Tu m’aimes ?

16 octobre 2011

JJJJOUND

Qu’est ce que c’est douloureux, d’être amoureux à se vacciner contre l’envie de l’être à nouveau.

Il est 16h, j’ai passé la journée dans le garage aménagé de Pascal, on a fait un peu de synthé, joué au Tétris, il m’a léché les seins ou plutôt le sein puisqu’à l’époque un seul avait poussé. Passer la journée sur un clic clac pourri et être la plus heureuse, quel manque de discernement prépubère manifeste. J’avais décidé d’aller un peu plus loin avec lui, de ne rien dire s’il essayait de baisser mon jeans pour que ses doigts passent enfin au-delà la couture de ma braguette. Il n’a pas essayé. A 15 ans, les garçons sont déjà un peu cons. Je suis rentrée chez moi j’ai traversé le salon comme une fusée, sans mot, tête baissée. Je me suis enfermée dans ma chambre, je crois que je n’ai jamais joui aussi vite en me caressant, je dois détenir le record du monde du coït par frottement de traversin. Le lendemain j’ai attendu que Pascal me téléphone, il ne l’a jamais fait. Cette mésaventure adolescente m’avait appris que toute intense, complice, merveilleuse une relation soit, elle peut se terminer brusquement, sans raison par le seul silence de l’autre ou sa seule fierté, les deux surdimensionnés.

J’ai passé des semaines à pleurer, les poumons compressés, le coeur éclaté, l’envie de gazer l’espèce humaine de tous les beaux garçons de 15 ans qui faisaient du skate torse nu.

J’ai croisé Pascal, plusieurs mois plus tard au Baze du Prado, il boitait.

Il avait eu un grave accident et un concours de circonstances a fait que je ne l’ai pas su.

A 15 ans, les filles sont définitivement trop fières et très connes.

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