Syndrome de Stockholm

8 janvier 2012

Chaises Charles et Ray Eames

Toute la nuit à jouer au chat et aux souris blondes.

Ses yeux se portent où sont déjà les miens, des filles souvent, une en particulier. Il est 6h du matin et ce début de soirée à l’ambiance suédoise est déjà très loin dans l’échelle de mes souvenirs embrumés. Je suis ivre de champagne et cette envie de dévorer une bouche sous des boucles dorées ne sera qu’une frustration de plus. Le plaisir sexuel n’est pas d’actualité, j’ai envie d’être entourée de mes amis et de m’en faire des nouveaux. Ce dîner est parfait, une quinzaine de personnes, 4 connues et 11 à découvrir, une jolie déco, du bon son qui ennivre tout autant que l’accent et les cocktails au gingembre de la maîtresse de maison.

Cette complicité qui commence m’excite terriblement, je suis sous le charme d’un cerveau reptilien féminin, tout ce qui sort de sa bouche est une danse des 7 voiles. Sa façon de s’habiller, son parfum, la couleur de sa peau, ses cheveux, ses mains, ses goûts en mobilier, sa musique et même sa façon de répondre à mes sms. Je suis là, toute maladroite, je bafouille, je rougis, j’ai 11 ans et un garçon va m’embrasser pour la première fois.

Il est 3h, on se chamaille sur le lit où sont posées les vestes des invités.

Il est 4h, un mauvais geste et une giclée de champagne dévoile mes seins sous mon tee-shirt mouillé.

Il est 5h, mes bras de part et d’autre de son visage d’ange, mes paumes contre les pierres apparentes de ce club, des dizaines de personnes nous entourent, j’ai envie de l’embrasser.

Il est 6h, je suis dans mon lit, seule, pleine de regrets. Vivement les remords.

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