Fragments d’un discours désamoureux

17 mars 2010

Artiste – Alex Asher Daniel

Tout va bien ? Oui ça va.

A ce soir ? Oui.

La porte du garage claque, il est 6h.

Je dis oui à tout, je ne raconte plus rien. Je donne des fragments insignifiants. Ce que j’ai envie de m’acheter, de visiter, des nouvelles des uns et des autres. Je comble pour ne pas répondre aux vraies questions.

Hier soir, en rentrant de cette belle journée chômée, je suis restée de longues minutes, seule, assise contre le pied du lit face au miroir. Des dessous violets sur une peau transparente. Il est venu me rejoindre, se préoccupant ce que je pouvais bien faire. Il se poste devant moi et me demande ce qui ne va pas. Il me dit qu’il n’est pas bien lui aussi, qu’il n’a plus du tout confiance en moi, qu’il se sent mal dans notre vie, qu’il a l’impression de ne jamais s’amuser que tout est devenu sérieux, qu’il n’y a plus de légèreté entre nous… Je le regarde sans rien dire, je me sens bizarre, j’ai envie de pleurer.

Les spectateurs invisibles qui nous ont suivis toute cette journée ne peuvent pas se douter, du mal être qui nous ronge. Nous paraissons tellement normaux, souriants, épanouis. Nous marchons ensemble impeccablement assortis.

Cette journée passée à faire les boutiques, choisir ensemble, déjeuner dans ce petit jap, arriver devant l’école des enfants, les voir heureux de nous découvrir devant l’école. Où est la faille ? Le problème ? Le temps qui passe trop vite ? Les petits tracas du quotidien qui grignotent notre joie de vivre ? Les erreurs du passé lointain ou d’il y a quelques jours. Les regrets ? L’usure ? Sommes-nous toujours un vrai couple d’amoureux ou juste une bonne figure sociale ?

Il me dit avoir besoin d’insouciance. Je ne dis rien, je pense idem.

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