Été acidulé

6 juin 2012

Stupid Little

« Qu’est ce que ça fait d’être heureuse ? »

De loin tu as l’impression que ça ne t’arriveras plus jamais d’être bien, d’être sans souci, d’être heureuse. Comme avant, comme quand tu ne gagnais pas d’argent que tu ne travaillais que le mois de juillet pour tout dépenser en août. Que tu passais tes journées dans des piscines immenses et tes nuits sur des plages bruyantes, moites à l’ambiance musicale acide pour ceux qui se souviennent d’Inside Out de Phuture.

J’ai fermé les yeux, la musique, seule, me tenait debout, je dansais, la foule autour était immense, compacte et douce. Je balançais mes épaules sans bouger le reste de mon corps, une scie, un bruit aigu rentrait dans mon cerveau, ma tête se dévissait… ça rentre, ça rentre, je ne veux plus que ça s’arrête, je suis tellement bien, plus aucune douleur, plus aucune pensée, il n’y a que les vibrations, ce sifflet, ce son entêtant, ces oiseaux, ces corps qui me touchent, je suis électrique. J’ai envie de faire l’amour, là au milieu de tous. Le son me prend la tête, le corps, je tombe sur mes genoux, le tempo ralentit, le sable est chaud sous ma peau, j’ondule, mon ventre danse seul, les bras levés, je souris, on dirait que j’implore un dieu. Le dieu Ron Hardy, qui quelques nuits diffuse ce son, cet Acid Tracks qui se faufile entre les jambes des filles, sautille le long des cuisses, rebondit contre les seins, s’engouffre dans leurs bouches, explose dans leurs cerveaux puis disparaît. Les ondes nous rapprochent, nous proposent une langue qu’on suce sans vraiment réaliser. Un bonbon mentholé.

Le bonheur, n’est que dans cet instant dont tu décalques les contours, juste avant de sauter, d’aimer, d’apprécier, de gagner, de jouir… de t’effondrer épuisé.

 Un bonheur acidulé.

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