Filles perdues… Cheveux propres

7 juin 2011

Photographe Erica Fava

Je suis accoudée au comptoir du Dancing où il faut être vu ou assise boulevard Herriot entre midi et deux… Je les observe.

Lili, Marion, Lou, Marie, Eve et toutes les autres. Elles sont pour la plupart vraiment très belles, la beauté du Diable comme on dit… Elles portent des mini-shorts en jeans élimés, des collants déchirés mais des Wolford s’il vous plait, elles regardent mon sac Dreyfuss ou mes talons Chloé, elles savent, je sais… On se voit sans se connaître. J’étais Elles, elles seront sans doute un jour Moi. Je me vois en Elles, elles me parlent tout bas, de leurs amours pour ce Dj, oui tu sais Bruno … De ce manager, oui tu sais Hugo… De ce beau gosse, oui tu sais Pédro… Elles parlent, elles racontent… Ils paradent. Ce petit monde, entre Paname et Tijuana, s’échange des fluides aussi facilement que des flux. De quelques mots sur twitter à de nombreux verres de vodkas. D’un peu de salive à un week-end dans un lit. Tout est si simple, jeune et en musique.

En écoutant leurs conversations ce midi, je revoyais ma bande d’amies du temps que les moins de vingt ans connaissent forcément pas si différemment aujourd’hui… Nous étions perdues, nous avions 16 peut-être 17 ans. Ceux que nous regardions énamourées allaient au Duke à côté des cinémas porno… Ils écoutaient The Cure, The Clash, The Sex Pistols… Ils nous mataient de haut et nous baisaient en douce. Leurs vraies copines avaient plus de 25 ans et ça nous faisait marrer. Aujourd’hui, nous irions sans doute dans des Skins Party, dans des afters d’appartement à la vue imprenable … Ce qui au final n’empêche pas de réussir sa vie ou de crever jeune… C’est pas mal aussi.

Turbo Recordings/Turbo101-Borderline-Stay

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