Péché véniel

9 avril 2010

 Photographe Cedric Bihr

Je rentre d’un déjeuner au soleil, au bord d’une piscine, au Set Squash pour être précise. Ceux qui vivent ici comprendront comme j’y étais bien et comme je n’ai pas du tout envie de travailler, d’ailleurs je me débrouille toujours pour tailler le vendredi après-midi. Mais aujourd’hui, impossible d’y échapper. Alors je fais semblant.

Hier soir, le début de soirée fut correct, mon dîner fut apprécié, les enfants couchés tôt et le mari bien sage sur le canapé d’en face, il levait de temps en temps les yeux au plafond dès que je ricanais en regardant Gabrielle Solis ou une autre Desperate en live total. Il regarde cette série avec moi mais je crois qu’il n’apprécie que moyennement, comme moi le foot en sens inverse. La vie de famille/couple est un amas de concessions, des compromis même au lit. Il fait semblant comme quand je lui demande si ma nouvelle robe bustier motif liberty me va bien et mon vernis assorti. Bref, cela fait longtemps qu’il m’a sodomisée pour la première fois. Et même si j’ai reculé l’échéance au maximum, non par manque d’envie mais juste parce que je savais qu’il deviendrait soudainement moins attentif, charmant… J’ai cédé, un soir d’ivresse, en 2000 je crois.

Vers 23h, je suis montée me coucher avant lui, comme toutes les femmes. J’ai pleuré une bonne heure dans le noir sans pouvoir m’arrêter ni m’expliquer la véritable raison, comme toutes les femmes. Un truc hormonal sans doute, comme mon envie de threesome.

Ce matin pendant que je finissais de me maquiller, penchée devant la glace de la salle de bain, il s’est placé derrière moi et il m’a fait des compliments sur, dans l’ordre, ma tenue, ma coiffure, mes gros seins en les palpant. C’est tellement rare que je me suis demandée ce qu’il pouvait bien avoir, sûrement quelque chose à me pardonner. Il n’a rien dit sur mes paupières gonflées anormalement. Il a compris que je n’allais pas très bien. C’est dans ces moments que je réalise pourquoi je lui ai fait deux enfants à Lui et pas à un autre.

J’ai honte d’être ce que je suis, de mon attitude. Personne ne sait pourquoi, personne ne sait quel être abjecte je peux être. Lui, il le sait.

Je n’accepterais pas un tiers de ce qu’il supporte.

Lui, il ira direct au Paradis. Et moi, je grillerai en Enfer, comme toutes les femmes et certains hommes.

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