Malaise ordinaire

3 octobre 2011

Photographe Elodie Daguin

Je suis épuisée. Il est 14h. Je ferme les yeux. Je suis allongée sur l’herbe au milieu des milliers de personnes pour qui je ne suis qu’une anonyme. Je ressens les basses de la musique le long de ma colonne vertébrale, ça me picote comme ces regards connus que je ne sens pas vraiment bienveillants. J’ai toujours cette sensation étrange d’être mal jugée. Il y a 25 ans, j’étais une adolescente fille de voyou, obligée de vivre dans la semi-clandestinité parce que mes parents n’étaient pas comme les autres. Je cachais ma vie comme je le fais depuis quelques mois par rapport à ce blog et ce personnage virtuel devenu encombrant. A 15 ans, j’étais faible et surtout la victime de cette situation. Aujourd’hui, je suis maître du jeu même si parfois je me surprends à essuyer quelques larmes de susceptibilité mal placée. C’est étrange, à l’heure où l’on voit des milliers de femmes et d’hommes nus pour vendre n’importe quel objet… les seins d’une anonyme dérange toujours. Peut-être que le malaise vient simplement  du fait que certains se disent que cette mère de famille ordinaire pourrait presque être la leur ou leur femme. Presque.

En ce moment je passe mes journées, mes nuits à observer les autres. Je deviens tout ce qui m’a toujours étonnée. Je porte même des baskets, un comble. Je deviens transparente. C’est mon tropisme passager pour tenter de me faire aimer, apprécier… accepter. Un truc inconscient pour être comme les autres, tous tournés vers le même point. Je ne sais pas. Mais ça me fait presque peur de vouloir rentrer dans le rang plus que de montrer mon cul pixélisé.

(Chéri si tu pouvais prendre le pain avant de rentrer. Merci)

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