Perdante Perdante

13 novembre 2010

Le Mépris 1963

C’était il y a des années qui se comptent en secondes.

Pierre-Yves, ce n’était pas l’amour d’une vie, juste un physique prometteur  pour une bonne nuit de baise. Au final, quelques mois d’une histoire qui a fini dans l’indifférence totale. Un quiproquo, un imbroglio, des malentendus, un départ trop fulgurant,  je ne sais plus trop. Tout s’embrouille, à l’époque je n’avais pas l’esprit très clair, mon père venait de se suicider, la tristesse mélée au désir floutait mon dicernement. Je me souviens de son approche, de sa beauté (j’étais étonnée qu’il puisse s’intéresser à moi), de nos longs échanges au téléphone, de mon excitation allongée sur mon lit d’étudiante, de ces quelques nuits dans son studio à côté de la fac de Luminy, du Don Perignon et des claques sur mes fesses un soir… puis plus rien du jour au lendemain. Même pas un banal « c’est fini mais restons amis »…   Je n’ai pas compris mais je n’ai jamais cherché à le relancer, je n’ai jamais demandé d’explication, c’était une sorte de rupture entendue qui ne m’a pas fait souffrir mais dont je garde un coup d’inachevé dans la bouche. Il était resté égal à lui même et moi j’avais décidé de faire comme lui. Un match nul.

Il y a ces hommes et ces femmes, les fainéants de la relation, tu peux leurs assurer ce qu’ils désirent que ce soit : du sexe facile ou un conte de fées, ils peuvent être extrêmement excités, désireux, rien n’y fait, ils ne bougent pas… Tout leurs est du. Je ne sais pas qui en est la cause ?! Peut-être leur mère ou leur père qui les ont gavés d’amour et d’attentions. Bref ils ne font aucun effort pour recevoir et ils ne donnent strictement rien ou alors le minimum syndical, que ce soit un  » tu m’excites, t’es trop bonne » du vrai laconique mouillant ou un « oui » devant Monsieur le Maire, c’est finalement le même temps, deux secondes.

Cette nuit, j’ai rêvé d’un Pierre-Yves, de sa beauté méprisante, de ses longs silences et de ce petit souffle chaud au creux de mon cou bouillant. Il serait étonné de la femme que j’ai pu être quand je me regarde dans un miroir je vois un monstre, je le vois lui.

J’ai fait la même chose que je lui avais reproché à des hommes trop gentils pour être aimés. L’enculée finalement c’est toujours moi.

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