Le monologue dépressif des vagins

14 septembre 2011

Photographe Sonya Kozlova

La banalité n’a plus de fond.

Comme toutes les personnes qui n’ont pas de vrais problèmes, elles se plaignent. Face à la maladie, les drames, la mort, la plupart resteront dignes et là, depuis quelques semaines encore bronzées de leurs vacances, elles balancent de longs monologues dans toutes les salles d’attente, comptoirs de commerces divers et autres salons de coiffure sur le vide de leurs existences pleine de petites contraintes.

Il est 7h35, je suis déjà dans les embouteillages, je regarde désespérée la poussière sous le pare-brise avant de ma Fiat 500. Je suis une caricature de blonde à qui il ne manque même pas un amant. Je fais tourner mon alliance autour de mon annulaire, en matant effrontément le jeune homme sur la Vespa bleu pâle qui vient de s’arrêter à ma hauteur. J’ai envie de partir à Rome. J’ai envie de partir à Rome. Tu entends ?! Toi ! Oui toi le père de famille respectable qui me lit tous les jours qui prie que sa femme ne me ressemble jamais… prends des billets, un bel hôtel et emmène-la ! Ne me remercie pas !

C’est toujours quand l’autre n’est plus là, volontairement ou non que l’on mesure son attachement. Je ne dis pas Amour, je n’y crois plus.

%d blogueurs aiment cette page :