Danse ma jolie, tu n’as plus le temps

25 mai 2010

Photographe Brad Elterman

I’ll Be Your Mirror

Il y a ce fil invisible qui noue toutes mes humeurs. Chacun sa croix. Il y a ces amours filial, conjugal, érotique, pour eux peu importe mon âge, ma ptôse mammaire irréversible, mes sautes d’humeur, mes débordements, mes caprices. Il est tôt ce matin du 23 mai, j’ai 40 ans et quelques heures, je viens de rentrer, je me scrute à moitié à poil toujours devant ce même miroir, je m’imagine sans le regard bienveillant des aimants. Je pense à celles qui n’ont pas cette chance, elles souffriront et bien plus que moi quand arrivera ce jour d’après. Je pense à ces êtres malsains, attirants et répugnants, Ils sont là, tapis dans l’ombre, ces monstres d’égoïsme, ceux qui caressent le dos et titillent le bout des seins de leur langue pointue. Ils ensorcellent lentement de compliments puis ils jettent dès que leurs queues sataniques réussissent à enfoncer les cons moelleux. Je les hais, autant que je les aie aimés.

 Heavy Cross

J’ai dansé tout la soirée, j’étais dans ma folie, mon envie de chanter, de m’amuser. Je souriais, je riais, je me déhanchais au rythme d’une Beth Ditto déchaînée, j’étais elle, j’étais grosse et provocante avec mes 50 kilos toute mouillée. J’avais chaud alors je me suis déshabillée, j’ai essayé tout ce que l’on m’a offert, même les dessous blancs importables, sans honte, sans gêne, totalement impudique, l’envie de m’exhiber une dernière fois avant de passer ce cap vers du raisonnablement ennuyeux. Mes amis étaient autour, totalement désinhibés eux aussi, ils ne faisaient même plus attention, la moitié sortait de la piscine où ils avaient plongé habillé. Je n’entendais plus que la musique, les cris, les éclats, les visages autour étaient déformés, tout tournait, j’étais bien, je me soulevais, je lévitais. Le pire, c’est que je n’aie même pas abusée des mojitos champagne, une euphorie quasi sobre. Un truc de folle.

Je ne sais même pas comment je suis rentrée. Juste avec qui.

Il est 5h, 6h, 7h, j’ai oublié, je suis allongée sur le lit, il me caresse le visage et les cheveux, cela dure de longues minutes.

Il est 9h, le choix du roi saute sur le lit et me souhaite mon anniversaire.

Vraiment, je crois qu’il n y a pas plus heureuse que moi à cet instant. Avec ce mal de tête démoniaque qui ne me gâche même pas le plaisir.

15h, je reçois mon dernier cadeau par MMS, la tête à l’envers, le corps d’un bel éphèbe des années 80.

Je suis une femme comblée. Personne ne me croit heureusement.

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