Un long été à la mer

27 août 2012

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Les Garçons Crus †

Bientôt septembre, et mon apparence estivale va devenir aussi pathétique que celle d’une quadra qui accumule les signes de sa peur de vieillir.

Sinon tout va bien, j’ai changé d’amis.

Ou plutôt j’ai gardé les fidèles et de nouvelles connaissances font aujourd’hui partie de ma vie.

En moyenne, ils sont plus jeunes, plus beaux, plus riches comme je l’étais à leur âge.
J’écoute leurs préoccupations, leurs loisirs et leurs déviances. Des récits, l’expérience de leurs 30 ans que je revis par procuration. Je me sens bien avec eux, je les regarde en repensant aux très belles années qui ont fait de moi une maman, une propriétaire, une femme pleine de projets en figeant quelques grammes de cellulite pour surtout ne jamais les oublier, tous les matins, nue devant ce miroir impartial.

J’aime écouter la vie des autres, j’aime la lire aussi.
Alors j’achète des romans mais le plaisir de découvrir en temps réel, la vie cachée du commun des mortels, n’est pas le même.
Il y a en pas cet exhibitionnisme indécent à écouter ces amis, la pudeur des uns, l’impudeur des autres.

Il est tard dans ce restaurant à la vue phénoménale, autour de la table, personne n’en parle, l’attention, la discussion ne sont motivées que par des choses bien plus ordinaires. Des quotidiens si riches de banalités que je ne m’arrêterai jamais d’écrire ici si j’en avais le temps.

Je suis admirative de ceux qui inventent totalement, ce n’est pas mon cas. Je n’ai pas ce talent. Il est 23h, je puise mon inspiration en mangeant des calamars frits et leur sauce à l’ail.

Tout ici n’est que ressenti de ce que je vis ou ai vécu, de ce que mes proches me racontent. J’invente aussi bien sûr. Je n’ai pas la volonté d’exhiber ma vie, j’essaie plutôt d’être dans une forme d’analyse de nos comportements. Je me base sur des faits ordinaires et c’est vrai que beaucoup s’y retrouve, pensant que tout ce que je dis est vrai parce que ça fait réel. Un mélange de mayonnaise et d’aïoli.

Il y a quelques jours, j’écoutais un ami me dire que certains trouvaient mes posts presque malsains, obscènes, que j’étalais mon intimité, ma vie sans pudeur. Evidemment, cela m’a déstabilisé, évidemment j’aimerais rencontrer ces personnes, me défendre et peut-être que ce sont les mêmes qui, une fois en face de moi, me disent que j’écris bien et que je dois continuer.

J’ai longtemps porté un masque, pour protéger mon anonymat, j’ai voulu me dévoiler, j’ai perdu un peu de liberté.

C’est toujours dur, d’entendre la vérité des autres.

Ma vérité est ailleurs. Ici que des réalités ressenties.

Je ne suis qu’une « femme crue ». L’interprétation est libre.

« l’écriture ne soulage guère. Elle retrace, elle délimite. Elle introduit un soupçon de cohérence, l’idée d’un réalisme. » extrait de Rester vivant – Michel Houellebecq

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