Bovarysme 2.0

2 février 2011

Madame Bovary – 1991 – Claude Chabrol

Je suis assise, cela fait peut-être 10 mn que je fixe l’écran de mon ordinateur, juste derrière l’immense tour de Zaha Hadid que je ne vois même plus et la mer encore moins. Mes yeux, mon cerveau… Mon corps tout entier est aspiré par les mots que je viens de recevoir. Cet homme doit avoir 15 ans de moins que moi, cela fait plusieurs semaines qu’il ne se passe pas quelques heures sans que nous n’échangions un sms, un mms, un mail, un dm. Il me rend dingue.

Hier soir, il m’a fait pleurer. J’étais dans ma salle de bain, séance démaquillage avant ma douche de 19h45. Je n’avais plus de nouvelles de lui depuis dimanche soir. Je n’osais pas le contacter, un drôle de pressentiment, je sentais qu’il mettait de la distance, un changement de comportement, moins de sollicitations. Je commençais à me faire des films, à m’imaginer des choses, une autre fille, sa vie irl qui aurait repris le dessus, son envie évaporée. Je commençais à stresser aussi, je lui avais envoyé tellement de choses compromettantes pour ma vie de famille, ma réputation. Je me suis dit que peut-être cette distance, cet abandon était une bonne chose, une perche à saisir. L’oublier, tirer un trait.

Je n’ai pas résisté, j’ai trouvé un prétexte, j’ai envoyé un sms anodin. Il ne m’a pas répondu tout de suite. Mon coeur battait très fort. Et s’il ne répondait pas… plus. Puis il l’a fait. J’ai souri. J’ai même ri. Je garde pour moi ce que nous nous sommes dits. Un seul mot « apaisés ».

A cette heure, nous sommes officiellement en amitié. Demain tgv pour Paris.

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