Dans la peau d’Alabama

12 avril 2010

Patricia Arquette – True Romance 1993

Samedi, il faisait un temps magnifique, nous nous étions activés toute la matinée, ramasser, étendre, ranger le linge, préparer les petits, les devoirs avec papa pour le fils, le marché avec maman pour la fille… Les Ingalls en parfaite harmonie. Et badaboum ! En 2 secondes, une minuscule réflexion, les enfants qui jouent leur rôle d’enfants, la moutarde qui commence à piquer, le stress de la semaine qui n’est pas bien loin. Et Paf ! ça éclate. Je m’emporte, il s’énerve, on s’en prend l’un à l’autre. Résultat, il me laisse en plan, ils partent à la plage sans moi.

Je suis toute seule dans le salon, je pleurniche, j’ai 14 ans, je porte un jean déchiré et je décide de fuguer.

Je me retrouve à la terrasse d’un café, je mail, je sms, j’appelle… Les autres ont une vie, il fait beau il baise avec sa nouvelle petite copine à la campagne ou elle déjeune au bord de la mer en famille. Moi je décide d’aller chez le coiffeur après avoir acheté des choses que je ne porterai jamais. Je dépense pour oublier. Je reçois un sms d’un fantôme amuseur de cons. Je suis surprise et je ne sais pas quoi lui répondre, alors je me mens. J’aimerais juste que Clarence soit là et qu’il enfonce son envie dans la bouche d’Alabama. Qu’ils filent tous les deux loin très loin dans leur décapotable rouge pour vivre de baises et d’aventures.

Il est 18h45, j’ai acheté une bouteille de rosé d’une nuit à la part des Anges. Mon couple d’échangistes préférés m’a invitée pour l’apéro. Je file à l’autre bout de la ville, admirée une Divine Idylle.

Je rentre vers 23h30, il est allongé sur le canapé, il ne m’attend pas, il ne sourit pas.

Mais qu’est ce que tu as encore fait à tes cheveux ? T’es givrée ma pauvre fille !

Je suis montée me coucher, avec ma tentative de fugue en bandoulière comme quand je venais de me faire engueuler par mon père en rentrant à l’aube alors que j’avais promis que je ne reviendrais plus.

Clarence n’existe pas et je ne suis pas Alabama. Je ne suis qu’une femme raisonnable mal coiffée.

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