La saveur de l’interdit

12 juin 2015

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Tous les étés je partais dans mon village en Corse.J’avais l’autorisation de minuit. Je sortais avec des garçons plus âgés et mon principal critère de sélection était la possession d’une voiture.

Ange Pierre n’était pas le plus beau garçon de la commune mais il avait une golf GTI blanche, un atout de taille. Il venait me chercher à 11h pour m’accompagner à la plage puis le soir vers 20h pour aller dîner à Erbalunga. Il me ramenait à 23h45 tapantes, mes tantes nous attendaient sur la muraillette. Je rentrais avec elles et je feignais d’aller me coucher sagement. Une demi-heure plus tard, j’enfilais une robe un peu plus courte et je ressortais en silence par les toits. Le dévoué Ange Pierre au péril de sa vie m’attendait au pont à l’entrée du village et nous repartions en direction de Sisco au Bimbo. C’était une minable boîte de nuit en plein air où j’ai passé les plus excitantes nuits que nous terminions une fois sur deux en bain de 4h du mat, tout nus sur la plage de Pietracorbara.

L’année de mes 18 ans, j’ai eu l’autorisation de sortir. Je n’ai jamais plus ressenti cette sensation terriblement excitante de braver l’interdit.

Il paraît que lorsqu’on se sépare, c’est la même chose. Les sorties, les rencontres n’ont plus ce goût délicieux.

Je ne vais peut être pas me séparer, tout compte fait.

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