Jeunesse en suspens

15 juin 2015

  Les Jardins Suspendus

Le soleil rase les barrières de sécurité, les rayons transpercent les mini shorts, il est 20h, ce que la ville compte de jeunes étudiants et coiffeurs se sont donnés rendez-vous comme chaque dimanche.

Il n’y a pas vraiment de juste milieu, ici le modéré, le simple, le minimal n’existent pas, tout est dans l’extrême, tout est entre le franchement laid, vulgaire, ostentatoire comme magnifique, majestueux, remarquable. Il y a une beauté sauvage qui se dégage de ces jeunes gens, leur peau souvent mélangée, leurs corps galbés, filles ou garçons, du pire au meilleur, ils ne laissent pas indifférent. J’aime les regarder des heures, le rituel est toujours le même, ils sont là face au DJ, un léger hochement de tête pour les plus mélomanes, des rires et des cris en rythme avec les bouteilles de rosé qui s’accumulent sur les tables. La jeunesse se pavane, une horde de jambes interminables, de décolletés dorés, de belles gueules barbues et de torses cachés sous ses tee-shirts American Apparel consciemment trop longs, au milieu quelques quadras s’enivrent de ce paradis perdu. Alors comme eux, je me cache sous les artifices de la jeunesse qui ne font pas vraiment illusion, l’allure peut-être mais les détails sont des traîtres. Il est 22h, j’embrasse comme une adolescente à la jupe en cuir trop courte une barbe rousse entre deux gorgées de bière tiède, j’ai 18 ans moi aussi, quelques heures.

« Le jour se lève et j’ai très mal dormi… » j’ai ce refrain dans la tête, et cette envie de rester au lit. J’ai ressenti cette chose étrange, ce petit pincement quand on sait que c’est le dernier baiser.

Je n’ai plus l’âge de mon rythme de vie par contre j’ai bien les cernes qui vont avec aujourd’hui.

%d blogueurs aiment cette page :