Tu la connais ?

18 août 2011

 

J’ai toujours tendance à reculer quand on vient vers moi. Ce que j’aime, c’est découvrir, observer, chasser ma proie … Peut-être parce que je ne suis pas très jolie que mon visage n’est pas à la hauteur de mon corps. J’ai toujours eu beaucoup plus de succès sur la plage qu’en boîte de nuit. Je me souviens que durant l’été 1984, un jeune homme de 23 ans était venu me parler sur la plage, je portais un maillot de bain une pièce avec un Mickey sérigraphié sur le devant. Le garçon me raconte qu’il attend sa petite amie, une fille canon qui doit arriver de Porto-Pollo avec le voilier de ses parents.

Il était beau, plutôt très mince, comme j’aime, châtain avec des reflets blonds, quelques pites de rousseur sur le visage et les épaules, son maillot de bain était rose, un Façonnable je crois. J’étais sous le charme, je ne disais pas grand chose. Il avait l’allure réservée et le style discret du garçon de bonne famille mais au fil de la discussion son langage tout en restant correct devenait de plus en plus tendancieux, il insinuait habilement que nous allions finir nus derrière les rochers ronds du bout de la plage d’Abbartello. Derrière mes wayfarer, mon jeune cerveau bourré d’hormones de la pré-pubère type n’a fait qu’un tour lorsqu’il pose une main sur ma cuisse, s’approche de mon cou, glisse son visage sous mes cheveux longs en chuchotant  » Imagine-toi ce soir quand la plage ne sera éclairée que par les lumières de la paillotte, dans la première crique… imagine-toi que je vais te baiser avec ma langue  » Je n’ai pas tressailli. Il a retiré sa main de ma cuisse et son souffle de mon oreille. Il me regarde sûr de lui et me demande  » Au fait tu fais quoi ? » « Je suis en 4ème » « En 4ème année de quoi ?! »  » En 4ème… J’ai 14 ans » … Malaise.

Il ne s’est évidemment rien passé avec moi au bout de la plage. Quelques années plus tard j’ai bien enfoncé la queue d’un grand brun dans ma bouche.

Nous avons deux enfants ensemble aujourd’hui.

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