Il n’y a pas plus insensibles que les amoureux

3 janvier 2011

Artiste – Lucas Simoes

S est parti tout près.

A quelques kilomètres de moi. Les sms ont remplacé les mails, un pas vers la proximité, je n’ai pas eu sa voix, il me reste quelques jours. Stellan a ce sourire malicieux derrière le viseur de son portable, il m’envoie son ennui fin et musclé. Je regarde ses autoportraits sans m’en lasser, le même corps indéfiniment, plus rien n’a d’importance dans l’instant. Je soupire, je serre mes cuisses, le désir monte et se jette dans le vide. Les fêtes passent au rythme de ma famille surexcitée, de mon couple qui flotte et de ma vie virtuelle qui m’obsède. Parce que bien sûr, ce monde est là tapie dans l’ombre, prêt à bondir à la moindre de mes faiblesses. Je garde ma porte vérrouillée aux invitations, trop peureuse d’être déçue ou de décevoir. Je préfère être entourée, je prévois un dîner pour bientôt, j’ai très envie de revoir et de découvrir, les visages de ceux et celles que j’ai du mal à lâcher quand vient l’heure d’être un peu raisonnable. Parfois la nuit, je me réveille, je me dis que le monde fourmille dans mon téléphone, ils rigolent, il râlent, ils se charrient et j’ai très envie d’y être. Cette sensation permanente de rater quelque chose qui n’a aucune importance, cet attrait pour l’inutile est fort.

S a disparu quelques jours, nos sentiments éphémères n’avaient plus de connexion. Mon cerveau a peur du vite, la solitude virtuelle m’est inacceptable. c’est à ce moment là qu’Adonis est apparu comme par enchantement, un ange en Enfer.

Je me retrouve écartelée entre deux jeunes hommes fantômes. Sûre au final que d’une seule chose, de finir avec le troisième et d’embrasser ses lèvres comme si c’était les leurs chaque soir. Pour un plus grand plaisir.

Aimer encore l’Un par le seul fait d’être désirée par d’Autres. Le secret du couple éternel. L’amour a ses secrets, chacun les siens.

Ne me jugez pas. Essayez de faire mieux et on en reparle.

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