Jalouse, toi-même !

19 juin 2012

Olivier Zahm –  La Communauté des Amants

Il y a ce pincement invisible et douloureux quand tu croises des regards complices ou juste amusés. Il est tard et la soirée a fait son effet, cette paranoïa alcoolisée qui te fait voir, entendre, ressentir des choses, comme devant ta tv mais c’est la réalité. Les grands jaloux le savent, ils ont souvent bien plus à se reprocher. Ils voient le mal partout et la plupart du temps, celui-ci leur donne raison. Comme si inconsciemment, ils poussaient l’autre à la faute, à force de prise de tête ou de couteau sous la gorge.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours été une grande jalouse d’amoureuse pour un rien et finalement pas quand j’aurais du l’être.

Les quelques fois où les hommes qui ont partagé ma vie m’ont trompé, je n’ai rien vu, je l’ai su après.

Finalement ce n’est pas l’Amour qui m’a rendu aveugle mais ma jalousie.

Rupture Amoureuse

18 juin 2012

Photographe Ryan McGINLEY

Un matin, je me suis levée avec l’idée de le quitter comme ça sans véritable raison. Je me suis préparée comme d’habitude, avec peut-être cette envie qu’il me trouve belle. On avait rendez-vous au parapet entre l’Escale et le bar Tabac à l’entrée du village. Il est arrivé en retard, j’avais un peu froid. Je suis montée dans sa vieille Abarth bleu ciel. Les virages du bord de mer m’ont donné mal au cœur, encore plus. On est arrivé à la Madrague de Montredon, il commençait à pleuvoir. Il s’est garé, je me suis tournée vers lui et j’ai dit : « C’est fini, je veux tout arrêter » s’en est suivi une discussion de plusieurs heures, il pleuvait de plus en plus fort et moi, je pleurais en rythme. Il m’a demandé pourquoi, j’ai répondu en bafouillant tout ce que je pouvais lui reprocher mais en fait rien n’était valable. Je voulais juste savoir, savoir s’il m’aimait autant que moi. S’il allait me supplier ou juste essayer de me reconquérir, moi qui étais totalement acquise. Je suis sortie de la voiture, il faisait beau. Les semaines ont passé, les mois, les années. Il n’a rien tenté et je ne l’ai jamais oublié. Je l’aimais trop ou il ne m’aimait pas assez. Ou peut-être qu’il était trop fier pour revenir et moi trop imbue de ma petite personne. Je ne saurai jamais. Quitter pour savoir si l’autre vous aime ou juste faire une erreur de fierté mal placée.

« Un matin comme les autres. Un nouveau pari. »

Été acidulé

6 juin 2012

Stupid Little

« Qu’est ce que ça fait d’être heureuse ? »

De loin tu as l’impression que ça ne t’arriveras plus jamais d’être bien, d’être sans souci, d’être heureuse. Comme avant, comme quand tu ne gagnais pas d’argent que tu ne travaillais que le mois de juillet pour tout dépenser en août. Que tu passais tes journées dans des piscines immenses et tes nuits sur des plages bruyantes, moites à l’ambiance musicale acide pour ceux qui se souviennent d’Inside Out de Phuture.

J’ai fermé les yeux, la musique, seule, me tenait debout, je dansais, la foule autour était immense, compacte et douce. Je balançais mes épaules sans bouger le reste de mon corps, une scie, un bruit aigu rentrait dans mon cerveau, ma tête se dévissait… ça rentre, ça rentre, je ne veux plus que ça s’arrête, je suis tellement bien, plus aucune douleur, plus aucune pensée, il n’y a que les vibrations, ce sifflet, ce son entêtant, ces oiseaux, ces corps qui me touchent, je suis électrique. J’ai envie de faire l’amour, là au milieu de tous. Le son me prend la tête, le corps, je tombe sur mes genoux, le tempo ralentit, le sable est chaud sous ma peau, j’ondule, mon ventre danse seul, les bras levés, je souris, on dirait que j’implore un dieu. Le dieu Ron Hardy, qui quelques nuits diffuse ce son, cet Acid Tracks qui se faufile entre les jambes des filles, sautille le long des cuisses, rebondit contre les seins, s’engouffre dans leurs bouches, explose dans leurs cerveaux puis disparaît. Les ondes nous rapprochent, nous proposent une langue qu’on suce sans vraiment réaliser. Un bonbon mentholé.

Le bonheur, n’est que dans cet instant dont tu décalques les contours, juste avant de sauter, d’aimer, d’apprécier, de gagner, de jouir… de t’effondrer épuisé.

 Un bonheur acidulé.

Pacadis – Le Palace

J’ai des nouvelles de mes vies par l’intermédiaire des autres. On me raconte ce que fait ma famille, ce que l’on croit que je fais. La situation a changé, pas les bruits qui courent. Je ne raconte quasiment plus rien ici ou ailleurs, l’extrapolation n’a même plus besoin de mon imagination. Quand j’étais une mère de famille critiquée, je rêvais de retrouver l’exaltation d’une jeunesse dissolue, quelques mois, le temps de m’en dégoûter. Finalement, la fausse jeune fille ivre qui ne rentre plus, ce ne sera pas moi. Les petites robes et les shorts trop courts restent dans ma minuscule penderie, au-dessus des chaussures qui ne me feront pas mal aux pieds. La démarche de travelo et l’haleine fétide, ne sont que des chimères de jeunesse éternelle que je me faisais le dimanche matin au Welcome Café, face à la plage des Catalans, quand les mères dorment.

« Nous ne sommes plus une vraie famille » « Je préférais ma vie avant » le plus dur étant d’entendre ces phrases en étant heureuse.

Le choix de Sophie et ses variantes.

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