Hasard

24 août 2011

J’étais rouge, toute rouge.

Il faut du temps pour oublier, certains quelques secondes en effaçant mail et numéro, d’autres plusieurs mois un peu durs où l’on maigrit et l’on sort un peu trop. Il y a ceux qui vous hantent à vitae aeternam. Une musique, une odeur, une simple couleur et des centaines de sensations vous bouffent le cerveau, vous le rongent des nuits entières à se retourner dans tous les sens dans un lit désespérément froid. Lui, je ne sais pas. C’est comme s’il n’avait jamais existé et en cela j’ai cette sensation que je ne l’oublierai jamais. Comme quelque chose d’inachevé, pas terminé.

Il y a plus de 20 ans sa peau, son allure, son rire. Je l’ai croisé hier, par hasard, nous avons discuté peut-être une demi-heure, il faisait extrêmement chaud, je n’arrêtais pas de sourire, je voyais mes dents dans le reflet de ses nouvelles lunettes. Je n’écoutais pas vraiment ce qu’il me racontait, j’avais mille choses à lui dire et je ne disais que des stupidités. Je l’ai senti mal à l’aise et ça me donnait envie de me coller contre lui pour écouter le silence au petit matin, juste avant qu’il ne reparte comme si c’était hier.

Je crois que toutes les histoires ont une fin. La notre n’a duré que quelques mois, elle a mis une éternité à se terminer.

Hier j’ai rayé un nom sur un mûr. Pour de faux, le sien.

Je suis repartie rouge, toute rouge.

Aujourd’hui. Il suffirait d’un signe pour m’apaiser mais mon numéro n’a jamais été enregistré dans son téléphone.

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