cache une timidité invisible. Je me faufile entre les tables essayant de marcher avec assurance sur mes talons. Je croise un regard, un sourire, c’est le Brun que je n’avais plus revu, il est toujours aussi beau, peut-être encore plus, il ne m a pas reconnu… Évidemment il ne m’a jamais vue. Mais moi je ne suis plus la jeune adolescente complexée par sa poitrine que je cachais sous une salopette, un tee Mickey et chaussée de vilaines Doc Martens. Je ne suis pas devenue une fille avec qui il se montrait par magie mais mon cerveau reptilien a pris le dessus. Et ce soir là, je n’ai peur de rien, je ne ne rougis pas, je ne baisse pas les yeux. Je lui plante mon regard dans le sien et je lui parle. Imcapable de me souvenir de quoi mais j’ai du le faire rire ou alors il était assez saoul pour parler à un mini short et une paire de seins assumés. J’ai embrassé le brun. J’ai suivi le brun. J’étais sur un petit nuage. 10 ans plus tard je réalisais enfin un fantasme qui a du me faire serrer les cuisses des nuits entières en culotte petit bateau… Le Brun a disparu de ma vie comme il y en était entré. Pas de sms ou de message privé, à l’époque, seul le destin faisait bien ou mal les choses. Il y a quelques jours, au hasard des liens de cette source intarissable qu’est le net, j’ai vu un visage sur lequel j’ai bloqué, sans le reconnaître.

Il est devenu magnifique…

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